On a déniché pour vous #12

Le premier mois de 2021 déjà presque écoulé et, plus que jamais, il nous faut de la douceur avec des hymnes nostalgiques et pénétrants. Parce que 2020 nous a privés de vibrer devant des performances live et parce que ce manque ne se comble pas, on joint les deux mains, on ferme les yeux et on se dit que 2021 nous fera trembler à nouveau. Gardez les yeux fermés et découvrez les trois morceaux de notre playlist du mois de janvier.

« Being Brave Is Stupid » – Coco Bans feat. Von Pourquery

Elle a grandi aux États-Unis, en Iowa, mais a débarqué en France il y a 13 ans et n’a l’a plus quittée depuis. Un ex-compagnon lui offre une guitare et sa vie prend un tournant décisif, elle qui avait toujours chanté dans le cadre familial uniquement. Elle dévoile un premier EP en 2019, Fantasy & Parables, mais Allyson Ezell, de son vrai nom, écrit également pour des artistes tels que Woodkid, Lil Wayne, Julian Perretta ou Fakear. Entre folk héritée de ses racines et influences électroniques découvertes en territoires français, Coco Bans se crée, chansons après chansons, une aire de jeu musicale où tout un chacun pourra venir s’y réfugié ou s’y défoulé.

Il y a quelques jours, la chanteuse dévoilait « Being Brave Is Stupid », extrait de son nouvel EP, A.k.a Major Heartbreak: The Beginning, sorti le 22 janvier. Chanson vaporeuse sur laquelle on se laisse glisser à la fois sur la voix de Coco Bans, mais également sur celle du crooner français Von Pourquery, récitant des vers du poème « Le Balcon » de Baudelaire et rappelant furtivement les intonations d’un certain Gainsbourg. Accompagné des animations réalisées par l’illustrateur Simon Landrein, dont les créations ont déjà trouvé une place dans les colonnes du New York Times ou du New Yorker, ce titre est tout ce dont vous avez besoin pour vous réchauffer en ce mois d’hiver.

« Orlando » – Nelson Beer

Nomade lui aussi puisqu’il est né et a grandi en Suisse, a vécu aux États-Unis, a étudié en Angleterre et posé ses valises à Paris, Nelson Beer a été remarqué au Pitchfork Music Festival en 2019 et a notamment joué en première partie de Christine And The Queens. Ce pianiste classique et ancien skateur, qui dit de cette discipline qu’elle lui a appris la persévérance et le développement de son propre style, questionne au fil de ses compositions le thème de la masculinité et expose aussi bien les thématiques de l’amour et de la sexualité, que des concepts tels que l’identité.

L’artiste, diplômé de la Goldsmiths University de Londres, fait grincer ses mélodies électro-pop teintées de hip-hop et r’n’b. Aujourd’hui, il revient avec « Orlando », le premier single planant et énigmatique de son nouvel EP éponyme à paraître le 9 avril chez PIAS. Celui qui a fait de son style androgyne une marque de fabrique, et qui use aussi bien de la langue de Shakespeare que de sa langue maternelle pour interpréter ses compositions, continue d’explorer les nouvelles formes vivantes dans un monde en mutation permanente.

« End Of The Road » – Noga Erez

Faites un rapide tour des clips de Noga Erez sur YouTube et vous comprendrez : des beats furieux, une énergie à la fois féroce et irrésistiblement séduisante, Noga Erez n’est pas appelée la « MIA israélienne » pour rien. Certaines sonorités rappellent indubitablement sa consoeur britannique, sans pour autant être un copier coller. L’artiste établie à Tel Aviv possède son propre style convoquant ombre et lumière, et un son complètement personnel qu’elle a construit au fil du temps avec son acolyte de musique, partenaire de scène et compagnon à la ville, Ori Rousso. Ensemble, ils sont les auteurs d’un premier album remarqué en 2017, Off The Radar. Cette année, c’est au tour de KIDS, deuxième opus du tandem, de continuer dans la même veine entamée dans le précédant album. Et la chanteuse de préciser : « KIDS est politique, car de nos jours tout est politique, même décider de ne pas s’engager. KIDS est le reflet du contexte dans lequel il a été créé. »

Des paroles à la fois politiques et plus personnelles : entre deuil, guerre et paix, ambition et insécurité, les titres du nouvel album, écrits et composés par le duo et animés par la voix parfaitement ensorcelante et touche-à-tout de Noga Erez, seront à découvrir dès le 26 mars via le label City Slang.