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The Drums : « Si nous étions un groupe c’est surtout parce que je manquais de confiance en moi. »

Aujourd’hui, The Drums ce n’est plus que Jonathan Pierce. Les autres ayant quitté le navire pour mener à bien leurs projets musicaux personnels, l’américain sera seul aux commandes lors de son prochain passage en Suisse, aux Docks de Lausanne le 19 septembre, pour présenter son dernier album Abysmal Thoughts, qu’il a entièrement écrit et enregistré lui-même. De son évolution musicale aux titres qu’il écoute en boucle, en passant par son aventure solo au sein de The Drums, Jonathan s’est mis à nu lors d’un entretien avec THE APOLOGIST.

 

Jonathan, vous avez écrit et produit votre dernier album Abysmal Thoughts. Est-ce l’album dont vous êtes le plus fier?

Je pense que si je devais être fier d’un de mes albums, ce serait celui-là, en effet. Je n’ai pas seulement écrit et enregistré l’entier de cet album mais c’est aussi le premier opus qui représente complètement la personne que je suis et ce que je ressens. Je le considère comme étant mon premier album totalement ouvert et honnête. Il m’a fallu des années avant de pouvoir vraiment partager mon coeur, ce que je ressens. Et maintenant on y est et je ne pourrais pas imaginer écrire un album de façon différente à présent.

Depuis votre premier album en 2010 à Abysmal Thoughts sept ans plus tard, comment décririez-vous votre évolution musicale?

D’un point de vue musical, je pense que le nouvel album respecte beaucoup de règles que j’ai fixées très tôt dans ma carrière et de ce que j’attends d’un album pop. Je pense que si tu étais assis dans un bar et que tu entendais une chanson de Abysmal Thoughts à la radio, tu saurais tout de suite que c’est de The Drums. Je pense par contre que la différence majeure réside dans les paroles. Il y a désormais un degrés d’expression plus élevé qui émane de chaque morceau. J’ai également commencé à utiliser l’humour noir tout au long de l’album. Et parce que les paroles de l’album étaient plus vives, plus audacieuses, je voulais que le tout sonne tout aussi vif et percutant. J’ai donc apporté l’album à un ingénieur du son et nous avons travaillé sur chaque son pour s’assurer que ça rende exactement comme nous le voulions. Le résultat est un album beaucoup plus coloré musicalement parlant. Il y une plus grande dynamique. Les basses sont plus profondes que sur les albums précédents, les voix plus présentes et moins « passées ». C’est un voyage plus excitant. J’ai aussi commencé à m’amuser avec divers autres instruments tels que le saxo, la trompette, la « lap steel guitar » et les percussions. Putain, j’ai même joué d’un sifflet d’entraînement de sport!

Sachant que vous êtes le seul membre-fondateur restant au sein de The Drums, comment vous êtes-vous adapté à cette nouvelle configuration? Y-a-t-il une grosse différence dans votre façon de faire lorsque vous créer un album?

Et bien, à part avoir plein de chanson à disposition, j’ai toujours été le seul à écrire et enregistrer, depuis le tout début. C’était ma propre idée. J’ai toujours su que je pouvais faire un album mais avec moins de personnes autour de moi. J’étais capable de bosser sans cette sorte de pression juste pour faire plaisir aux autres. C’est ça la différence majeure. J’imagine que ça peut sembler effrayant de travailler seul, mais, à moi, ça ne m’a jamais fait peur. C’était même vraiment excitant.

Pour vous, travailler en solo c’est donc plus un avantage? Plus de liberté? Mais peut-être une dynamique de groupe en moins…

J’ai vraiment la sensation que si nous étions un groupe c’était juste parce que je manquais de confiance en moi. J’étais terrorisé à l’idée de me lancer et de faire ça tout seul. Je pensais que les gens s’en foutraient si ce n’était que moi. Et peut-être que j’avais raison? Ou peut-être pas. Donc j’ai écrit des chansons dans une optique de « groupe » et j’ai choisi des personnes pour m’entourer et voilà le groupe c’était ça! Je pense que c’est la principale raison qui a poussé les autres membres à partir. Ils ressentaient certainement que The Drums c’était mon bébé, et même si j’ai tout fait pour les y inclure, il y avait peut-être quand même trop de personnes à bord malgré tout.

Maintenant que vous êtes seul à bord, avez-vous déjà pensé à changer de nom, lâcher The Drums et prendre votre propre nom?

J’y pense tous les jours mais je dois être réaliste. Cela fait plus d’une décennie que je travaille afin que The Drums soit un groupe digne de ce nom. Jusqu’à maintenant, je pense avoir fait un job correct mais c’est un boulot à plein-temps. Beaucoup de gamins que je connais et qui ont fondé des groupes, à succès ou non, sont nés avec une cuillère d’argent dans la bouche. Je ne suis pas né d’une riche famille et mon groupe n’a jamais gagné plein d’argent. Je considère mon groupe comme « un groupe en col bleu ». On arrive le matin, on bosse comme des dingues et le lendemain on recommence à zéro. Changer de nom serait un gros risque, mais à nouveau, au plus profond de moi, je ne suis pas vraiment une personne très prudente.

On passe aux questions plus générales. On est curieux de connaître votre top 3 des titres de votre playlist du moment…

The Sugarcubes avec Fucking In The Rythm And Sorrow, Juan Waters avec Waters et The Roches avec The Hammond Song.

Quel artiste avez-vous découvert récemment et qui vous inspire?

Il n’y en a pas vraiment. Je ne suis pas vraiment le genre de type aller chercher de la nouvelle musique. Je suis plutôt du genre à attendre que ça vienne à moi. Ceci dit, ces derniers temps, j’ai beaucoup écouté The Roches. J’aime bien leur chanson I Love My Mom.

Comment décririez-vous votre album en un mot?

Vif.

Nous nous nommons THE APOLOGIST. Si vous deviez faire l’apologie de quelqu’un, qui choisiriez-vous?

Obama. Il me manque beaucoup, beaucoup, beaucoup.