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The Great Wall: droit dans le mur

1700 ans pour construire ce monument de l’histoire. La Grande Muraille, c’est l’histoire, l’ancêtre et la fierté de la Chine. Zhang Yimou – aperçu dernièrement avec le drame Coming Home – part à la conquête d’Hollywood, tout comme la Chine, se prenant les pieds dans le tapis.

Certes les moyens sont là. Les effets spéciaux rendent le spectacle plus acceptable et plaisant à suivre. Malgré le budget colossal, l’originalité est aux abonnés absents pour cette superproduction aux allures de film catastrophe. Des bêtes mythiques, d’après une légende, sèment la terreur et poussent une armée chinoise à se retrancher derrière leur Grande Muraille. Voilà la véritable utilité de l’immense architecture protègeant la capitale.

Les « Tao Tai » à l’assaut de la Chine

Si l’ouverture du film nous rappelle une entrée en matière à la sauce western, la suite coïncide plus à World War Z. À force de repousser les assauts de ces bêtes féroces, la suite du métrage se déroule sur un rythme calibré « guerre », sans développer ne serait-ce qu’un seul personnage pour poser l’emblème du récit. Zhang Yimou réalise un blockbuster qui ne traite à aucun moment des thèmes culturels, il empile les scènes d’action rappelant vaguement les scènes épiques de World War Z de Marc Forster, où les zombies s’agglutinaient pour escalader les murs de la forteresse qui protégeaient les derniers êtres humains non-infectés. 

Dans le but d’abattre la reine de ces créatures étranges, The Great Wall suit la mécanique bien huilée du film qui cherche à divertir, rien de plus. De ce point de vue, le défi est (très) partiellement réussi. Mais le véritable hic se trouve dans le ton moralisateur qui sonne faux. À user du facteur de l’héroïsme prenant le pas sur l’appât du gain, le scénario en prend un coup et laisse le spectateur dans un marasme de bonnes pensées aussi grossières que plates. Oui, l’homme est un être cupide et Dieu – ou les dieux, c’est selon – rappelle la race humaine à ses péchés et la punit par l’arrivée des Tao Tai.

Matt Damon à la rescousse de l’Empire chinois

Décrié par des célébrités chinoises, le premier rôle tenu par Matt Damon – pas mauvais – a fait grincé des dents. William Garin (Matt Damon), un mercenaire occidental, fait équipe avec le dernier survivant de son équipe, Pero Tovar (Pedro Pascal). William va sauver une armée à l’agonie et le peuple chinois, par la même occasion. Mais derrière chaque homme se cache une femme, et le salut de la Chine viendra également du Commandant Lin Mae (Jing Tian). Un duo qui parviendra, grâce à un courage sans faille, à sortir l’Empire du Milieu d’une belle impasse. Une femme qui changera les intentions du mercenaire. Exploitant sa face héroïque et le mettant face à sa destinée. Entendez bien le discours moralisateur du scénario…

Avec son équipe de scénaristes (Carlo Bernard, Tony Gilroy, Doug Miro, Max Brooks, Edward Zwick, Marshall Herskovitz), Zhang Yimou ne prétend pas délivrer un film profond, mais la platitude du scénario, la cascade d’effets spéciaux et une 3D largement dispensable font que «The Great Wall » s’avère être le blockbuster qui vous permettra de faire « brain off », à travers un conte héroïque bien pâle, dont les seuls souvenirs seront que la Chine s’avère chanceuse d’avoir eu la visite intempestive de mercenaires occidentaux.



Casting: Matt Damon, Jing Tian, Pedro Pascal, Willem Dafoe, Zhang Hanyu, Lu Han, Andy Lau

Fiche technique: Réalisé par: Zhang Yimou / Date de sortie: 11 janvier 2017 / Durée: 1h40min / Genre: Action, Aventure / Pays: USA, Chine / Scénario: Carlos Bernard, Doug Miro, Tony Gilroy, Max Brooks, Edward Zwick, Marshall Herskovitz / Photographie: Stuart Dryburgh / Musique: Ramin Djawadi / Distributeur suisse: Universal