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Un single et un tout premier album, Trevor Sensor n’a pas fini de surprendre

Essayez d’écouter sa voix sans regarder l’image. Essayez d’imaginer à quoi peut ressembler la personne qui chante, son visage, son âge, sa dégaine. Regardez maintenant. Alors? Trevor a 23 ans et a la voix profonde et rocailleuse d’un homme qui aurait trop fumé ces 30 dernières années. Digne successeur d’un Bob Dylan ou autre Tom Waits, il reprend le flambeau avec une maturité déconcertante. Signé sur Jagjaguwar, label de Bon Iver et Tim Darcy, le jeune américain, qui ne rêvait à l’époque que d’écrire des nouvelles et poèmes au fin fond d’une bibliothèque, se fraie gentiment mais sûrement un chemin.

Après avoir réalisé un EP sur lequel il nous dévoilait toute sa sensibilité et dont nous avions déjà parlé dans un précédent article, l’auteur-compositeur-interprète de Sterling dans l’Illinois prévoit de sortir son premier album le 16 juin. Intitulé Andy Warhol’s Dream, cet opus, produit par Jonathan Rado de Foxygen ( producteur de The Lemon Twigs, Whitney) et Richard Swift (producteur de Damien Jurado, Foxygen) fait référence à la prédiction du génie du pop-art qui disait déjà en 1968: « In the future, everyone will be world-famous for 15 minutes ». D’où l’expression désormais bien connue: le quart d’heure de gloire. Le peintre, obnubilé par le concept de notoriété, qui illustrait dans ses sérigraphies des personnalités semblables à des produits de consommation, avait en effet vu juste. Dans un monde où la notoriété est fugace, où n’importe qui peut devenir célèbre du jour au lendemain sans avoir fait quoi que ce soit d’exceptionnel, puis retomber dans l’anonymat le plus total, Trevor Sensor veut faire référence au peintre en tant que véhicule de la représentation ultime de cette culture de la célébrité dans une société qui ne glorifie plus un dieu mais idolâtre de nouveaux poulains dorés produits à la chaîne.

Influencé par toute une série d’artistes et écrivains tels que Kierkegaard, Marcel Proust, Henry Miller ou encore David Lynch et Wood Allen qui ont documenté leurs époques respectives à travers leurs oeuvres, Trevor, diplomé de littérature anglaise et psychologie, livre un album en phase avec son temps où il relate, à sa façon, le monde qui l’entoure. Le monde tel qu’il est ici et maintenant. Et en guise de mise en bouche, le titre High Beams, premier extrait de l’album et témoin d’une folk-rock pleine d’assurance déjà, évoque le rêve américain et l’espoir d’accéder à cette célébrité tant convoitée. Honnête et entraînant, d’une voix éraillée, signe désormais distinctif de Trevor, High Beams augure de belles choses pour l’album à venir.

trevorsensor.com