Cannes 2019 : une sélection intéressante avec ses (nombreux) absents

En ce jeudi 18 avril, lors de la conférence de presse du festival de Cannes, Thierry Frémaux et le président Pierre Lescure ont annoncé une sélection romantique et politique, pour une 72ème édition qui se déroulera du 14 au 25 mai.

Le film d’ouverture était déjà connu de tous, avec Jim Jarmusch et son The Dead don’t die. Une entrée en matière qui sent bon le morbide. Place à la suite avec la compétition, la catégorie Un certain regard ou encore les séances hors-compétition. Surprises ou non ? Nouveautés ou retour aux bonnes vieilles habitudes d’une industrie cannoise qui mise sur les mêmes ? Nous y retrouvons deux premiers films (Les Misérables et Atlantique) en compétition, c’est à signaler. Et comme annoncé, Netflix est toujours persona non grata sur la Croisette. Bref, il y a de quoi faire sur les 50 films annoncés.

Le grand retour du maître Terrence Malick

Plusieurs habitués sont de retour autour de la table comme Pedro Almodovar, Marco Bellocchio, les frères Dardenne ou encore Ken Loach. Les regards se portent avant tout sur le retour tant attendu de Terrence Malick, avec Une vie cachée. N’ayons pas peur des mots, c’est l’événement de cette édition 2019. Si Xavier Dolan retrouve le chemin du tapis rouge cannois, Bong Joon-ho aussi revient avec son film Parasites. Deux grosses attentes qui se greffent au nouveau film de Céline Sciamma, mais également à la grosse cote Frankie de Ira Sachs. L’excellent réalisateur américain auteur de Keep the lights on ou encore du sublime Brooklyn Village. Notons également Little Joe de Jessica Hausner – scripte pour Funny Games et auteure de l’Amour fou (2014) – ou encore le retour – en compétition après son passage à la Quinzaine des réalisateurs – de Justine Triet, avec Sibyl. Pour finir, comment ne pas citer le retour d’Arnaud Desplechin avec Roubaix, une lumière. Rappelons qu’il avait ouvert le festival 2017 avec le tendre Les Fantômes d’Ismaël.

Asif Kapadia parle de Maradona et Winding Refn débarque avec sa série

Il est toujours sympathique d’entendre les gardiens du septième art évoquer les séries : « cette verrue, ce sous-genre cinématographique ». Après Twin Peaks ou Top of the lake, Cannes ouvre ses portes au format sériel avec Too Old to Die Young. Série signée Nicolas Winding Refn et produite par Amazon – Amazon est accepté dirait-on -, avec Miles Teller dans le rôle principal. L’une des séries les plus attendues par la branche fera donc sa première au milieu des défenseurs du cinéma.

Si le métrage de Tarantino n’est toujours pas prêt et par conséquent non sélectionné, Claude Lelouch y dévoilera Les Plus belles années de ma vie, Dexter Fletcher son biopic sur Elton John et Asif Kapadia son documentaire sur Diego Maradona. L’excellent cinéaste à qui nous devons le documentaire Amy ou encore des épisodes de Mindhunter participera en tant que film hors-compétition.

Kantemir Balagov de retour dans la section Un certain regard

Le cinéma radical de Balagov, réalisateur de l’excellent Tesnota, retrouve les toiles cannoises dans la section parallèle Un certain regard. Une sélection qui comprend également Bruno Dumont et Christophe Honoré. Albert Serra, Léopard d’or en 2013, présentera Liberté, après son passage remarqué en 2016 avec La mort de Louis XIV. Nos regards se tourneront vers deux femmes : Annie Silverstein et Danielle Lessovitz. Les deux cinéastes américaines concourront respectivement avec Bull et Port Authority.

Du côté des absents, signalons Ari Aster et son Midsommar – longtemps annoncé -, tout comme James Gray avec son récit science-fiction Ad Astra. Kechiche n’a pas été annoncé et Rebecca Zlotowski non plus, tout comme Proxima d’Alice Winocour. Guillaume Nicloux, dans les pressentis, est toujours aux abonnés absents – d’après les dires, le film ne serait pas prêt. Aussi, manque à l’appel Robert Eggers (The Witch) et son The Lighthouse, avec Pattinson et Defoe. Et Ema de Pablo Larrain, ou le talentueux Benh Zeitlin sont eux aussi portés disparus. Beaucoup d’absents qui auraient pu illuminer une sélection intéressante, mais légère, qui n’est, rappelons-le, pas définitive…

 

Compétition :

Douleur et gloire (Pedro Almodovar)

Il traditorre (Marco Bellochio)

The Wild Goose Lake (Diao Yinan)

Parasites (Bong Joon-ho)

Ahmed (Jean Pierre et Luc Dardenne)

Roubaix, une lumière (Arnaud Desplechin)

Atlantiques (Mati Diop)

Matthias et Maxime (Xavier Dolan)

Little Joe (Jessica Hausner)

Sorry we missed you (Ken Loach)

Les Misérables (Ladj Ly)

Une vie cachée (Terrence Malick)

Bacurau (Clemente Mendoza)

La Gomera (Corneliu Porumboiu)

Frankie (Ira Sachs)

Portrait de la jeune fille en feu (Céline Sciamma)

It Must be Heaven (Elia Souleiman)

Sibyl (Justine Triet)

 

Hors-compétition :

Les Plus belles années d’une vie (Claude Lelouch)

Rocketman (Dexter Fletcher)

Too Old to Die Young – série écrite et réalisée par Nicolas Winding Refn

Diego Maradona (Asif Kapadia)

La Belle Epoque (Nicolas Bedos)

 

Séances spéciales :

For Sama (Waad Al Kateab et Edward Watts)

Family Romance, LLC (Werner Herzog)

Tommaso (Abel Ferrara)

Share (Pippa Bianco)

Etre vivant et le savoir (Alain Cavalier)

Que Sea Ley (Juan Solanas)

 

Séances de minuit 

:

The Gangster, The Cop, The Devil (Lee Won-Tae)

 

Un certain regard :

A Vida Invisivel (Karim Aïnouz)

Dylda (Kantemir Balagov)

Les Hirondelles de Kaboul (Zabou Breitman et Eléa Gobbé Mévellec)

La Femme de mon frère (Monia Chokri)

The Climb (Michael Covino)

Jeanne (Bruno Dumont)

O que arde (Oliver Laxe)

Chambre 212 (Christophe Honoré)

Port Authority (Danielle Lessovitz)

Papicha (Mounia Meddour)

Adam (Maryam Touzani)

Zhuo Ren Mi Mi (Midi Z)

Liberté (Albert Serra)

Bull (Annie Silverstein)

Summer of Changsha (Zu Feng)

Evge (Nariman Aliev)