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Wonder Wheel, un Woody Allen sans grande saveur

Du haut de ses 82 ans, Woody Allen, en plein dans la tourmente, continue son voyage dans le passé avec Wonder Wheel. Après un retour dans les années 30 avec le bon Cafe Society, le metteur en scène plante son nouveau film dans les années 50. Un mélodrame romantique dans la même veine que le précédent.

Coney Island resplendit de couleurs lumineuses et les attractions fonctionnent à plein régime. L’effervescence contraste avec l’humeur maussade de Ginny (Kate Winslet), une femme qui rêvait d’une carrière d’actrice. Au lieu de ça, elle sert dans un restaurant. Mariée à un homme alcoolique et opérateur de manège, Humpty (James Belushi), Ginny subit sa propre existence et se lamente. Sa vie prend une toute autre tournure le jour où elle rencontre un maître-nageur et aspirant dramaturge, Mickey (Justin Timberlake). Une flamme se rallume pour la serveuse, les belles paroles d’un jeune homme débordant de romantisme réussissent à faire réapparaître la passion amoureuse de Ginny. La liaison verra bientôt une autre personne interférer : Carolina (Juno Temple). La fille de Humpty qui fuit son mari mafieux, sur ses traces pour la faire revenir au bercail. Cette dernière, en froid avec son père depuis près de 5 ans, tombe sous le charme de Mickey, reléguant Ginny au second plan. Dilemme.

Mickey, cette source de problèmes

Avec son fils pyromane et son mariage pas très glamour, Ginny fonctionne sur « mode survie » avant que le bellâtre ne fasse son apparition. Coney Island reprend de ses couleurs vives pour Ginny et elle surprend à rêver d’une toute autre vie. Mais derrière ses belles paroles, derrière la façade, le vide est bien là. Le bel étalon s’éprend de passion pour l’autre fille qui vit sous le même toit que Ginny, Carolina. Cette dernière parle de son béguin à Ginny qui tente de la dissuader de continuer à parler à Mickey. Un cercle vicieux dans lequel n’est pas invité le laissé-pour-compte Humpty. L’élément perturbateur est Mickey.

Les portraits croisés, l’ambiance vintage, les gangsters, le ton mélancolique mixé à cette mise en scène made in Allen. Wonder Wheel est un cliché du New-yorkais. Un énième film à l’image d’Allen, presque sans saveur, emboîtant scène sur scène dans lesquelles les violentes disputes éclatent au milieu d’un appartement donnant sur une grande roue. La « roue des merveilles » n’a rien de bien joviale pour Ginny, elle qui se retrouve à vivre une sorte de deuxième jeunesse sous l’ombre d’un mariage raté, tout comme son existence.

Timberlake irrite, Winslet sans plus

Wonder Wheel en devient poussif. On se laisse berner par cette jolie photographie signée Vittorio Storaro, mais les manières de Woody Allen irritent comme celles de Timberlake. Son personnage rêveur, poète dans l’âme, séducteur faiblard n’a rien d’intéressant. Face caméra, le regard franc, son rôle de mec lisse n’arrange en rien son jeu alambiqué, très stéréotypé. Il est loin le Justin Timberlake qu’on a connu dans Social Network ou Inside Llewyn Davis.

Des performances qui vont dans le sens du travail de Woody Allen : de mauvaise facture. Kate Winslet joue plutôt bien la femme désespérée avant de s’éteindre progressivement. Juno Temple fait le job, c’est même celle qui s’en sort le mieux. James Belushi, difficile à comprendre avec sa prononciation, se donne de la peine mais reste très limité dans son rôle de mari alcoolique. Bref, une oeuvre sans véritable intérêt, sans âme, oubliable.

Casting : Kate Winslet, James Belushi, Justin Timberlake, Juno Temple, Max Casella

Fiche technique : Réalisé par : Woody Allen / Date de sortie : 31 janvier 2018 / Durée : 101 min / Scénario : Woody Allen / Photographie : Vittorio Storaro / Distributeur suisse : Frenetic