Search for content, post, videos

Cully Jazz Festival 2018 | Une programmation pointue et lumineuse

Le Festival de Cully, 36ème du nom, sonne comme le gong du retour de la période des festivals musicaux en Suisse. Une manifestation programmée tôt dans l’année et qui prend ses quartiers au coeur du Lavaux. Une vue imprenable, singulière qui fait écho à la programmation souvent pointue et foisonnante de découvertes des programmateurs de l’événement vaudois. Une rencontre de musique pour un public d’avertis mais qui sait attirer aussi une plus large audience.

Du 13 au 21 avril, le village de Cully va vibrer avec les quelques 140 concerts, dont 100 gratuits, prévus par les organisateurs et une multitude de festivaliers viendront arpenter les nombreux caveaux aménagés pour l’occasion. Comment passer à travers l’ambiance chaleureuse, en journée et soirée, de ce festival, où convivialité rime avec amour pour la musique. 35 ans que la formule marche et séduit de nombreux férus de musique, mélomanes et fêtards. En 2017, c’est plus de 65’000 personnes qui ont envahi les charmantes rues de la localité de la commune de Bourg-en-Lavaux, indique le festival au moment de dévoiler leur programmation pour l’édition 2018.

Festival OFF à la découverte des artistes helvétiques

Côté programmation gratuite, un peu de blues-surf 70’s, du rock’n roll au pays du jazz. Duck Duck Grey Duck, c’est le rock band qui réussit à se démarquer sur cette nouvelle scène romande qui a les dents longues. Mené par Robin Girod (Mama Rosin), le groupe genevois vient défendre son nouvel opus prévu pour février 2018. la formation est à voir le 20 avril à 21h30 au Club. Dans le même registre, peut-être dans un style plus désordonné, Louis Jucker est à découvrir absolument au tHBBC. Connu pour son style inimitable, entre hippie et punk et ses créations d’instrumens, Jucker pose sa guitare sur la scène du tHBBC pour une série de soirées. Les 13, 14, 19, 20 et 21 avril, le musicien-bricoleur jouera trois sets libres par soir.

Autre curiosité, un habitué des lieux revient présenter un nouveau projet. Léo Tardin, connu pour son travail avec Grand Pianoramax et pianiste de talent, profite du Festival de Cully pour dévoiler un projet très intéressant avec Arthur Henry, fondateur de KOQA. Un projet qui prend des allures de laboratoire où les expériences seront le point d’ancrage d’un processus créatif en temps réel. C’est au Caveau du Raisin le 13, 14, 19, 20, 21 avril. Non loin, le 20 avril au Sweet Bastille, Elisa Day alias Isabelle Ritter et son groupe bernois viendront déployer un air mélancolique. La voix douce et précise de Ritter fait des merveilles.

Les voix féminines et Božo Vrećo prêts à envoûter le Festival IN

Une programmation qui recèle d’artistes d’envergure, où les voix féminines vont trouver une belle résonance sur les bords du Léman. On pense à ALA.NI, protégée de Damon Albarn. La Londonienne à la voix somptueuse vous touche en plein coeur et à jamais. Il suffit juste d’écouter Cherry Blossom pour s’en convaincre. Outre l’univers intimiste de l’Anglaise, le même soir à savoir le 18 avril, on retrouve la lumineuse Youn Sun Nah. Une voix magnifique et présentée comme la figure incontournable du jazz vocal contemporain. Et pour clôturer cette excellente journée du 18 avril, difficile de ne pas citer Zara McFarlane avec son ton suave. Le 20, Lizz Wright évoquera ses origines rurales en harmonisant gospel, jazz, folk, pop et blues.

Les artistes féminines copieusement représentées, mais les hommes ne sont pas en reste. Onefoot et leur répertoire jazz infusé aux sons post dubstep et electro 8-bit, avec une touche de Tigran Hamasyan et Debussy. Un coup de fraîcheur dans le milieu du jazz moderne qui résonnera au Next step le 14 avril. Toujours dans le contexte mix des genres et au Next step, Jordan Rakei ose mélanger tous les styles musicaux, entre jazz, soul et musique électronique, donnant ainsi naissance à une musique inclassable.

Au registre des groupes à ne pas rater, le Festival de Cully accueille un groupe à la longévité qui force le respect. Les Blind Boys of Alabama, formation fondée en 1939 par Clarence Fountain. Le légendaire groupe arrive tout droit de l’Alabama – déjà annoncé en préambule – pour perpétuer la tradition du gospel du sud. En parlant de tradition la tradition, Božo Vrećo est un artiste qui déplace les foules et joue à guichets fermés dans les capitales de la péninsule balkanique. Nouvelle coqueluche de sevdalinka, musique typique et traditionnelle de la Bosnie, Vrećo est un interprète hors norme à la voix sublime. Citons aussi le violoniste suisse Tobias Preisig qui se produira au Chapiteau, tandis que le talentueux trompettiste Ambroise Akinmusire explorera les frontières du hip-hop et du jazz actuel.

Ce millésime 2018 du Cully Jazz dévoile une programmation riche en découvertes. Pour un budget de près de 2,2 millions, le Cully Jazz représentera le jazz sous toutes ses formes.

Programme complet : www.cullyjazz.ch