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Netflix mise gros sur les productions internationales

La Casa De Papel – Photo copyright : Netflix

À leurs débuts en 1997, Reed Hastings et Marc Randolph proposaient la location et l’achat en ligne de DVD sur leur site. La petite entreprise comptait alors 30 employés. C’était avant de devenir la société telle que nous la connaissons aujourd’hui. Avec 125 millions d’abonnés au compteur en avril dernier (le chiffre évolue sans cesse), dont 7,41 millions d’abonnés en plus durant le premier trimestre 2018, Netflix a su se faire une place de choix dans plus de 190 pays à travers le monde. Ce succès, la plateforme de streaming le doit notamment à ses productions originales. Et le mastodonte au logo rouge dépense sans compter. En 2018, Netflix compte débourser entre 7,5 et 8 milliards de dollars pour ses productions home made contre « seulement » 7 milliards l’année précédente.

Ceci dit, le plus intéressant dans tout ça ce sont bien les efforts déployés par la firme américaine afin de diversifier ses contenus, tant dans les genres que dans les origines de ces derniers. Films, séries, documentaires et stand-up, la société de Los Gatos mise sur des styles variés mais parie surtout sur le potentiel des productions internationales qui offrent, selon elle, grand nombre de possibilités. En effet, on constate une recrudescence de productions étrangères sur le site du géant américain. Si les productions américaines sont toujours une valeur sûre, Netflix a bien compris qu’avec 55% d’abonnés hors des frontières de son pays et 50% de son chiffre d’affaire généré à l’international, produire du contenu non-anglophone est devenu incontournable. Et le vice-président des contenus internationaux de Netflix de préciser lors de la rencontre annuelle de la firme en avril dernier que la société californienne investit massivement dans les productions internationales et plus particulièrement dans la région EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique) où, selon lui, de très bonnes histoires y sont développées. L’occasion rêvée pour certains pays plus en marge de voir enfin leur travail visionné et peut-être reconnu. En tout, c’est plus de 50 productions qui sont en cours de réalisation à l’international. Et la firme ne compte apparement pas s’arrêter en si bon chemin, boostée par le succès de séries comme l’espagnole La Casa De Papel ou l’allemande Dark.

Netflix boosté par le succès des séries non-anglophones

Dark – Photo copyright : Julia Terjung / Netflix

Si Dark a frappé un joli coup, dynamisant les productions allemandes, c’est La Casa De Papel qui bat tous les records. Elle est la série non-anglophone la plus regardée de l’histoire de Netflix, rien que ça. La Casa De Papel, vous le savez certainement, retrace l’épopée folle d’une bande de malfrats en tous genres, engagés par l’énigmatique Professeur afin de réaliser le plus gros braquage de l’histoire. Dans la ligne de mire, la Fabrique nationale de la monnaie et du timbre à Madrid où le Professeur compte faire imprimer plus de 2 milliards d’euros en moins de onze jours et ce, sans aucune violence. Sans violence pas sûr car, comme on s’en doute, le plan, pourtant méticuleusement organisé, ne se passe pas exactement comme prévu et les quelques 60 otages vont en faire les frais. Les 2 premières saisons ont cartonné et la 3ème saison est attendue courant 2019.

Boosté par le succès de la production espagnole, Netflix met les bouchées doubles. D’abord, en signant un contrat d’exclusivité mondiale avec le créateur, scénariste et producteur de la série, Álex Pina. Ce dernier créera du contenu en exclusivité pour les 125 millions d’abonnés que compte la plateforme de streaming et à l’heure où nous écrivons ces lignes, le producteur bûche sur un projet intitulé Sky Rojo, un drame d’action au féminin dont le tournage débutera en 2019. Puis, la firme américaine a dévoilé il y a peu le projet de création de son premier studio de production en Europe. Situé dans la nouvelle « Ciudad de la tele » (Cité de la télévision), dans la banlieue madrilène, le studio devrait voir le jour fin 2018 et hébergera des productions dirigées par Netflix ainsi que d’autres productions développées par des tiers pour le compte de la société californienne.

Échange de bons procédés

Si Netflix se focalise beaucoup sur les productions internationales pour intéresser toujours plus ses abonnés et rameuter de nouveaux adeptes, les productions étrangères, elles, se frottent aussi les mains et ont de quoi se réjouir du coup de pouce que leur offrent les plateformes de streaming. En effet, début septembre, le site Deadline faisait état de la santé radieuse du secteur de la production télévisuelle britannique. Ce dernier a augmenté ses recettes de 2.59 milliards de pounds en 2016 à 2.74 milliards de pounds (3.5 milliards de dollars) en 2017, son plus haut niveau jamais atteint. Cette augmentation s’explique principalement par l’explosion des commissions internationales versées par les plateformes de streaming telles que Netflix ou Youtube Originals. Une relation win-win où chacun semble y trouver son compte…

Nous n’avons donc pas fini de voir fleurir des productions étrangères sur Netflix. Une aubaine car, si les productions américaines ont souvent de quoi séduire, il était temps d’élargir le champ de vision afin de faire découvrir au plus grand nombre des productions étrangères tout aussi méritantes et avec, peut-être, un regard neuf et radicalement différent.