Search for content, post, videos

Warpaint: l’histoire d’amour tumultueuse

Les américaines de Warpaint étaient en concert aux Docks de Lausanne le 17 mars dernier pour nous présenter leur dernier album « Heads Up » sorti en 2016. Ce dernier opus marque un virage plus pop et clairement plus dansant pour les quatre copines habituées aux sonorités rock brut de décoffrage à l’image de leurs précédents albums « Exquisite Corpse », « Warpaint » ou encore »The Fool », produit par Flood et Nigel Godrich, fidèle collaborateur de Radiohead. En effet, ces trois derniers opus, très largement applaudis par la critique, ont propulsé le quatuor dans une autre dimension. Grâce à la combinaison de voix quasi mystique de Theresa Wayman et Emiliy Kokal sur Keep It Healthy, les mélodies enivrantes de Billie Holiday ou Love Is To Die, l’âme torturée de Undertow, le groupe s’est forgé une solide réputation parmi ses pairs et a conquis un public d’assidus. On était tombé sous le charme des californiennes pour leur son à la fois léger, authentique et furieusement féminin qui leur appartenait complètement et puis, « Heads Up » a quelque peu redistribué les cartes, nous laissant perplexes. D’un coup de foudre, la fougue s’est assagie, éteinte? Leur passage en terres vaudoises était l’occasion de s’affranchir… ou pas de certains doutes sur ces sentiments contradictoires. Retour sur une performance emplie de nuances.

Photo copyright: © Cara Robbins

Quand elles arrivent sur scène, la joyeuse bande de Los Angeles se met à l’aise. Sur fond végétal joliment éclairé de guirlandes, on assiste à une petite réunion entre potes, toutes de jeans vêtues, cheveux violets ébouriffés. À la ville ou à la scène, les filles se montrent au naturel. Un vent de fraîcheur, un pied de nez bienvenu en ces temps où la figure féminine au sens large a besoin plus que jamais de s’affirmer pour ce qu’elle est et non pas pour ce qu’elle devrait représenter aux yeux du monde. Une joie de voir une scène exclusivement féminine, débordant de caractère et facettes multiples. Elles entament leur set, près d’1h30 de concert, mélangeant nouveaux et anciens titres à notre plus grande joie. Car, si le dernier album a pu séduire certains, on l’aura compris, il n’est certainement pas la raison pour laquelle nous nous étions déplacés. Parmi les Shadows et autres Whiteout, alors que le public ne semble attendre que ça, les premières notes bondissantes de New Song retentissent. Calme et attentive, timides mouvements, la salle correctement remplie est déjà conquise. Les filles, elles, conversent peu, enchaînent et balancent les titres les uns après les autres. De sonorités pop aux arrangements rock purs, enfin des riffs à s’en rendre ivre de passion à nouveau. Pourtant presque un peu trop scolaire, le show est bien rôdé et l’improvisation n’y a pas franchement sa place. Mais sûres d’elles, sans faux pas, avec le tout le charme délicieux dont elles savent faire preuve, elles donnent au public ce qu’il attend, en glissant quelques mots à propos de la Suisse, de Vevey, ville qu’elles ont pu apprécier le temps d’une chaude journée de mars.

Alors qu’elles entament le dernier morceau de leur set, le public se laisse séduire à nouveau. Les filles quittent la scène aussi furtivement qu’elles l’avaient investie. L’affaire rondement menée. On aura aimé la justesse dont elles ont fait preuve en jouant leurs titres phares, malgré le fait que l’on aurait souhaité un peu plus de malice de la part des quatre copines qui semblent être tout sauf des anges, le propre de la femme avec un grand F. Une histoire de sentiments qui avait commencé sur les chapeaux de roue et qui poursuit son chemin malgré les doutes. Et puis ne dit-on pas de toutes les histoires qu’elles connaissent des hauts et des bas?

warpaint.com