Baromètre sériel #3 : 3 séries Netflix à voir ou à éviter

L’offre pléthorique de Netflix ne cesse de s’étendre. La première quinzaine de septembre bien remplie, voire débordante. Dans notre viseur, 3 séries à voir ou à éviter, comme à notre habitude.

Away

Le showrunner Andrew Hinderaker s’offre une virée dans l’espace, en envoyant Hillary Swank sur Mars. Une astronaute, Emma Green (Hillary Swank) face à son destin, bombardée commandante d’une expédition en direction de la planète rouge. Elle laisse derrière elle un mari, Matt, (Josh Charles) collaborant également avec la NASA, mais surtout une fille, Alexis (Talitha Eliana Bateman). Une jeune fille qui voit sa vie prendre une nouvelle tournure lorsque son père est victime d’un accident cardio-vasculaire, l’obligeant à entamer une longue rééducation.

Beaucoup à gérer pour une jeune adolescente : une mère perdue dans l’immensité du cosmos et un père infirme. Comment ne pas avoir foi en la vie, au destin ? C’est en substance ce que Away expulse de son scénario. Gérer les crises, l’angoisse, la solitude dans l’espace, loin des siens, alors que sur Terre les temps sont durs. Le paradoxe est assez fort quand le script livre une véritable quête introspective en haut et en bas – sur Terre et dans l’espace. Away va épuiser son réservoir d’émotions en tout genre et user du format sériel pour monter en température. Plus la série avance, plus elle gagne en qualité. Poussive et très statique dans sa première partie, Away s’attaque au mélodrame sincère à partir d’un 7ème épisode délicat.

Un combat perpétuel, une crise qui frappe chacun des protagonistes. La complexité relationnelle dans un vaisseau en direction de Mars, pour un exploit scientifique et humain. La spirale infernale du succès entraîne irrémédiablement des sacrifices. Alors quand la série traîne avec ses enjeux, on est proche de tirer la prise. Mais la patience n’est-elle pas mère des vertus ? La fin de saison est belle et profonde. Elle explore la grandeur spatiale pour danser autour du vide existentiel. Un casting solide, dont la performance tout en intériorité de Josh Charles cadre la douleur sourde qui rôde. À voir.

Le Jeune Wallander

Percée nocturne et petits intrépides plein aux as et à la langue bien pendue, la première banderille de la nouvelle adaptation des romans d’Henning Mankell nous laisse un petit goût explosif en bouche. Le flic deviendra rapidement détective dans une Suède prête à s’embraser. Pourquoi ? Le meurtre violent d’un jeune suédois va mettre à mal les autorités, la montée de l’extrême droite en toile de fond.

Imaginée comme une histoire moderne de Wallander, la série coche les cases de la série policière : une gueule – l’acteur Adam Palsson – , une affaire sordide et des coups à foison. La psychologie des personnages et les attributs pensés par Ben Harris, le créateur, font pâle figure. Une série sans âme, sans véritable identité et qui n’emboîte pas le côté clinique des séries policières nordiques. D’ailleurs, c’est en anglais que les protagonistes s’expriment. Une envie de briller à l’internationale ? Étonnant, surtout que The Rain a très bien marché sur Netflix dans sa langue originale.

Peu importe la langue dégoisée, Le Jeune Wallander exerce une étreinte dramatique timide, s’évertuant à exploiter la noirceur du genre humain. Disons que la série longue de 6 épisodes n’atteint jamais sa force de frappe, mais elle peut se réjouir – seule lueur d’espoir – de la performance d’Adam Palsson, silencieusement intense. Une copie bien timide qu’on peut soigneusement éviter.

Family Business

La famille Hazan et leur « beuhcherie ». Seconde saison, une année après leurs dernières péripéties, Olivier (Olivier Rosemberg), Joseph (Jonathan Cohen), Ali (Ali Marhyar), le père Gérard (Gérard Darmon), Aure (Julie Piaton) et la grand-mère Ludmila (Lilian Rovère) continuent de faire tourner l’affaire familiale. Des tonnes de cannabis à délivrer à Jaurès (Tamar Baruch), la baronne de la drogue. Mais les affaires se corsent un peu : le taux de THC est plus bas que les standards habituels. THC trop bas, Jaurès pas contente. Les problèmes continuent, surtout quand ceux de Joseph, ce père indigne, viennent s’ajouter à l’équation.

Sombre histoire que Igor Gotesman étire dans une seconde saison où les « frères » ne font qu’accumuler les galères et catastrophes. Et là, la galère, c’est Joseph : tant qu’il persiste dans le business, impossible de voir ses mômes. Alors Jo se décide à tout quitter. Mais nouveau problème : la famille souhaite s’agrandir et doubler la production. La majorité a tranché. Ça va mal finir cette histoire !

La « pastraweed » marche du tonnerre de Dieu, comme cette seconde levée ? Peut-être que le premier tour de manège réussissait à divertir et même faire rire – blagues et drôleries dans le genre loufoque -, mais la seconde saison apparaît un brin éculée. Misant toujours sur cet humour gras, digne d’une conversation entre deux « narvalos », Family Business s’efforce de nous faire rire au prix de situations toujours plus rocambolesques. Cette fois-ci c’est la saison de trop, c’est de la soupe.