3 bonnes raisons de rattraper Normal People

C’est la sensation du moment, la série Normal People, fruit de la collaboration entre la plateforme de streaming Hulu et la BBC, pulvérise tous les records. Avec plus de 16 millions de demandes provenant d’abonnés du service BBC iPlayer dès sa première semaine de diffusion, autant dire que le succès ne s’est pas fait attendre. Alors, quelles sont les bonnes raisons pour que, vous aussi, vous succombiez au phénomène ?

Débutée le 26 avril, Normal People est l’adaptation télévisuelle du best-seller éponyme de l’Irlandaise Sally Rooney paru en 2018. Réalisée par Lenny Abrahamson, à qui l’on doit le film Room, et Hettie MacDonald, écrit par Rooney elle-même, Alice Burch et Marc O’Rowe, la série prend racine en Irlande, dans le comté de Sligo, en plein coeur de la petite ville de Carricklea. Là, dans le lycée du patelin, évoluent deux adolescents : Connell Waldron et Marianne Sheridan. En apparence diamétralement opposés, il est populaire, beau et sportif, issu de la classe ouvrière, elle est solitaire, quelconque et mal-aimée de ses camarades, d’une famille aisée, les deux jeunes gens ont pourtant bien plus de points communs qu’il n’y paraît. Tous deux très intelligents, passionnés de lecture et excellents élèves, ils se croisent furtivement après les cours, dans la maison cossue de Marianne, où Connell vient chercher sa mère, femme de ménage pour le compte de la famille Sheridan. Bientôt, les deux adolescents entament une liaison. Chaque jour après les cours, les tourtereaux se retrouvent en secret. En cachette car Connell, trop honteux de raconter son idylle à ses amis, préfère taire la relation. Ce qui ne manque pas de bouleverser Marianne le jour où Connell propose à une autre fille d’aller au bal de l’école. La relation s’arrête brusquement, le contact est rompu jusqu’au jour où Marianne et Connell tombent nez à nez à une soirée organisée au Trinity College de Dublin, université où ils sont tous deux étudiants. Désormais, les rôles sont inversés : Marianne s’est muée en jeune femme ravissante, sûre d’elle et très courtisée, tandis que Connell, timide, peine à trouver sa place et des amis. Pourtant, malgré les longs mois écoulés, rien n’a vraiment changé entre eux, l’attirance et les sentiments sont intacts.

1. Une romance bouleversante

Fresque romantico-dramatique étalée sur 4 ans, des années lycée au prémisses de l’âge adulte à l’université, Normal People est bien plus qu’une romance classique. Émouvante, la série est avant tout l’histoire de deux êtres qui se sauvent mutuellement. Chacun en proie à des problématiques psychologiques, familiales ou émotionnelles faisant barrière à une vie sereine, Connell et Marianne n’auront de cesse de se tirer vers le haut. À l’opposé l’un de l’autre, mais semblables à bien des égards, ils ont beau essayer de rester en dehors de la vie de chacun, c’est peine perdu. Une alchimie, une attirance et des sentiments comme il en existe peu, Normal People raconte la vie de deux ados, l’évolution d’une relation atypique, ses hauts et ses bas et les obstacles qu’il faut parfois surmonter pour trouver la paix avec soi-même.

À des années lumières d’une romance mièvre que l’on pourrait redouter quand il est question de séries romantiques pour ados, Normal People fait étalage d’une maturité exemplaire, preuve qu’il est possible de traiter de jeunes adultes, de sentiments, d’amour et de sexe sans tomber dans les éternels clichés du genre. À un rythme toujours égal, la série oscille entre moments contemplatifs, regards et gestes maladroits. Subtilement réalisée, assortie d’une bande-son allant de Imogen Heap, Selena Gomez ou RY X, en passant par Frank Ocean et Billie Marten, Normal People propose une immersion dans une réalité brute de laquelle une grande douceur se dégage.

Photo copyright : Hulu – BBC

2. Un duo d’acteurs époustouflant

Elle, c’est Daisy Edgar-Jones. La native de Londres, d’un père écossais et d’une mère irlandaise, n’en est pas à sa première série. Aperçue dans Gentleman Jack ou Cold Feet, la jeune comédienne de 22 ans a fait ses armes au théâtre avant de décrocher le rôle phare de Normal People. Lui, c’est Paul Mescal, irlandais pur jus de 24 ans. Normal People est pour ainsi dire son premier vrai rôle à la télévision. Et quel rôle pour débuter ! Bien qu’il ait été très actif sur les planches dublinoises et londoniennes, on a fort à parier que le cinéma et la télévision vont l’accaparer ces prochaines années. D’avec son personnage de Connell, il a en commun la nationalité et ses études. Né en Irlande, dans la petite ville de Maynooth, il a étudié au Trinity College de Dublin.

Mettez ensemble ces deux jeunes talents et vous obtenez le couple le plus désarmant aperçu dans une série ces dernières années. Une alchimie incontestable, chacun de ces deux personnages bouleverse à sa façon. Dans ce casting brillamment composé, les deux protagonistes sont des personnes banales, à qui tout un chacun peut s’identifier. Et c’est une des raisons qui rend ce duo tout à la fois accessible et fascinant : Connell et Marianne sont comme tout le monde mais vivent une relation hors du commun. Un garçon et une fille ordinaires expérimentant une situation extraordinaire : une relation d’une intense complicité. Vulnérable et diablement sexy, le couple d’acteurs trouve un équilibre subtil entre émotions profondes et attirance physique indéfectible.

Photo copyright : Hulu – BBC

3. Le sexe, oui mais encore ?

Et si vous avez entendu parler de cette série, l’affaire du mini-scandale Pornhub ne vous aura pas échappée. En effet, 22 minutes de scènes de sexe du show ont été piratées et téléchargées sur le plus gros site porno gratuit du monde. La compilation a depuis été retirée de la plateforme en raison de droits d’auteur.

41 minutes pour être très précis. Le journal anglais The Sun s’est amusé à chronométrer les scènes de sexe de la série : au total, 41 minutes de scènes de sexe réparties sur les 12 épisodes de 30 minutes. S’il est vrai que Normal People contient un nombre non négligeable de scènes de nudité, il n’en reste pas moins que ces dernières sont dénuées de toute vulgarité ou voyeurisme. Excellemment jouées par Edgar-Jones et Mescal, qui parviennent même à faire ressentir la maladresse des premiers ébats adolescents, les diverses scènes en question sont toutes réalisées avec un tact et une sensibilité indéniables. Pour ce faire, une coach a été dépêchée sur le tournage. Ita O’Brien est une coordinatrice intime. Métier peu connu, mais qui a pris une importance prépondérante depuis l’affaire Weinstein, les coordinateurs intimes s’assurent du bon déroulement des scènes de nudité, préparent le terrain en amont du tournage et sont présents durant le tournage afin de coacher les acteurs. En bref, l’objectif visé et de mettre tout le monde aussi à l’aise que possible. Car si tout semble très spontané à l’écran, dans la réalité, ces scènes sont chorégraphiées jusqu’au moindre mouvement de tête ou de bras. Chaque acteur sait exactement ce qu’il doit faire et à quel moment.

Alors oui, 41 minutes ça peut sembler énorme et pourtant, si dans certains films ou séries on pourrait allègrement se passer de quelques scènes de sexe superflues, dans Normal People, au contraire, chaque scène sonne juste et si naturelle. Et même si la nudité tient une place importante, elle n’est que l’outil privilégié pour servir le thème central du show : un amour inconditionnel.