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The Handmaid’s Tale baisse le rideau… jusqu’en 2018

Alors que le dernier épisode de la saison 1 de The Handmaid’s Tale était diffusé aux États-Unis hier soir, les fans, laissés sur une fin qui ouvre des possibilités infinies, vont devoir s’armer de patience. À peine une semaine après la diffusion du premier épisode, Hulu annonçait déjà une deuxième saison pour 2018. Et pourquoi? The Handmaid’s Tale a fait plus d’audience que n’importe quelle autre série retransmise sur la plateforme, séries originales et achetées confondues. Acclamée par la critique internationale, il se dit même que la série pourrait tout emporter sur son passage aux prochains Emmy Awards, le 17 septembre. Et ce serait amplement mérité! Un casting irréprochable, une mise en scène impeccable, un scénario à rebondissements, tous les meilleurs ingrédients sont réunis. Et si certaines séries s’essoufflent après seulement une saison et qu’il est dès lors logique de ne pas rempiler pour un deuxième tour, The Handmaid’s Tale, si richement fournie en personnages en tous genres, a encore beaucoup à dévoiler à propos de leur passé mais aussi de leur avenir, comme le suggère l’épisode 10 qui clôture cette saison en beauté. Si vous ne l’avez pas encore vu, attention SPOILERS en vue dans les prochains paragraphes!

Cette fin, on peut l’interpréter de mille façons différentes. Et c’est peut-être la seule chose prévisible de la trame de cette première saison. On se doutait à moitié que l’on n’obtiendrait pas toutes les réponses à nos questions et elles sont encore nombreuses! En ça, l’ultime épisode répond aux attentes. Mais s’il est un seul mot que l’on peut ressortir de celui-ci, ce serait espoir. Car, n’est-il pas vrai que dans toute bonne dystopie qui se respecte, la perspective d’un jour meilleur est en fait l’unique motivation? Rêver d’un lendemain qui chante pour tenir bon. Offred (Elisabeth Moss) ne fait que ça. Espoir comme ligne directrice, rébellion comme moteur, car dans ce dernier round, Offred semble ne plus avoir peur, elle sait désormais que sa fille est en vie. Regain de hargne et de colère, elle prend le pouvoir sur ses bourreaux en faisant mine de les narguer, à l’image de la scène où Tante Lydia (Ann Dowd) exige des servantes qu’elles lapident l’une des leurs. La peur ne paralyse plus et Offred se pose en leader en accomplissant un geste symbolique: elle tend le bras devant sa supérieure et laisse tomber la pierre à ses pieds. Toutes les autres lui emboîtent le pas. Un geste aussi symbolique que révélateur de la suite des évènements, espérons-le. Prendre le pouvoir sur ses bourreaux encore lorsqu’elle insulte la maîtresse de maison, Madame Waterford (Yvonne Strahovski), ou lors de l’ultime scène, lorsqu’elle quitte le domicile, escortées par les gardes en noir, ne sachant pas où ils l’emmènent mais sachant par contre, que ce soit la fin ou un nouveau départ, qu’elle vit, à ce moment précis, une libération.

S’il y a encore de multiples zones d’ombre au sujet des personnages, celui qui semble être le plus énigmatique entre tous est Nick (Max Minghella), le fidèle chauffeur des Waterford. Est-il un oeil ou pas? Joue-t-il un rôle pour protéger Offred? Chaque personnage, à un moment ou à un autre, laisse entrevoir une part d’humanité parmi ce déferlement de violences en tous genres. Mais Nick reste impassible, raconte peu sur sa vie d’antan, n’exprime pas ses sentiments alors qu’il entretient une liaison avec Offred, cette dernière désormais enceinte de lui, au plus grand bonheur de la maison. Dans ce contexte, où l’annihilation de toute personnalité au service de la communauté de Gilead décuple les émotions, leur relation bravant tous les interdits résonne comme une parenthèse d’espoir et de réconfort qui nous pousse à penser que Nick, aussi fidèle à ses patrons soit-il, fera le bon choix, obligatoirement. On se demande finalement si un éventuel retour à la normalité ne sera pas plus difficile à vivre pour les protagonistes. Au milieu de cette vie dénuée de tout sens, de réels liens se sont construits, laissant une empreinte indélébile et risquant fort de bouleverser le semblant de vie qu’ils leur restent à tous. Quelle place chaque personnage va-t-il prendre et comment chacun réussira-t-il à se réinventer une nouvelle vie sur les cendres d’une autre définitivement révolue? L’attente jusqu’en 2018 va être longue… très longue…