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Bodyguard et Wanderlust, les nouveaux bébés made in BBC et Netflix

Et Netflix continue d’inonder la planète tv de ses contenus originaux. En s’alliant avec La BBC, la plateforme de VOD nous gratifie de deux séries bien ficelées. Certes très différentes dans leur genre et thématiques propres, Wanderlust et Bodyguard ont chacune de quoi séduire. L’une comico-tragico-psychologique, l’autre à classer plutôt dans le style thriller politico-psychologique. Bref, tout un programme ! On a regardé ces deux séries et on vous fait un petit topo. Quand Netflix se met à l’heure britannique et bin… nous aussi.

Wanderlust, derrière l’arbre, une forêt

Photo copyright : Netflix

Sujet plutôt tabou que la perte de désir dans une relation. Wanderlust traite de cette problématique à travers un couple de quadra interprété par Toni Collette et Steven Mackintosh. En effet, quel couple se risquerait à confesser qu’au lit ce n’est plus trop ça, voire plus ça du tout. Si, dans les apparences, tout est beau et bien ordré, la réalité est bien souvent plus amère lorsque l’on comptabilise 30 ans de mariage. Alors que faire ? Se séparer ? Ou alors trouver une alternative, certes pas des plus orthodoxes, mais peu importe! Finalement, il n’y a que les cons qui restent coincés dans leur carcan de bien-pensants qui jugeront. Joy prend donc les choses en mains, car après un accident de vélo, son désir est réduit à néant. Elle propose à son époux de tenter l’union libre. Les règles sont simples : chacun peut aller voir et coucher avec qui il veut mais le canal de communication reste ouvert, pas de secrets, on se dit tout. Et ça marche ! Lui s’acoquine avec sa collègue de travail et elle fricotte avec un homme rencontré à son cours de natation. Très vite, aller voir ailleurs ravive la flamme entre Joy et Alan. Mais est-ce une solution durable ? Le moins que l’on puisse dire c’est que leur nouvelle façon de vivre ne fait pas l’unanimité parmi leur famille, amis et collègues, les confrontant à des situations plutôt gênantes.

Si, dans le premier épisode, on imagine qu’il ne sera question que de coucheries et autres histoires de couples d’un ennui abyssal, les épisodes suivants révèlent un tout autre visage du récit : la perte de désir comme conséquence. Nous n’en dirons pas plus… Wanderlust – comprenez littéralement envie de flâner ou voyager – explore les chemins de traverse qu’emprunte un couple apparement à la dérive et qui tente, par des moyens peu conventionnels, de sauver ce qui reste de leur vie. Illusion ou réelle possibilité de sauver le coup ? Car le mariage a ça de paradoxal : vieillir ensemble c’est magnifique et terrible à la fois. C’est connaître, partager et construire à deux mais c’est justement aussi ces mêmes choses qui mènent à la perte de deux personnes vivant ensemble. Pourquoi ? Car trop connaître et trop partager mène inéxorablement à la lassitude. L’être humain est ainsi fait, non ?

La série se passe en deux temps. Un premier temps plus léger où le seul fait de coucher avec l’inconnu permet de retrouver confiance en soi et de donner un coup de pied dans un mariage au fonctionnement pantouflard. Un deuxième temps plus profond, qui vient toquer à la porte de façon inattendue, pour rappeler que certains comportements ne sont peut-être pas si anodins. Joliment mise en scène, intelligemment écrite, Wanderlust est une série sans prétention mais qui met le doigt sur un aspect intéressant : le physique comme instrument du psychique ou comment refouler les vraies raisons d’un fonctionnement donné.

Bodyguard, série sous haute tension

On reste en Grande-Bretagne avec Bodyguard. La série, qui met en scène le regretté Rob Stark de Game Of Thrones, Richard Madden, est un véritable carton outre-Manche. Pas moins de 10 millions de téléspectateurs ont regardé les aventures de l’agent David Budd sur la BBC à la fin de l’été dernier, un record jamais atteint depuis la série Doctor Who. L’intrigue se passe à Londres. David Budd (Richard Madden) est un ancien militaire rentré d’Afghanistan et souffrant d’un syndrome post-traumatique. Le tableau est peu reluisant : dépressif et porté sur la boisson, l’agent Budd est séparé de sa femme, sa vie de famille part en lambeaux. Un soir, alors qu’il rentre en train d’un week-end avec ses enfant, il réussit à déjouer un attentat terroriste. Suite à cet évènement, il est promu et se voit affecté au ministère de l’Intérieur afin d’assurer la sécurité de sa ministre, Julia Montague (Keeley Hawes), cible potentielle des terroristes au vu du programme politique qu’elle défend. Les idées plutôt conservatrices de la ministre ne plaisent pas vraiment à l’agent Budd et pourtant, ce dernier reste professionnel et assume sa tâche jusqu’au bout.

Sur fond de menace terroriste, sujet on ne peut plus actuel et brûlant, Bodyguard traite des magouilles politiques et autres copinages intra-ministériels propre à chaque gouvernement. Le pouvoir étant toujours une fin en soi. La corruption est partout, surtout dans les plus hauts degrés de l’État. Rien de nouveau sous le soleil nous direz-vous… Créée par Jed Mercurio, la série est souvent considérée comme addictive. Et bien c’est vrai ! Dès les premières minutes, la tension est à son comble et ne redescend pas d’un iota durant les 6 épisodes. Un petit exploit de tenir son audience en haleine de la sorte. Subtilement écrite, le scénario nous balade dans tous les sens à coups de twists, des coups de coeur et des coups de sang. Un ascenseur émotionnel sans temps morts, une course contre la montre qui n’essuie aucune pause. Épuisant aussi bien pour les téléspectateurs que pour son personnage principal, mais captivant tel un page-turner. Richard Madden y est brillant en policier troublé par un passé difficile, les expressions figées, ou comment en dire mille fois plus par le silence qu’avec des mots. Une vie de famille qui s’effondre et une incapacité à reconnaître ses problèmes liés à son vécu en font un être vulnérable, touchant mais qui peut à tout moment basculer. La série britannique est subtilement dosée en action et scène intimistes et astucieusement écrite car il est parfois très dur de démêler le vrai du faux. On ne peut se fier à personne. Personne n’est au-dessus de tout soupçon. Bodyguard, dans le genre thriller politico-psychologique, passe l’examen avec brio. Un suspense à son comble, une tension omniprésente, en bref, une réussite télévisuelle que l’on vous conseille de regarder si ce n’est pas déjà fait.