Le Guide Covid #1 : 3 séries à rattraper

Confinement oblige, les plateformes de streaming sont nos nouveaux amis. Covid-19 est synonyme de découverte ou… de rattrapage. Une aubaine pour se remettre à jour ou (enfin) réussir à suivre la cadence effrénée de la Peak TV. Nous vous proposons une sélection de séries et de films pour cette période de quarantaine, un balayage des différentes plateformes pour vous concocter une jolie brochette. Notre « guide Covid » pour combattre l’ennui.

Bloodride (Netflix)

Un petit ticket pour embarquer dans le bus de l’horreur. Bloodride est une série d’anthologie norvégienne échelonnée sur 6 épisodes d’environ 30 minutes, pour une bonne dose d’horreur et de comédie noire.

Créée par Kjetil Indergard, la série originale Netflix se consomme facilement. À chaque arrêt, un protagoniste descend pour conter sa propre histoire. Un bon paquet d’hémoglobine pour différents sujets effrayants. Voyez-y un genre horrifique généreusement saupoudré d’humour noir. Pour exemple, le premier épisode est basé sur une légende viking qui vous fait gagner de l’argent facile. Pour faire simple : si vous tuez un être que vous aimez sur une pierre ancestrale, vous gagnez de l’argent à tour de bras. Autre sujet, un second épisode mettant en scène 3 frangins un peu dérangés, séquestrant une auto-stoppeuse récupérée dans une station essence. Issue fatale assurée.

Si les 6 épisodes sont inégaux, parfois prévisibles, ils développent un divertissement assez compact, grâce à un format assez resserré pour maintenir un rythme soutenu et ce qu’il faut d’effroi. Une série parfaite pour un programme du soir.

Manhunt (Netflix)

Manhunt est visible sur Netflix depuis belle lurette, sans avoir une vraie vitrine. Reléguée au fin fond de la classe – ou de la plateforme -, Manhunt est une série à dévorer si ce n’est pas déjà fait. L’histoire de Ted Kaczynski, militant écologiste aux 16 attentats, dont 3 personnes auraient été tuées et 23 autres blessées, a de quoi vous harponner pour une bonne partie de votre semaine de confinement.

Brillant mathématicien diplômé d’Harvard, l’homme est un surdoué, retiré dans les montagnes du Montana, dans une cabane construite de ses propres mains. L’homme, en inadéquation avec la vie sociale et tout ce qui l’entoure, est magnifiquement campé par Paul Bettany, lui rendant sa part de sociopathe en rupture avec la société. Une partition émouvante.

Mahunt est la série efficace parfaite, exécutée aux petits oignons, solidement mise en scène pour que vous ne vous détourniez jamais de l’écran. La grande chasse à l’homme – la plus coûteuse à ce jour pour le FBI – pour retrouver la trace de Kaczynski. La recherche est incarnée principalement par Jim Fitzgerald (Sam Worthington).

En substance, Manhunt est une série sous haute tension, menée de main de maître par le créateur Andrew Sodroski. Le magnétisme qui s’en dégage – surtout grâce à la performance de Bettany – ne vous lâche plus d’une semelle une fois que vous y avez goûté.

Du sport au meurtre : dans la tête d’Aaron Hernandez (Netflix)

3 épisodes pour découvrir la trajectoire hallucinante d’Aaron Hernandez, un footballeur américain porté aux nues, icône des New England Patriots en 2013, mais véritable volcan (meurtrier) à l’intérieur. Un homme à deux visages, à l’état mental instable : véritable machine à touchdowns et coupable de coups de sang dévastateurs.

Plutôt inconnu dans nos contrées, Aaron Hernandez n’a peut-être pas la même résonance populaire qu’un OJ Simpson, mais l’histoire a fait couler beaucoup d’encre. Netflix nous offre une immersion dans le quotidien d’un sportif riche à millions, mais aussi meurtrier dans l’âme. Le pedigree du footballeur est passé au peigne fin, de sa plus tendre enfance à son accession à la ligue professionnelle de football américain (NFL), jusqu’à sa chute libre. Une série documentaire hyper fouillée, aux nombreuses archives, où s’accumulent les frasques d’un gamin immature. Un itinéraire passionnant, troublant, fascinant. Aaron Hernandez est un genre de Dr Jekyll et Mr. Hyde, façonné par un père autoritaire et une somme de problèmes personnels long comme le bras – le portait psychique est subtilement brossé. Un tableau puissant qui voit un jeune homme pétrifié par les responsabilités, terrifié par son orientation sexuelle, fragilisé par la violence physique d’un sport tel que le football américain. McDermott réalise une vraie prouesse, regroupant les pièces du grand puzzle Aaron Hernandez, dépassant largement le contexte du sport.