Laissez-vous bercer par notre playlist d’octobre

En regardant les feuilles devenir rouges orangées, puis tomber, il vous faudra quelques bons sons pour ne pas sombrer dans la dépression post-estivale. Le ciel d’octobre est bas avec ses nuages chatouillant le toit des maisons, grisaille maussade, mais la musique, elle, ne se tarit jamais. Ouf ! Du sang neuf pour des morceaux qui redonnent un peu de vitamine D, on vous dresse une playlist d’octobre qui navigue entre mélodies nostalgiques, rythmes funky et pop-rock insolente.

Julien Chang, jeune touche-à-tout

Julien Chang n’a que 19 ans. Ce multi-instrumentiste de Baltimore, actuellement étudiant en musique à l’université de Princeton, en a surpris plus d’un lors de sa dernière année de lycéen en auto-produisant et diffusant sa musique. C’est à 17 ans qu’il commence à travailler sur Jules. Fait d’évolution et d’exploration d’une vie d’adulte naissante, l’album, d’abord diffusé sur le net par Chang qui en fait quelques copies CD, trouve rapidement un écho dans la communauté musicale de Baltimore et trace son chemin jusqu’à Londres, chez le label Transgressive Records, qui propose un contrat à Chang. Patchwork de styles musicaux, riche en diversité, l’opus passe de la pop au jazz progressif, de la funk au psy-rock, faisant la part belles aux improvisations instrumentales et figeant les vocalises de Chang, rappelant celles de Tame Impala. Sorti le 11 octobre, Jules a été exclusivement composé, enregistré et produit par Julien Chang. De morceaux baignant dans une nostalgie douce tels que « Deep Green », aux airs plus enjoués de « Of The Past » ou de « Memory Loss », une disco-funk jouissive, Julien Chang fait preuve d’une maîtrise peu commune.

Le son brut et insaisissable de Big Thief

Sorti le 11 octobre via le label indépendant 4AD, Two Hands, le nouvel album studio des New-Yorkais de Big Thief, est le 4ème en moins de 4 ans. Après Masterpiece sorti en 2016, suivi de Capacity (2017) et U.F.O.F. (2019), place à Two Hands qui se laisse écouter d’une traite, sans sourciller. Bruts de décoffrage, enregistrés en live et en une prise, les titres d’indie rock du quatuor font des merveilles. Contrairement au précédent album enregistré dans le cadre verdoyant d’une forêt de l’état de Washington, Two Hands puise sa force dans les terres vastes et arides du Texas, à quelques encablures de la frontière mexicaine. Dans le studio Sonic Ranch, qui a vu défiler pléthore de fameux artistes, l’album se dessine, brut et insaisissable, bercé par la voix vulnérable d’Adrianne Lenker. Envoûtant.

Ali Barter, l’insolence à l’australienne

Après le succès de son single « Girlie Bits », issu de son premier album studio A Suitable Girl (2017), qui a cumulé 3 millions de streams sur Spotify, la native de Melbourne revient avec Hello, I’m Doing My Best le 18 octobre via Inertia Music / PIAS. Recueil de chansons où l’Australienne se livre sur son rapport au corps, sa vie d’antan, ses anciens vices, la sobriété ainsi que les personnes qu’elle aime. Autant de sujets auxquels chacun peut s’identifier. À travers une pop rock sautillante, sucrée, teintée d’une gentille insolence, celle qui a sillonné les salles du Down Under et fait les premières parties de War On Drugs ou de The Jezabels chante avec confiance et honnêteté sur les 11 morceaux de l’album, dont le titre « Ur A Piece Of Shit » est extrait.