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Cannes 2017 | Wonderstruck : une étrange liaison à 50 ans d’intervalle

Après le fascinant Carol, Todd Haynes retourne au charbon avec une oeuvre qui traverse les générations en transposant deux époques distinctes. D’un côté, Ben (Oakes Fegley) en 1977 et de l’autre, Rose (Millicent Simmonds) en 1927. 50 ans les séparent, plusieurs générations, mais leur vie présente plusieurs similitudes. Les buts et les déboires s’accordent dans deux univers différents.

Photo copyright: Metropolitan FilmExport

Ben, déjà orphelin d’une présence masculine au foyer, fait face à l’accident tragique de sa maman, Elaine (Michelle Williams). En proie à des cauchemars et désormais catapulté chez sa tante, le jeune garçon est seul, sans figure parentale et décide de retrouver son père évanouit dans la nature, sa mère ne lui ayant jamais raconté la vérité sur son géniteur. Mais la poisse s’acharne sur Ben. Un soir, alors qu’il cherche des indices sur son père, la foudre s’abat sur sa maison en même temps qu’il passait un coup de fil. Verdict sans appel: perte de l’audition.

Une plongée dans l’univers de la surdité

Orphelin et sourd, Ben enchaîne les mésaventures. Au même moment, 50 ans plus tôt, Rose fait face à une surdité profonde et également à un environnement familial peu propice. En désaccord avec son père, elle décide de prendre la poudre d’escampette pour New York et rencontre une vedette du cinéma muette, en l’occurrence Lilian Mayhew (Julianne Moore).

Deux aventures en simultané, à New York qui plus est. Le souci du détail à travers les deux époques nous emmène sur les traces de deux existences indéniablement liées. Haynes parvient à composer un puzzle où le facteur émotionnel prend de l’ampleur plus le film avance, mais se rend coupable de plusieurs temps morts, parfois même assassins pour la continuité du récit. La synchronisation des deux années se fluidifie grâce à la mise en scène élégante du cinéaste californien mais reste à des années lumières de son précédent bijou, Carol.

Les jeunes volent la vedette aux anciens

Si Todd Haynes compte dans ses rangs un duo comme Julianne Moore et Michelle Williams, c’est plutôt la jeunesse qui l’emporte. Oakes Fegley, Millicent Simmonds – actrice sourde – et Jaden Michael sont les figures principales du récit. On notera cette émotion retenue de la jeune actrice. Derrière un regard attendrissant et une gestuelle mesurée, elle porte une bonne partie du métrage grâce à sa prestance naturelle et malgré sa surdité.

Wonderstruck laisse un goût amer, celui de l’inachevé. Todd Haynes, en adaptant l’oeuvre de Brian Selznick, propose une fresque au rythme de sénateur mais animée par la justesse qui caractérise son auteur. Peut-être sentons-nous un peu de facilité dans sa façon d’aborder le sujet ? Toujours est-il que Wonderstruck transporte à travers les époques avec une timidité semblable à ses personnages principaux : enfantine. Bon ou mauvais, le résultat reste honnête mais mitigé.

Casting : Oakes Fegley, Millicent Simmonds, Julianne Moore, Michelle WIlliams, Jaden Michael

Fiche technique : Réalisé par : Todd Haynes / Date de sortie : 15 novembre 2017 / Genre : Drame / Scénario : Brian Selznick / Musique : Carter Burwell / Distributeur suisse : –