Hobbies, l’anthologie documentaire aux 8 nuances

Ce soir dès 22h55, Canal+ diffuse Hobbies, une série, ou plus exactement une anthologie documentaire. Cette nouvelle création pour le moins singulière de la chaîne française a vu le jour sous l’impulsion de la société de production Superstructure et le magazine Hobbies. Produits par Superstructure et ZED, les 8 épisodes sont le fruit du travail de 10 artistes qui ont reçu carte blanche pour donner la parole à quelques passionnés.

Hobbies c’est d’abord un magazine créé en 2015 par Grégoire Belhoste et Lambert Stroh qui se plonge page après page dans l’univers aussi fascinant que déroutant des passions nourries par d’innombrables assidus et anonymes, dédiés à leur amour pour la pêche, la pole dance ou encore la colombophilie. Déroutant on vous le disait, car ces mêmes passions, dévorantes pour certains, feraient presque perdre tout sens de la réalité, à la manière d’un amour ardent. Pour illustrer ces vies en apparence ordinaires et narrer ces histoires singulières, le format du court métrage s’est vite imposé. 8 épisodes qui retracent chacun à leur façon des tranches de vie de protagonistes, tous portés par une flamme.

Photo copyright : Hobbies – Yann Gross

Pour imager ces passions, Hobbies, la série, a invité 10 artistes pour gonfler ses rangs. Issus de la photographie, du clip ou du court métrage, artistes chevronnés ou moins expérimentés, auréolés de prix ou tout juste sortis d’écoles d’art, Lise Akoka et Romane Guéret, Yann Gross, Nicolas Davenel et Vanessa Dumont, Jérôme Clément-Wilz, Colin Solal Cardo, Vincent Weber, Héléna Klotz et enfin Sarah Al Altassi investissent les terrains de jeux de ces férus avec un regard toujours bienveillant. Des moments suspendus où le spectateur se faufile sur la pointe des pieds dans 12 minutes de la vie de l’autre et où cet autre laisse une part de lui se dévoiler. Dès lors, on se rend compte à quel point le mot « passe-temps » porte bien mal son nom. À trop galvauder le terme, on ne lui ferait pas assez justice en omettant l’importance qu’il revêt. Loin de n’être qu’un à-côté, il est parfois l’essence même d’une existence, la raison de vivre de certains. Et c’est bien là le coeur du projet de cette anthologie documentaire : le hobby, prétexte à un projet plus grand, celui de raconter des histoires. Les passions, terreau fertile de récits riches en diversité, en beauté et poésie. L’amour, la transmission, l’évasion, le dépassement de soi ou encore la spiritualité, autant de thèmes captivant offrant une latitude narrative et artistique de choix pour les réalisateurs invités à participer au projet.

Ainsi le lundi 30 septembre, « Allez Garçon! » de Lise Akoka et Romane Guéret et « Des aigles au-dessus de la tête » de Yann Gross ouvriront la bal. Les 2 premières ont réalisé le court métrage Chasse Royale en 2015 qui leur a valu le prix Illy à la Quinzaine des Réalisateurs en 2016, avant de se voir nommées pour le César du meilleur court métrage en 2017. « Allez Garçon! » lui, raconte la passion commune d’un père et de son fils pour la colombophilie dans le nord de la France. Quant à Yann Gross, photographe suisse internationalement connu, il a exposé dans le monde entier et publié ses photos dans les plus grands magazines tels que The National Geographic ou The New York Times Magazine. Il a également deux livres à son actif, Horizonville (2010) et Le Livre de la Jungle (2016). « Des aigles au-dessus de la tête » suit le parcours de Mitch, biker et fan de heavy metal habitant au pied du Grand Muveran, qui a su garder une âme d’adolescent.

Photo copyright : Hobbies – Yann Gross

Le 7 octobre, au tour du « Le Grand Saut » de Vanessa Dumont et Nicolas Devanel qui s’intéresse à Alain le Marseillais. Légende dans son domaine, le saut de corniche, il s’y adonne pour mieux contrôler ses pulsions. Sélectionné au Festival de Cannes dans la catégorie courts métrages l’été dernier, « Le Grand Saut » est le deuxième film documentaire du duo multidisciplinaire Dumont/Devanel. Le même soir « Nos Cathédrales » de Jérôme Clément-Wilz prendra le relais et nous contera l’histoire du lien particulier d’un grimpeur avec la religion, escaladant des églises ou cathédrales la nuit tombée. Jérôme Clément-Wilz a travaillé en tant que chef-opérateur et/ou réalisateur aussi bien sur des documentaires de création que des collections documentaires. Son film « Baptême du feu » a été élu 5ème meilleur documentaire de l’histoire par Vanity Fair

« Adrienne » de Colin Solal Cardo et « Garde la Pêche » de Vincent Weber suivront le 14 octobre. Réalisateur des clips officiels d’artistes tels que Christine and The Queens, Metronomy ou Kylie Minogue, Colin Solal Cardo a reçu le Best Live Film aux UK Music Video Awards récompensant son travail avec Damon Albarn et Mura Musa. « Adrienne » livre la trajectoire d’une jeune femme pour qui la pole dance a apporté bien plus qu’elle ne l’aurait imaginé. Vincent Weber, lui, a étudié la réalisation à l’École Cantonale d’Art de Lausanne. « Déter », son 2ème court métrage sorti en 2017, a été récompensé du grand prix du jury au Festival Premiers Plans d’Angers et Grand Prix CINÉ+ au Festival de Brive. Son court métrage « Garde la Pêche » suit 3 jeunes hommes passionnés de pêche qui décident d’aller se mouiller les pieds en Loire une dernière fois en fin d’été.

Enfin, le 21 octobre, place à « Les Sirènes du Chesnay » d’Héléna Klotz et « Excalibur » de Sarah Al Atassi. En 2011, Héléna Klotz tourne son premier long métrage « L’Âge atomique » avec Niels Schneider. Le film remporte le prix de la critique internationale au Festival de Berlin. En 2014, elle est collaboratrice artistique sur le film de Jacques Audiard, Dheepan, Palme d’or à Cannes. Pour « Les Sirènes du Chesnay », Héléna Holtz plonge dans l’univers de Laurine et Alison, membres de l’équipe de France féminine de hockey subaquatique. Au-delà du sport, une histoire de complicité. Pour finir, Sarah Al Atassi, quant à elle, commence à réaliser en 2013, en autodidacte. Après avoir réalisé « Prends mon poing » en 2017, sélectionné dans les festivals du monde entier, dont le festival de Clermont Ferrand, elle se consacre à l’écriture de son premier long métrage. Pour sa part, « Excalibur » raconte une famille et une passion commune depuis 2 générations : le tractor pulling.

Des titres éclectiques pour des récits singuliers, les 8 portraits nous font voyager, rêver, nous questionner aussi. Au fil des plans contemplatifs où le silence s’impose et des scènes d’introspection, le spectateur rentre dans l’intimité des protagonistes pour quelques minutes. Filmés avec pudeur et bienveillance, les 8 chapitres déroulent leur univers propre. Grâce à leur sujet bien sûr, mais aussi en raison des choix artistiques et de mise en scène effectués par les réalisateurs. Autant d’histoires que de façons de les raconter, de les mettre en scène, Hobbies est un périple à la fois poétique, intime et passionnant.