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Warhaus : « Tous les musiciens avec qui j’aurais aimé collaborer sont morts »

Maarten Devoldere avait plongé le Montreux Jazz dans un univers intimiste et mystérieux, un soir de juillet. Comparé à Leonard Cohen et officiant sous le pseudonyme de Warhaus, le Flamand a livré l’un des meilleurs albums de l’année à n’en pas douter. Avec « Warhaus » – le titre de l’album -, sa sobriété hypnotise et sa dégaine nonchalante libère une subtile élégance. Une formule qui fonctionne. Le tout enveloppé par la voix suave de Sylvie Kreusch, l’autre arme secrète de cette formation pétrie de talent.

De passage dans nos contrées, Warhaus s’est mijoté une jolie tournée hélvetique. Fribourg, Lucerne, Sion, Nyon et Aarau. Du 21 au 25, la formation belge vient fouler le territoire suisse pour étrenner leur nouvel album écrit dans les montagnes du Kirghizitan. Des concerts à ne pas rater. Rencontre.

 

Sur la couverture de votre nouvel album (Warhaus), vous affichez un grand sourire presque hypocrite, et votre premier morceau se nomme « Mad World ». Est-ce en quelque sorte votre réponse au monde, à l’époque dans laquelle nous vivons? Et ce premier titre, est-ce une référence au titre de Gary Jules ?

Mon sourire est une vaine tentative pour ressembler à Jack Nicholson. Après, « Mad World » ne fait pas vraiment référence à Gary Jules. Dans une certaine mesure, nous sommes tous fous.

Quand on écoute votre album, on a cette curieuse impression de suivre une histoire personnelle. Est-ce une impression ou les morceaux se sont empilés de manière aléatoire ?

Pour cet opus, j’ai créé mon propre alphabet. Donc en toute coïncidence, l’ordre des pistes est alphabétisé. Certaines chansons reflètent des expériences personnelles, mais d’autres sont justes des événements que j’espère vivre dans un futur proche.

« Love’s A Stranger » respire la sensualité, le mystère. On a cette impression que vous l’avez écrite durant un moment de ce genre. Où et quand l’avez-vous écrite ?

Je l’ai écrite dans les montagnes du Kirghizistan par moins 35 degrés. On ne peut pas dire que c’était un moment très sensuel. « Love’s A Stranger » traite plus de la déconnection de la réalité et du détachement.

Vous êtes plutôt un solitaire ou vous avez besoin des autres ?

J’ai toujours besoin de compagnie ! Sint Pieternieuwstraat 112, Gent, Belgium. (Rires)

En parlant de compagnie, qui vous inspire en ce moment ?

Ma mère, sans hésiter. C’est ma muse.

Très bien. Vous avez écrit votre album dans les montagnes du Kirghizistan. Maintenant que vous faites une tournée helvétique, le troisième album sera-t-il enregistré dans les montagnes suisses ?

C’est une excellente idée. En altitude, vous avez moins d’oxygène et j’ai la tête qui tourne. Du coup, ça me permet d’écrire des meilleures chansons.

Avec quel artiste voudriez-vous vraiment collaborer ?

Tous les musiciens avec qui j’aurais aimé collaborer sont morts…

On discutait avec votre acolyte, Jinte Deprez alias J. Bernardt, il y a quelques jours de cela. Il trépignait d’impatience de reformer Balthazar. Et vous, êtes-vous content de fermer le chapitre Warhaus un moment, et de travailler à nouveau sur le nouvel album de Balthazar ?

Je suis super excité à l’idée de refaire un album avec les autres membres du groupe. Personnellement, ça me manque de travailler avec Jinte. Surtout ses conseils vestimentaires…

Et prendre le large, se détacher de Balthazar et vous lancer solo, c’était un désir qui vous trottait dans le tête depuis longtemps ?

Je pense que Warhaus est quelque chose avec lequel je suis né. Ce sera un projet qui va perdurer jusqu’à ma mort.

Finalement, décrivez-nous votre album avec un adjectif.

Zingbawadoogie.