Mattiel balance l’album indispensable de ce printemps

On avait déjà consacré un article à cette brillante artiste américaine tout droit venue de sa Géorgie natale, lors de la sortie de son premier album. Mattiel Brown et ses fidèles musiciens et co-producteurs Randy Michael et Jonah Swilley nous reviennent avec un 2ème album intitulé Satis Factory, dont la sortie est prévue pour le 14 juin via Heavenly Recordings/PIAS.

Après son premier album éponyme sorti en 2017 aux États-Unis et en 2018 en Europe, Mattiel remet le couvert avec un deuxième opus tout aussi convaincant. 12 pistes conservant ce son poussiéreux épris de liberté, sa marque de fabrique désormais. Mixant un nombre incroyable d’influences telles que le rock, la pop, la folk americana, la soul, la country et même le surf/psyché hérité de la côte ouest, Mattiel confirme son talent et une fougue indéniable. Un goût des 60’s avec « Blisters » et l’orgue de « Berlin Weekend », des cordes terreuses comme dans « Athlete » ou poussant la chansonnette en français dans « Je Ne Me Connais Pas » tel un cri rassembleur, la voix grave et profonde de Mattiel et son son lo-fi forment le couple parfait, nous laissant voguer entre nostalgie d’hier et sonorités plus actuelles. Avec toujours autant de personnalité, ce deuxième opus est le digne successeur de son aîné, pareil mais différent, résolument imprégné des icônes des années 60-70. 12 pistes qui sentent bon le fin fond des États-Unis et la poussière d’une vieille usine désaffectée à l’image de celle que l’on retrouve dans le clip du premier extrait bondissant de l’album, « Keep The Change ». Réalisé par Mattiel elle-même, tout comme ses autres clips, et Andrew Addington et filmé dans une usine de ciment désaffectée non loin d’Atlanta, la vidéo suit la jeune femme déambulant, pelle à la main. Mattiel raconte : « On avait l’impression d’être dans un jeu vidéo avec tous les tunnels, recoins et passerelles. Il y avait aussi cette incroyable salle de contrôle couleur vert-menthe que personne n’avait touché depuis les années 60… c’était un rêve».

Photo copyright : Mattiel

Enregistré de la même façon et avec la même équipe que le premier album, Satis Factory résonne malgré tout différemment. S’essayant à des nouveaux sons et des nouvelles méthodes d’enregistrement, Jonah Swilley confie que si le premier opus avait un son plus poussiéreux, cinématographique, avec une empreinte rock-garage dans son ensemble, le deuxième album a une plus grande diversité stylistique dans la composition musicale ainsi qu’une intensité plus importante.

Alors qu’un certain Jack White a vite succombé au talent de la jeune géorgienne en lui demandant de faire la première partie de son solo tour band aux États-Unis l’année passée, Mattiel sera en terres européennes dès le moins de juillet avec des dates prévues en Grande-Bretagne, en Irlande et aux Pays-Bas notamment. Aucune date de prévue pour des festivals en Suisse… Mais que font les programmateurs ?! La question est ouverte. Mais pour l’heure, régalez-vous avec Satis Factory, une petite pépite d’album signée de la voix d’une des artistes de rock US les plus excitantes du moment.

Satis Factory (2019) :

1.   Til The Moment Of Death
2.   Rescue You
3.   Je Ne Me Connais Pas
4.   Food For Thought
5.   Keep The Change
6.   Millionaire
7.   Populonia
8.   Blisters
9.   Athlete
10. Berlin Weekend
11. Heck Fire
12. Long Division