3 films à rattraper en ce début d’année

Des films on en rate à la pelle et bien souvent nous passons à côté de petites perles. Alors pour bien débuter l’année, voici trois films à rattraper ou à ajouter à votre liste longue comme le bras, on en doute pas une seule seconde. D’un drame horrifique polonais à la fresque sublime de Michael Almereyda – mais comment ce film a pu passer hors des écrans radars de nos distributeurs ?-, les trois films proposés sont assurément des métrages passés de manière incompréhensible sous silence. Session rattrapage.

DEMON

Présenté en 2015 à Toronto et dans bon nombre de festivals, Demon possède cette sulfureuse réputation de « film maudit » après que son auteur, Marcin Wrona, se soit donné la mort le 19 septembre 2015, dans sa chambre d’hôtel à l’occasion du festival du film polonais de Gdynia. Un événement tragique qui a bloqué la distribution internationale. Voilà pourquoi.

C’est dans la Pologne de nos jours, Piotr (Itay Tiran), tout heureux de célébrer sa future union avec Zaneta (Agnieszka Zulewska) se retrouve possédé par un esprit malin le jour même de son mariage. Un fantôme du passé qui fera ressurgir des secrets enfouis. Le plus beau jour de sa vie sera en fait le pire.

Oubliez les films d’horreur à la sauce américaine avec en porte-étendard notre chère Nonne. Non, cette fois-ci, Marcin Wrona illustre le cinéma d’horreur magnifiquement. Du petit détail qui fait froid dans le dos à l’héritage d’un passé douloureux pour les Juifs de Pologne, Demon est le parfait tableau noirci par la mort et les souffrances du passé. Cette esthétique baroque, cette atmosphère troublante où rires d’enfants et mélodies grinçantes forment un cocktail effrayant. Wrona fait plus que du cinéma horrifique, il rappelle les fantômes du passé, il ravive les traumatismes d’antan, il marche sur les ossements, les mêmes sur lesquels la Pologne a bâti son pays. À visionner au plus vite.

MARJORIE PRIME

Un écho mélancolique à Her, le chef-d’oeuvre de Spike Jonze. Dans Marjorie Prime, l’amour n’est pas au centre des débats, mais plutôt les réminiscences de souvenirs. Marjorie, proche de passer l’arme à gauche, rappelle son mari, Walter (Jon Hamm), par le biais d’un hologramme à son image, en plus jeune. Un ange, serait-on tenté de dire, permettant à Marjorie de converser encore un peu avec son défunt compagnon, avant de sombrer dans le sommeil éternel.

Michael Almereyda trompe la mort par la technologie. Il se joue de la vulnérabilité de son héroïne, Marjorie, interprétée par l’excellente Lois Smith. Marjorie Prime est une façon de voir une réalité mensongère, un moment privilégié, mais faux, où vous avez la possibilité d’évoquer des vérités enfouies. Une esquisse étonnante, passionnante, poignante dans une dimension parallèle, pas si lointaine, une distorsion de la réalité. Une mise en scène tout en rupture, un reflet mémoriel.

PUR-SANG

Sorti en juin 2018 en France, Pur-sang n’a pas reçu l’accueil qu’il méritait. Un thriller diabolique entre deux adolescentes déconnectées de la réalité. Lily (Anya Taylor-Joy) et Amanda (Olivia Cooke) s’étaient perdues de vue avant de se retrouver par la force des choses. Deux jeunes filles au caractère méprisant, embarquées dans une affaire morbide. Elles décident d’engager un petit arnaqueur du coin, Tim (Anton Yelchin), pour abattre le beau-père détesté de Lily.

Une ode aux sociopathes, dans un univers glacial contrastant avec la banlieue chic où se déroule l’histoire. Les apparences sont parfois trompeuses et nous mènent vers des sentiers glissants. Le récit de ces deux adolescentes dégage cette étrange sensation oppressive de méchanceté gratuite. Les personnages écrits par Finley sont des vampires assoiffés de sang, insensibles. Semer la mort est un acte normal. L’excellence de Pur-sang tient également des performances de Taylor-Joy et Cooke, deux pépites. Des rôles hilarants et furieux. Elles maîtrisent à l’image de Cory Finley, qui réussit un premier film féroce, à l’humour noir piquant.