The Righteous Gemstones, l’atout comique de HBO

Après le teen drama Euphoria qui a remporté un franc succès auprès des critiques et du public, HBO revient dans un registre plus léger avec The Righteous Gemstones. Cette comédie hilarante parodie le monde des télévangélistes, un phénomène inexistant dans nos contrées mais d’envergure aux États-Unis. Une machine à fric décryptée à travers le prisme d’un clan pour le moins atypique, les Gemstones.

Dans la célèbrissime famille Gemstone, il y a tout d’abord Eli (John Goodman), le patriarche redouté, Jessie (Danny McBride) et Kelvin (Adam Devine), les fils et héritiers spirituels, et la fille Judy (Edi Patterson), laissée-pour-compte, juste bonne à organiser les voyages et faire la compta de la juteuse entreprise familiale. Autour d’eux, la belle-fille rousse qui parle quand on l’y autorise, l’aspirant beau-fils au nez refait dans l’espoir de faire enfin sa place au sein de la tribu, le coloc/ami/petit-ami de Kelvin, on ne sait pas vraiment, arborant la coupe mulet comme personne, l’oncle au teint et à la dentition suspects et enfin, un prêtre de derrière les fagots (Dermot Mulroney), haineux de se faire grappiller ses fidèles au profit de la multinationale Gemstone. Un bien beau tableau !

Dans cette famille, l’argent coule à flot. Le culte dominical est un show et on baptiste 5000 fidèles en Chine à la façon d’un marathon. On revient au bercail en jet privé. Bref, qu’on se le dise, le prosélytisme ça marche fort et ça rapporte gros. Les parents Gemstone ont bâti un empire et le clan nage dans le luxe. Voitures et villas démesurées, les membres de la famille attisent les convoitises et n’inspirent pas que de la bienveillance, malgré l’image qu’ils s’évertuent à donner. Ils ont beau croire en Dieu et prêcher la bonne parole, les Gemstones sont loin d’être des personnes vierges de tout péché… La réputation des Gemstones ainsi que leur fonds de commerce pourraient bien s’écrouler lorsque Jessie se retrouve victime de chantage.

Photo copyright : HBO

À l’origine de la série, on retrouve Danny McBride. Créateur, auteur et réalisateur, il endosse aussi un des rôles phares de la série : Jessie Gemstone, un des deux fils. L’idée du sujet lui est venue après son déménagement à Charleston, il y a deux ans. McBride a été frappé de voir à quel point la religion y était fortement implantée. Loin de vouloir se moquer des croyants ou tourner en ridicule la religion, il souhaitait avant tout créer une série authentique.

À ses côtés, un casting mordant : John Goodman, Adam Devine et Edi Patterson. En parfaite alchimie, tous brillent dans la peau de personnages caricaturaux, aussi loufoques que stupides. Car la force de la série réside précisément dans ses personnages. Affublés de vêtements aussi ridicules que leur coupe de cheveux, le clan Gemstone est un sketch à lui tout seul. La première scène de la série résume à merveille l’ambiance familiale : des adultes qui se conduisent comme des gosses. Une dynamique familiale où chaque membre tente de tirer la couverture de son côté. S’ajoutent à ça, des valeurs archaïques qui se perpétuent de générations en générations. Les femmes de la tribu ne sont bonnes qu’aux basses besognes et ne peuvent pas prendre la parole spontanément. La plus affectée par la situation est Judy, la fille. Cantonnée à des tâches administratives, elle pense pourtant avoir hérité des talents de sa défunte mère et rêve d’officier devant des milliers de fidèles, tout comme son père et ses deux frères. Pas franchement futée, elle peine à tenir tête aux hommes de la famille. Interprétée à la perfection par une Edi Patterson phénoménale, Judy est un personnage drôlissimme qui, sous sa permanente d’un autre temps, vole la vedette à ses collègues masculins.

Photo copyright : HBO

The Righteous Gesmtones est une satire en 9 épisodes sur le télévangélisme, ses travers et ses dérives, 9 épisodes broyés dans un humour qui alterne entre 1er et 36 ème degrés. Si l’intention de McBride n’était pas de tourner en ridicule les croyants, il arrive cependant à caricaturer à l’extrême les barons du télévangélisme grâce à une écriture à la fois incisive et piquante. Résultat : des moments de fous rires grâce à des personnages bêtes à souhait mais attendrissants. Un vrai bon moment de télévision qu’on vous conseille de ne pas manquer à partir du 18 août sur HBO et dès le 19 août, en US+24, sur OCS.

Casting : John Goodman, Danny McBride, Adam Devine et Edi Patterson, Cassidy Freeman, Tony Cavalero, Dermot Mulroney

Fiche technique : Créé par : Danny McBride / Écrit par : Danny McBride / Genre : comédie / Chaîne : HBO / Diffusion : 18 août 2019 sur HBO, 19 août sur OCS / Format : 9 épisodes – 50 min / Pays : USA