Netflix mise sur la tension avec The Spy et Unbelievable

Deux séries pour deux univers différents. Leur point commun ? Des histoires tirées de faits réels. Avec The Spy et Unbelievable, Netflix balance deux séries basées sur des faits qui se sont réellement déroulés, des récits aussi incroyables que tendus, avec en prime une bonne dose de suspense.

Unbelievable, la double peine d’une victime

Avant de devenir la mini-série qui nous intéresse aujourd’hui, Unbelievable c’est un article de T. Christian Miller et Ken Armstrong intitulé « An unbelievable story of rape » publié dans The Marshall Project et couronné d’un Pulitzer. Et l’histoire est assez sordide et incroyable comme ça pour devenir le sujet d’une fiction télé. Unbelievable, comme son nom l’indique, est l’histoire invraisemblable d’une jeune fille, Marie (Kaitlyn Dever), attachée, les yeux bandés et violée par un homme s’étant introduit chez elle en pleine nuit. Faute de preuves – aucune trace d’ADN, d’empreintes ni d’effraction ne sont retrouvées sur les lieux du crime -, les enquêteurs commencent à douter de la véracité des dires de l’adolescente. Déjà très tourmentée par une vie chaotique, Marie finit par avouer qu’elle a menti à propos de son agression, ce qui lui vaut une condamnation pour fausse déclaration. L’histoire aurait pu s’arrêter là si, quelques années plus tard, deux enquêtrices (Toni Collette et Merritt Wever) n’avaient pas affaire à une série d’agressions présentant d’étranges similitudes avec le viol de Marie.

Photo copyright : Beth Dubber, © Netflix

Anxiogène à souhait, le premier des 8 épisodes commence de façon ultra directe. Une réalisation froide, dénuée de tout artifice, le spectateur est directement mis dans le bain à la vue de Marie, assise parterre dans sa couverture, en pleurs. Interrogée par les forces de l’ordre, on revit avec elle l’agression survenue alors qu’elle dormait. En plan subjectif, on voit et respire comme elle, on vit ce qu’elle vit. Suite à cette agression, Marie doit raconter les évènements un nombre incalculable de fois à des enquêteurs peu compatissants, pressés de clore le dossier. Si la série traite avant tout des agressions et de l’enquête laborieuse effectuée pour démasquer le coupable, elle aborde également avec subtilité la façon parfois inquiétante dont sont menées ces enquêtes et l’impact dramatique que cela peut avoir sur les victimes.

La série peut compter sur un casting féminin de premier choix. Grâce à la belle performance tout en nuance et retenue de Kaitlyn Dever en ado perdue et ignorée de tous, et au brillant duo Collette/Wever, deux femmes aux tempéraments forts, déterminées, différentes certes mais avides de justice, la série se consomme d’une traite. Addictif. Disponible dès maintenant sur Netflix.

The Spy, une infiltration à haut risque

Basée sur une histoire vraie, The Spy raconte l’aventure périlleuse d’Eli Cohen, employé de bureau reconverti en agent du Mossad, qui parvient à infiltrer les hautes sphères syriennes au début des années 60. Après un entraînement intensif prodigué par l’agent Peleg, Eli se rend en Argentine afin de gagner son laisser-passer pour entrer en Syrie. Une fois sur le terrain syrien, Eli Cohen devient Kamel Amin Thaabet, un homme d’affaires à succès entouré des personnes les plus influentes du pays. De fil en aiguille, Eli gagne la confiance de dirigeants militaires et politiques haut placés, transmet photos et messages codés, tout autant d’informations cruciales pour le gouvernement israélien qui, grâce au travail de l’agent peut désormais avoir connaissance des intentions militaires des forces syriennes envers l’État d’Israël.

Photo copyright : David Lukacs, © 2019 – Netflix

Dès les premiers plans, on sait que tout ne va pas se passer comme prévu. Eli Cohen est captif, les ongles ensanglantés, torturé de toute évidence. Alors la seule question que l’on se pose : comment en est-il arrivé là ? De son enrôlement dans le Mossad à son arrivée en Syrie, en passant par les liens étroits qu’il tisse avec quelques hauts gradés, le plan semblait fonctionner à merveille et pourtant. Créée et réalisée par Gideon Raff, scénariste de la série Homeland et plus récemment réalisateur du film Netflix Operation Brothers, la co-production Canal + et Netflix met en scène le britannique Sacha Baron Cohen dans la peau de l’agent infiltré. Plus connu pour ses rôles humoristiques tels que Borat ou Ali G, Baron Cohen enfile le costume d’Eli Cohen et parvient à nous embarquer dans l’histoire grâce à son interprétation convaincante et ses « r » roulés. Moins convaincant par contre, l’espace temporel dans lequel prend place l’intrigue. Si la série se déroule au début des années 60, rien pourtant ne transpire vraiment cette période. Que ce soit le style des personnages ou les décors, on peine à y croire. The Spy s’en sort malgré tout plutôt bien même si, dans le genre série d’espionnage impliquant le Mossad, on retient surtout l’excellentissime série The Little Drummer Girl avec Michael Shannon et Alxander Skarsgård, réalisée par Park Chan-Wook. Moins tendue, moins exigeante aussi, The Spy n’en reste pas moins une série qui se laisse facilement regarder. Visible dès maintenant sur Netflix et OCS pour la France.