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Un Mowgli plus sombre, mais loin d’être légendaire

Sur les traces de Mowgli, le bébé recueilli par une meute de loups. En 2016, Jon Favreau s’était lancé à l’assaut d’une version live-action du Livre de la jungle. Résultat plutôt décevant. Au tour d’Andy Serkis de relever le défi pour la Warner Bros… avant d’annuler la sortie. C’est donc Netflix qui a récupéré le projet du réalisateur. Rapidement, les prouesses visuelles vous explosent en pleine face, vous berçant dans une nature luxuriante, immaculée de la moindre trace humaine. Les loups et Bagheera, la panthère personnifiée par la voix de Christian Bale, découvrent la moue d’un bébé abandonné aux griffes du méchant Shere Khan – vous reconnaîtrez la voix de l’excellent Benedict Cumberbatch. L’immersion est belle et nous transporte à travers les différents personnages que petits et grands ont découvert dans une toute autre atmosphère. Baloo est à mille lieues de l’ours chantant et Kaa (interprétée par Cate Blanchett) se montre sous un autre jour, moins menaçante, mais gardant cette facette très incertaine et hypnotique.

Mowgli à la découverte du vrai monde, le tragique et intraitable

S’extirpant du conte chantant et comique de Disney, Serkis insuffle plus de tragédie à l’histoire imaginée par Rudyard Kipling. Une relecture plus adulte. Les couleurs vives contrastent avec la terreur et la noirceur qui règnent dans les entrailles d’une jungle austère. La Loi de la jungle, celle suivie par toutes les meutes et les animaux la peuplant. Le film tourne autour du souhait le plus cher de Mowgli, plutôt bien interprété par Rohan Chand : appartenir à sa meute alors qu’il n’est pas un loup. À se battre avec ses armes « humaines », il va précipiter sa chute, malgré l’aide précieuse de son confident Baloo.

Sa place, sa véritable identité. Serkis compile un récit initiatique, entre les animaux sauvages et la barbarie des hommes. Sa rencontre avec Lockwood (Matthew Rhys), un chasseur, opère comme un détonateur sur son appartenance. Mais Serkis, en amenant son récit vers une forme plus mature, en évoquant les méfaits de l’homme sur la jungle et redistribuant les cartes des meutes qui l’habite, étrenne une certaine beauté visuelle, certes, mais ennuyante.

Savoureux travail de motion capture

Une énième adaptation qui laisse ce même goût amer que celle réalisée par Jon Favreau. Un genre de surplace qui nous rend un rien blasés malgré le savoureux travail de motion capture, dont Andy Serkis est le maître incontesté. C’est beau et plus sombre qu’à l’accoutumée, sans convaincre pleinement. Un peu léger. Soulignons que certaines scènes sont d’une belle intensité, comme celle où Mowgli se fait capturer par les singes et griffer par Shere Khan dans une sombre grotte. On aurait presque envie de voir un clin d’oeil à La Planète des Singes.

Le point d’orgue restera cette scène surprenante où, dans l’étreinte de Kaa, Mowgli mesure toute l’étendue du chemin à parcourir. Face à sa destinée et guidé par les paroles du serpent, il se retrouve face à son destin : il n’est pas un loup, ni même un humain, mais d’une espèce à part et doit s’élever au rang de chef par sa malice et son courage.

Casting (voix) : Christian Bale, Andy Serkis, Rohan Chand, Benedict Cumberbatch, Cate Blanchett, Matthew Rhys, Naomie Harris, Eddie Marsan, Tom Hollander, Freida Pinto

Fiche technique : Réalisé par : Andy Serkis / Date de sortie : 7 décembre 2018 / Durée : 104 min / Diffuseur : Netflix