Sorry For Your Loss saison 2 : ne la ratez pas !

Après une première saison de grande qualité, Sorry For Your Loss rouvre le livre du deuil. Retour avec Leigh (Elizabeth Olsen), toujours emmurée dans son chagrin, à écouter encore et encore le répondeur de son défunt mari : Matt (Mamoudou Athie

Kit Steinkellner adopte la même posture que la première saison, et parvient même à amener plus d’épaisseur à son récit, en permettant aux personnages secondaires de prendre de l’ampleur. Leigh, plus en retrait, laisse place à la lutte permanente de sa mère et de sa soeur. Une lutte silencieuse, à 3, âpre malgré les apparences d’une vie bien rangée. Un bourdonnement continu que Leigh tente de faire taire. Le deuil, un éclatement émotionnel qui se répand autour d’elle. Steinkellner déjoue les pièges du mélo lancinant et dégoulinant. 

Des bases toujours plus fragiles

Si le deuil est l’élément central, le fantôme désirable d’un passé, les tourbillons intérieurs démontrent l’étendue du travail de reconstruction. Sorry For Your Loss ouvre un peu plus son champ de vision autour des bases fragiles d’un environnement familial endeuillé. Une lutte, un chemin de croix pour Amy (Janet McTeer), une mère à la rupture. Un temps silencieuse, elle va briser la glace et s’exprimer à voix haute. Déconstruire pour mieux reconstruire. Jules (Kelly Marie Tran), la soeur adoptive, se bat pour retrouver ses vraies racines, mais également contre un alcoolisme tenace. 

3 femmes combattant leurs démons dans une thérapie familiale flirtant avec les abimes du désespoir. Persévérant dans la sobriété, d’une habilité clinique pour évoquer les différentes couches du deuil. S’y déploie une correspondance avec Matt, même si absent du monde réel, les flashbacks s’amorcent et peignent une toile mélancolique. On retient cette belle séquence entre Amy et Matt, dansant la nuit précédant le mariage avec Leigh. Une série emprunte de souvenirs délicieux, conjurant le climat endeuillé et pesant. Du délice à la dérive, de la crise hystérique à la réaction cutanée, les réponses à la tristesse intérieure se font toujours plus visibles, toujours plus fortes. 

La rage dépressive de Leigh

Sorry For Your Loss parvient à empoigner son sujet avec une intelligence et un réalisme à faire pâlir une bonne poignée de séries – et de films. Des images et des rêves circulent. Ils reviennent à l’esprit de Leigh et des autres. On retrouve même une « vitrine » de l’au-delà, un semblant de rêve. Leigh se détache de la croûte terrestre pour caresser l’être de tous ses maux : Matt. Des scènes déchirantes évitant les clichés du deuil artificiel. Bien au contraire, traîner son spleen à force entraîne une forme de rage sanglotante – seconde étape du processus de deuil. Et Sorry For Your Loss, dans son élan doux et amer, confronte ses protagonistes contre vents et marées. Jusqu’à la fameuse cinquième et dernière étape du deuil : l’acceptation.

Une seconde levée qui s’étoffe grâce à son écriture tout en retenue. Son excellente distribution en est pour beaucoup aussi. Une série en rupture, s’équilibrant autour des affres du désespoir sans jamais y sombrer – l’espoir fait vivre. Leigh – Elizabeth Olsen est sublime – en est le parfait exemple en femme au bord du précipice, parfois irascible et piquante, essuyant ses larmes incessantes. Quel beau portrait signé par Kit Steinkellner. 

Casting : Elizabeth Olsen, Kelly Marie Tran, Jovan Adepo, Mamoudou Athie, Janet McTeer

Fiche technique : Créée par : Kit Steinkellner / Date de diffusion : 6 octobre 2019 / Plateforme : Facebook Watch / Format : 8 épisodes – 30 min