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Wonder Woman : rien de bien flamboyant

À la réception d’une vieille photo délivrée par la société Wayne, un mot l’accompagne : « J’ai trouvé l’original, j’espère que tu auras l’occasion de m’expliquer l’histoire de ce cliché. » Des mots sûrement rédigés par Bruce Wayne en personne.

Wonder Woman se replonge dans la jeunesse de la déesse grecque. Nommée Diana (Gal Gadot), princesse des Amazones, elle est la « god killers », celle qui combattra la force démoniaque d’Arès, fils de Zeus, déterminé à mettre à mal la race humaine. Diana quittera mère et île paradisiaque pour accompagner un pilote américain échoué sur ce bout de paradis. La guerre est à bout de bras et Diana fonce tête baissée pour délivrer le monde de la violence qui y règne.

Wonder Woman, déesse sculptée dans l’argile à la puissance dévastatrice

Elevée et entourée uniquement par des femmes, Diana est fière de se présenter comme une femme sculptée dans l’argile et « fille » de Zeus. Elle s’adonne aux sports de combat pour combattre Arès avec ses nombreuses partenaires d’entraînement. Sa mentor, Antiope (Robin Wright), lui apprend les rudiments du métier, la prépare à être la guerrière qu’elle se doit être. Puissante et plantureuse – Gal Gadot est sublime -, elle ne craint rien.

Photo copyright : Warner Bros

Le jour où le capitaine Steve Trevor (Chris Pine) débarque, Diana y voit son salut, son signal pour partir au front. Bouclier et épée sur le dos, la voilà parée pour affronter la violence qui opère hors de sa magnifique île, cette dernière étant protégée des atrocités de la guerre et des hommes tel un espace spatio-temporel protégé par un voile invisible. Il est temps pour Wonder Woman de découvrir la laideur de la ville de Londres plongée dans un climat austère et en pleine industrialisation. L’arrivée de la déesse grecque dans ce triste climat urbain amène une touche de légèreté, elle qui ne connaît pas vraiment les coutumes et se retrouve catapultée dans une jungle hostile.

La guerre moderne contre la mythologie grecque

Etonnant que ce conflit de deux époques bien distinctes. Le capitaine Trevor s’occupe de trimballer sa déesse grecque entre les zones de combats, de l’aider dans sa quête de vengeance contre Arès même s’il ne croit pas à une quelconque présence du dieu grec de la guerre. Une alchimie se crée entre les deux, développant une jolie cohésion entre Diana et Steve, à l’écran et physiquement. Les deux protagonistes se complètent, se scrutent et commencent à s’aimer. Mais le duo est « l’arbre qui cache la forêt ». Wonder Woman est le blockbuster attendu, convenu qui devient lancinant à force d’en voir défiler une dizaine par année dans le même registre. Malgré l’effort louable de Patty Jenkins, réalisatrice de Monster, de pondre un film superhéros classique et bien fichu, Wonder Woman est un énième divertissement qui ne sort en aucun cas des sentiers battus, à grands renforts d’effets spéciaux et ralentis pour vous déballer toute la marchandise à disposition.

L’univers DC Comics suit les traces de son grand rival Marvel et n’essaie pas de réinventer un genre de cinéma très calibré. Même si Batman vs Superman fut décrié, il avait le mérite de tenter quelque chose de différent en s’essayant à une trame plus dramatique et noire. Wonder Woman tient plus de la formule gagnante, celle qui fait pleuvoir les dollars. Scènes d’action parfois captivantes mais souvent molles (on retient l’excellente scène du « no man’s land »), ou les quelques blagues qui fusent pour donner un ton plus léger au propos, Wonder Woman use de quelques fulgurances pour vous masquer un rythme linéaire et les quelques imprécisions.

Divertissant dans une certaine mesure et agréable visuellement, ce Wonder Woman aux accents (marqués) féminins ne va pas rester dans les annales. On sent les travers du film dit héroïque et l’indifférence qui prédomine à chaque fois après une oeuvre du genre. Cette ribambelle de blockbusters qui se succèdent, sans pour autant nous rassasier, commencent véritablement à tourner en rond.

Casting : Gal Gadot, Chris Pine, Connie Nielsen, Robin Wright, Danny Huston, David Thewlis, Elena Anaya, Lucy Davis, Eugene Brave Rock, Saïd Taghmaoui, Ewen Bremner

Fiche technique : Réalisé par : Patty Jenkins / Date de sortie : 7 juin 2017 / Durée : 141 min / Genre : Action / Scénario : Allan Heinberg, Zack Snyder, Jason Fuchs / Musique : Rupert Gregson-Williams / Distributeur suisse : Fox-Warner