Pikachu ravive les souvenirs enfantins

Réminiscence de souvenirs d’enfance, plaisir coupable ou petit su-sucre que ce Détective Pikachu, signé Rob Letterman. Une génération entière s’est amusée à suivre passionnément les aventures de Sacha avec sa petite souris jaune, entouré de Pierre et Ondine. Le fameux « Pika-Pika » est une nouvelle fois remis au goût du jour, sûrement dopé par le raz-de-marée populaire provoqué par Pokémon Go.
Photo copyright : Warner Bros Ent.
Se concentrant sur la première génération de Pokémon – les 150 premiers Pokémon imaginés par Satoshi Tajiri et Ken Sugimori -, Pokémon Détective Pikachu démarre sur l’accident d’Harry Goodman, détective. Mewtwo se fait entendre par un « Ils sont dehors », d’une voix mentale, et ses superpouvoirs ne font qu’une bouchée de la voiture appartenant au détective Goodman. Non loin, son fils, Tim Goodman (Justice Smith) s’amuse à capturer un Osselait. Un Pokémon à l’état sauvage, difficile à attraper avec une Poké Balls. Dans ce monde, les Pokémon sont à l’image des animaux : des créatures à apprivoiser pour en faire un animal de compagnie. Tout le contraire de Ryme City, où les Pokémon vivent en harmonie avec les humains dans une mégapole moderne et futuriste. Une idée pensée et appliquée par Howard Clifford (Bill Nighy), un visionnaire, un entrepreneur malheureusement scotché dans une chaise roulante.

Un Pikachu accro à la caféine

Un Pikachu aussi vrai que… bavard, rendu possible par la voix taquine de Ryan Reynolds. La petite souris jaune et électrique est une accro au café, vidant gobelet sur gobelet. Elle cause beaucoup et cherche à faire la lumière sur la disparition de son maître : Harry. Grâce à l’arrivée de Tim, un temps réticent à l’idée de faire équipe avec Pikachu, les deux drôles de zigotos vont mener leur enquête au milieu de la foule de Pokémon et d’humains, où stop-motion et réel s’associent. Le mystère toujours plus grand, toujours plus opaque, continue à croître quand le duo de détectives en herbe croise le chemin de Lucy Stevens (Kathryn Newton), une journaliste stagiaire, persuadée qu’un complot se trame sous la disparition d’Harry.

Pour les fans et rien que pour les fans

Débarrassé de nos doux souvenirs enfantins, nous découvrons un univers foisonnant, joliment renouvelé par une belle CGI, avec une pointe dramatique. Les échanges plutôt loufoques entre Tim et Pikachu réussissent à maintenir un humour plutôt sympathique. Un divertissement aux allures fun, ressemblant légèrement à une fanfiction conjuguée à l’humour dorénavant réputé de Ryan Reynolds. Un film destiné aux fans de la première heure, aux vrais aficionados. Quelques séquences marrantes – celle avec Monsieur Mime est très réussie ou les péripéties de Psykokwak  – et voilà ce que Letterman parvient à retirer de l’un des mastodontes de la pop culture. Un film loin d’être digne d’éloges, mais un divertissement correct qui saura amuser les fans de Pokémon Go ou la génération qui s’asseyait devant sa télé en rentrant de l’école pour suivre les aventures de ces petites bêtes sauvages. On aurait presque envie de parler d’un film attachant. Casting : Justice Smith, Kathryn Newton, Bill Nighy, Ken Watanabe, Chris Geere, Suki Waterhouse, Rita Ora, Ryan Reynolds (voix) Fiche technique : Réalisé par : Rob Letterman / Date de sortie : 8 mai 2019 / Durée : 105 min / Scénario : Dan Hernandez, Benji Samit, Rob Letterman, Derek Connolly / Photographie : John Mathieson / Musique : Henry Jackman / Distributeur suisse : Fox-Warner