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The Founder: le loup dans la bergerie

Ray Kroc n’est pas le fondateur de la chaîne de restauration rapide appelée McDonalds. Non, cet homme d’affaire originaire de l’Illinois a contribué à l’avènement de l’empire McDo tel que nous le connaissons aujourd’hui. En rachetant les parts des deux créateurs de la marque aux deux arches et le concept de fabrication d’hamburgers à la chaîne, Kroc ne se fera pas prier pour débouter Richard (Nick Offerman) et Maurice McDonald (John Carroll Lynch).

The Founder rappelle que la hargne de faire de l’argent, d’acquérir un statut grâce à une ascension dans l’échelle sociale est une chose que l’homme place parmi ses priorités. Ray Kroc usera de son abnégation à bafouer les règles morales dans le but de dénaturer et détruire une affaire familiale florissante. Il n’hésite pas à « écraser » deux frères un peu naïfs pour reprendre le nom de « McDonald’s », un nom qui en impose, comme le souligne l’entrepreneur.

le « self-made man » à l’américaine

Le rêve américain, The Founder vise en plein dans le mille. Alors que Donald Trump fascine beaucoup d’Américains, les aventures de Ray Kroc peuvent faire écho. En construisant son empire sur les « cendres » de l’entreprise de Richard et Maurice, Kroc démontre une hargne sans égal, celle qui lui permettra de grimper les échelons à une vitesse effrénée. Un véritable « rêve américain », dont les citoyens du pays de l’Oncle Sam raffolent. Le « self-made man » parti de rien, vendeur de machines à milk-shake à son époque, devenu milliardaire du hamburger.

John Lee Hancock étudie le « cas Kroc » méticuleusement. Malgré la pauvreté de la bande-son signée Carter Burwell, The Founder dresse le portrait d’un homme amoral, prêt à tout pour arriver à ses fins. Pour preuve, il s’approprie une affaire en contournant les termes du contrat et n’hésite pas à piquer la femme de l’un de ses collaborateurs, Rollie Smith (Patrick Wilson). Une belle description d’un individu que rien n’arrête et pour qui le mot « éthique » n’a aucun sens.

Michael Keaton crache son venin

The Founder n’atteint pas les sommets, il en reste à distance respectable d’ailleurs. Par contre, le métrage propose un rôle qui sied à merveille à Michael Keaton. En homme d’affaire détestable par sa manière d’écraser les autres ou de tout simplement les ignorer, avec comme seul et unique but son propre plaisir. Oui, Keaton prend un malin plaisir à camper l’entrepreneur, avec des mimiques, un regard et un sourire qui en disent long sur ses intentions. L’ex-Batman persiste et signe en donnant ses traits à un homme sans âme grâce à une performance dotée, elle, d’une véritable âme de comédien.

La manière dont le film s’articule autour de la démolition d’une affaire familiale causée par l’ambition néfaste d’un seul homme, dévoile des ficelles intéressantes du biopic de John Lee Hancock. Mais comme après avoir ingurgité un menu Big Mac, on en ressort pas tout à fait rassasié.

Casting: Michael Keaton, Nick Offerman, John Carroll Lynch, Laura Dern, Linda Cardellini, B.J Novak

Fiche technique: Réalisé par: John Lee Hancock / Date de sortie: 28 janvier 2017 / Durée: 1h55min / Genre: Biopic / Pays: USA / Scénario: Robert Siegel / Musique: Carter Burwell / Distributeur suisse: Ascot Elite