The Witcher, le successeur de Game of Thrones ?

Netflix entre dans la danse de l’heroic fantasy. The Witcher, ultra populaire sous la forme de jeux vidéo et adaptation des livres d’Andrzej Sapkowski, s’annonce comme le grand successeur de Game of Thrones. 

Geralt de Riv (Henry Cavill) est à The Witcher ce qu’est Jon Snow à GOT. L’imposant sorceleur, chasseur de monstres mutants aux cheveux blonds, peine à se faire accepter des siens, par des hommes encore plus violents que les monstres. Par sa force, ses coups d’épée, Geralt tente de se débattre dans un monde divisé en 2 continents, les Royaumes du Nord et l’Empire de Nilfgaard, le plus puissant.

Photo copyright : Netflix

Pour endosser le rôle de Geralt de Riv, Cavill s’est battu bec et ongles. L’acteur britannique s’est entretenu avec Netflix avant de « draguer » la créatrice du show, Lauren Schmidt Hissrich. Après plus de 207 auditions, Hissrich a auditionné Cavill pour (enfin) lui accorder le rôle. Délivrance suprême pour Cavill, « un rêve devenu réalité » pour le grand adepte des jeux vidéo et lecteur acharné des livres. « The Witcher », sorte de croisement des contes de Grimm et de Blanche Neige, est la série événement, le mastodonte annoncé comme le grand successeur de la saga « Game of Thrones ». Inspirée de la mythologie slave et des vestiges de l’histoire polonaise, la quête de Geralt se meut en fable épique, spectaculaire quand la brutalité – de furieux combats joliment chorégraphiés – déploie ses ailes. Les décors médiévaux prennent des allures de champ de bataille. 

Une immersion délicate en matière d’entame – un petit temps d’adaptation est nécessaire pour véritablement s’approprier l’univers – avant que l’histoire prenne l’ampleur escomptée. Dans un univers de brutalité, chaque personnage s’érige en pion indispensable. Tous ont leur importance, parfaitement intégrés dans le récit, grand échiquier de violence et de sorcellerie noire. Il n’est pas uniquement question de Mal ou de Bien – il est d’ailleurs difficile de le cerner – mais bien d’une mission d’un sorceleur se heurtant à l’animosité des autres, cherchant sa place et combattant les différences. Le « Loup Blanc » ou le « Boucher de Blaviken », des petites attentions qui attisent la peur ; un rejet constant qui s’intensifie pour créer les bases du script. The Witcher n’est pas seulement une croisade personnelle, mais bien une mission jalonnée de batailles ; Geralt est ce chevalier à la force surnaturelle, combattant l’acrimonie des autres. Comme la structure des livres, le récit s’imbrique de manière fluide, dopé par un montage exécuté proprement ; une translation rondement menée entre les différents personnages et leurs destins. Différents destins qui se recoupent, qui narrent une histoire en zone hostile.

Photo copyright : Netflix

La multiplicité des destins densifie l’histoire et expose une vraie variation de l’univers. Dans ce foisonnement d’histoires croisées, dans cette agressivité parfois latente, parfois frontale, Geralt vogue difficilement sur une destinée lourde à porter, refusant de s’évanouir dans la crasse humaine. De sa rencontre enfiévrée avec Yennefer de Vengerberg – la magnétique Anya Chalotra – à ses échanges loufoques avec Jaskier (Joey Batey), fidèle compagnon de route et troubadour, en passant par ses échauffourées avec des humains ingrats, Geralt, pilier indéfectible et solidement campé par Henry Cavill, accepte les coups, encaisse les décharges – émotionnelles et physiques. Les entrailles d’un univers aux facettes sombres et lumineuses à la fois.

Le sorceleur n’est pas qu’un simple chasseur, sa destinée est greffée à celle de Ciri (Freya Allen), dont la survie du monde dépend. Un vrai divertissement en forme de conte folklorique, au rythme et à l’ampleur d’un Game of Thrones – nous retrouvons à la réalisation un certain Alix Sakharov, déjà auteur de plusieurs épisodes du show estampillé HBO. Une belle embardée dans la sorcellerie ; une chasse à l’homme, pourchassant la mort et les secrets d’une odyssée incertaine. Une formule qui fait florès. Sa fougue, son univers foisonnant, empruntant les sentiers du western croisé à l’heroic dark fantasy, en passant par les mythologies, « The Witcher » foule les sentiers de la cruauté, le vertige du chaos, dans une mise en scène souvent bluffante d’immersion.