MJF 2019 | Thom Yorke, un génie comme il en existe peu

Naviguant entre une multitude de styles comme la techno, l’électro, la pop ou encore le rock ou l’ambient, les façonnant à sa guise, Thom Yorke, du haut de ses 50 ans, a prouvé une fois de plus que son génie et son aura ne trouveront pas d’égal de sitôt. Retour sur un concert aussi minimal que mémorable qui a médusé le Strav’ le 4 juillet dernier.

En toile de fond, des spectres lumineux qu’on croirait interstellaires. Il commence par mettre toute la salle à ses pieds avec « Interference », morceau doux, mélodieux et mélancolique. Et, en un claquement de doigts, il ranime la foule avec « Impossible Knots », issu de son tout nouvel album, Anima. Le leader emblématique de Radiohead n’a pas besoin d’en faire des caisses pour mettre tout le monde d’accord tant son aura le précède. Génie, artiste torturé et angoissé, Thom Yorke, ce soir-là, respire la sérénité et transmet une joie et énergie désarçonnantes.

Venu sans son groupe, mais accompagné sur scène de son producteur de longue date, Nigel Godrich, Thom Yorke lance tour à tour des titres de son nouvel opus et de ses précédents. À eux deux, et leur instrumentation électronique, ils nous offrent une vraie chorégraphie, allant d’une console à l’autre, et nous gratifiant aussi au passage de quelques titres réalisés avec leur supergroupe, Atoms For Peace, dans lequel on retrouve notamment Flea des Red Hot Chili Peppers.

Minimal, sobre, addictif

À mi-chemin du concert, alors que l’obsessionnel « Not The News » retentit, le rythme enivrant de « Traffic » ou les pulsations épileptiques de « Twist » prennent le relais. Tous sont extraits du nouvel album de Yorke, Anima, dont la sortie a été assortie d’un court-métrage paru sur Netflix le 27 juin et réalisé par monsieur Paul Thomas Anderson, rien que ça ! 3ème album studio pour Thom Yorke, 4ème si l’on compte Suspiria-(Music for the Luca Guadagnino Film), Anima semble être le fruit d’une sorte de renaissance, un nouveau départ tout du moins, car il fait suite à un passage à vide, une panne d’inspiration et une période d’anxiété pour le Britannique. Comme si cet album l’avait libéré, tant au sens propre qu’au figuré, sa performance ce soir-là s’affranchit d’un Thom Yorke tourmenté à l’accoutumée, laissant derrière lui doutes et angoisses. Dansant et rieur, léger et libre, le chanteur, même après 25 ans, séduit toujours et encore pour très longtemps.

Et comme une cerise sur le gâteau, le chanteur revient sur scène une seconde fois, se met au piano et nous offre un ultime cadeau avec « Unmade », issu du sublime album Suspiria. Une performance addictive et minimale pour deux heures de concert qu’on aurait aimé ne jamais voir s’achever.