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Trainspotting 2 : 20 ans après, la tradition perdure

La drogue dure, l’accent à couper au couteau et cette trahison. Trainspotting est de retour, vingt ans plus tard, avec son équipe légendaire aux veines injectées d’héroïne et aux narines débordantes de cocaïne. La folle bande de Danny Boyle règle ses comptes dans un second volet où les stupéfiants sont toujours omniprésents, où les années n’effacent pas l’acte égoïste de Mark Renton (Ewan McGregor). Parti avec la cagnotte de 16’000 Livres, les vieux démons du passé vont refaire surface quand il revient à Edimbourg, là où tout a commencé.

Qu’est-il advenu de ces paroles pleines de liberté ? « Je suis un sale type mais je vais changer. Le boulot, la santé, la baraque, une bonne mutuelle, les mômes, le Noël en famille, laver la voiture… », une ribambelle de situations au quotidien qu’énumérait Mark, marchant, sac à l’épaule. La musique de Underworld résonne encore dans les mémoires de toute une génération.

D’Amsterdam à Edimbourg

Avec l’argent subtilisé, Mark s’est envolé à Amsterdam et s’est marié. Métro, boulot, dodo, il a eu la vie qu’il rêvait. Mais revenir d’où il vient ne sera pas de tout repos. La mort de sa bien chère mère passe presque au second plan puisque le retour rime avec retrouvailles, et qui dit retrouvailles dit excuses pour Mark Renton.

Photo copyright: Sony Pictures

Spud (Ewen Bremner) a perdu son job dans le bâtiment et est retombé dans ses travers d’addict. Sick Boy (Jonny Lee Miller) tient le pub de sa tante, complètement perdu au milieu de gravas. Nous le retrouvons en maître-chanteur pour en tirer un peu d’argent, avec Veronika (Anjela Nedyalkova), sa compagne bulgare. Et Begbie (Robert Carlyle) croupit toujours en milieu carcéral dans l’attente de pouvoir se venger de Mark. Les choses n’ont pas beaucoup évolué après toutes ces années. Le choc au sommet n’est qu’une question de temps entre les quatre fous furieux que Danny Boyle dirige, naviguant entre nostalgie et règlements de compte.

« T2 » est imparfait mais ça reste jubilatoire

Force est de constater que Boyle n’atteint pas les sommets. Non, mais à travers cette mise en scène et la photographie d’Anthony Dod Mantle, Trainspotting 2 perpétue la tradition du «trip» que le premier opus a instauré. Moins entraînant ou barré, la bande de junkies respire encore la nostalgie – comme le film le montre à l’aide de nombreux plans entrecoupés de transpositions des deux époques – et parfois vire dans une profonde mélancolie qui, avouons-le, ne colle pas très bien au récit. Une errance dans l’histoire imaginée par Irvine Welsh, celle de vivre dans son passé, ressasser les erreurs commises jusqu’à en devenir suicidaire. N’ayez crainte, un petit rail et ça repart!

 Plus mature que son prédécesseur, « T2 » suit la courbe de ses protagonistes. Moins portés sur les plaisirs de la défonce, l’heure est à évacuer la déception et se rappeler des bons moments. Boyle, le temps d’une scène ahurissante, repart en «trip» lorsque l’appartement de Sick Boy se transforme en stade de football en ébullition, décortiquant l’idolâtrie que portent Mark et Sick Boy à George Best. Un simple retour en arrière qui transfigure deux amis.

On prend plaisir à voir la manière dont Boyle parvient à «détacher» ses personnages principaux de la réalité. Comme cette mélodie de Underworld en bruit de fond, Trainspotting 2 tend vers la sagesse mais garde ce penchant à se déchaîner à la moindre occasion. Et Danny Boyle poursuit cette quête de la maturité avec une vision plus flegmatique.

Casting: Ewan McGregor, Johnny Lee Miller, Ewen Bremner, Robert Carlyle, Anjela Nedyalkova, Kelly Mcdonald, Irvine Walsh, Shirley Henderson, James Cosmo,

Fiche technique: Réalisé par: Danny Boyle / Date de sortie: 1 mars 2017 / Durée: 1h57min / Genre: Drame / Pays: Grande-Bretagne / Scénario : John Hodge, Irvine Welsh / Photographie: Anthony Dod Mantle / Musique : Rick Smith / Distributeur suisse : Disney