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The First : l’apesanteur a un goût amer

Life On Mars est devenu un titre qui fait réagir les mélomanes. Grâce à la maestria de David Bowie, on touche du bout des doigts la planète rouge, on plane jusqu’à elle. En 2018, il n’est plus question de David Bowie, mais de la plume de Beau Williamson avec sa série The First, diffusée sur Hulu depuis le 18 septembre. Une première mission habitée, les premiers pas de l’homme vers une colonisation humaine. Le tout piloté par le chevronné Tom Hagerty (Sean Penn).

Photo copyright : Paul Schiraldi/Hulu

Hulu, depuis son succès avec The Handmaid’s Tale, continue à nous surprendre et nous proposer des séries de qualité. Castle Rock, bien qu’imparfaite, en est également la preuve. The First est une série ambitieuse, écrite par le créateur de House of Cards, Beau Williamson. Nous retrouvons derrière la caméra une réalisatrice comme Deniz Gamze Ergüven (Mustang). Du beau monde, tout comme devant la caméra : Sean Penn, Natascha McElhone (Californication), Hannah Ware ou encore Lisa Gay Hamilton. Un drame spatial à la réflexion humaine et de surcroît, la réalisation d’un projet tel que celui-ci, dans sa sphère gouvernementale et privée.

Le visage marqué de Sean Penn au service d’une épopée spatiale complexe

Le ton très solennel des deux premiers épisodes respire l’humilité, celle d’un astronaute de retour de l’espace. Le cosmos ancré dans le cerveau, les yeux fascinés par les lumières scintillantes des étoiles. Tom Hagerty est surtout un homme blessé, en deuil. Lui, le commandant taillé comme un sportif de haut niveau. Gravité et gravitation ne font qu’un pour Tom, attristé par le deuil de sa femme et en mauvais termes avec sa fille, Denise (Anna Jacoby-Heron), avant que cette dernière ne revienne au bercail. Williamson prend Hagerty comme porte-étendard et suit les rouages d’une mission d’une ampleur internationale. Des coulisses à la pratique, The First bascule sur l’inévitabilité de l’aspect politique d’un événement comme celui-ci. Dans la peau de la boss, Natascha McElhone incarne le côté glacial, calculateur de la mission. Voyez le film Steve Jobs de Danny Boyle comme un indice parfaitement semblable à The First. Jobs, joué pas Fassbender, a cette phrase parfaite : « Les musiciens jouent des instruments, moi je suis le maître d’orchestre », en s’adressant à Steve Wozniak à propos de son rôle dans la société. Laz Ingram (Nastascha McElhone) est ce genre d’individu, en plus mesuré.

Photo copyright : Paul Schiraldi/Hulu

Champ contre champ, discussions animées, écriture maîtrisée. The First est cette série carrée, onirique aussi, qui s’intéresse davantage à la fascination de l’homme pour l’univers et son trou financier qu’on pourrait qualifier d’extravagant. L’EPFL dressait encore un chiffre sur les coûts d’une expédition du genre. Le dévouement d’astronautes obnubilés par la réussite d’une telle mission et les dirigeants assis dans leur bureau à commander une équipe à distance. L’homme et l’univers, une grande histoire d’amour et de haine. Je t’aime, moi non plus. Beau Williamson parle de sacrifice, humain et financier, de rêve et d’onirisme. The First s’équilibre entre la dévotion et la réflexion. Balance instable, avec comme point d’équilibre Tom Hagerty, tiraillé par l’héroïsme et son responsabilités de père. Et même si les épisodes 3 et 4 fonctionnent moyennement, même si The First est clairement lacunaire, il y règne un raisonnement qui fascine. Une démonstration d’amour et d’humilité.

Casting : Sean Penn, Natascha McElhone, Hannah Ware, James Ransone, LisaGay Hamilton, Anna Jacoby-Heron, Melissa George

Fiche technique : Créée par : Beau Williamson / Date de diffusion : 14 septembre 2018 / Chaîne : Hulu / Format : 45 min – 8 épisodes