Search for content, post, videos

The Cats Never Sleep : « On a trouvé essentiel de ne pas rester fixé sur un groupe »

Il est toujours bon de s’intéresser à notre scène helvétique et pas qu’à l’excellente scène zurichoise, mais aussi du côté romand. Une brochette de groupes commence à pointer le bout de leur nez, à truster les prog’ des festivals de la région – et nationaux – et à trouver une place de choix sur les playlist de plusieurs radios. Et le Nox Orae n’a pas hésité à programmer l’un d’eux : The Cats Never Sleep. Un joyeux quintette qui végète au milieu de plusieurs autres formations issues de la même ville : Genève, là où les projets musicaux foisonnent dorénavant.

Entre Cold Bath, L’Eclair, Magic & Naked, The Rebels of Tijuana, Cosmic Fields et on en passe, une petite quinzaine de musiciens genevois se bousculent pour dynamiser cette scène genevoise qui pullule de projets ambitieux. Grâce à des labels tels que le Pop Club, Rock This Town ou Cheptel Records, le bout du lac électrise notre scène romande et c’est tant mieux. Ainsi, la rencontre avec les sympathiques The Cats Never Sleep rappelle que la Suisse commence à se constituer une belle scène musicale. Interview.

 

Pourquoi The Cats Never Sleep ?

Tout simplement parce que l’un de nous avait comme prof de guitare Robin Girod de Mama Rosin. Et le groupe avait produit une chanson qui s’appelait The Cats Never Sleep, alors que mon chat venait de péter ma guitare en deux. Alors on voyait un sens à nommer notre groupe ainsi.

On sent une influence Brit-Rock-Pop. Les influences viennent de la scène britannique ou pas du tout ?

Justement, on a commencé la musique avec des mecs comme ceux qu’on entend en ce moment (ndlr : Ty Segall était en plein concert), en plus de la scène qui vient de San Francisco. Pour nous, c’était le début de nos influences. On avait tous une culture musicale, avant qu’on ne se rencontre, qui était assez basée sur le rock sixties et seventies, de Black Sabbath à Led Zeppelin. Ensuite, au début on tentait de s’en détacher et après on est revenu à cette mode seventies, de mélanger aussi la musique allemande des années 70, comme Kraftwerk. On consomme beaucoup de musique et on se nourrit de groupes aussi actuels comme Tame Impala ou Pond. Il y a plusieurs générations qui s’entrechoquent.

Si on se réfère à votre dernier album Massage, les titres nous emmènent dans un tour du monde musical. Pourquoi ces appellations ?

Comme on peut le voir sur la pochette, on est au Japon. L’idée est de se faire masser au Japon. Les titres traduisent un tour du monde musical et, par exemple, Kinshasa-Düsseldorf est l’exotisme de plein d’endroits différents. Le contraste du groove africain avec celui de l’Allemagne sonnent comme deux extrêmes culturelles. L’album est un patchwork de tout ce qui nous a influencé, tout ce qu’on a envie de faire et de réaliser. C’est sûr que ce n’est pas l’album le plus cohérent du monde parce que ça peut paraître désordonné comme nous avons confectionné l’album. En fait, notre ligne directrice reflète juste notre envie de faire la musique qui nous plaît. Au final, c’est un amour des musiques du monde.

Si nous revenons à la scène genevoise qui grimpe de plus en plus. Si on y regarde de plus près, vous êtes une sorte de mafia, vous êtes tous dans plusieurs groupes et projets. Pourquoi ?

C’est clairement la mafia ! Et il y a encore d’autres projets cachés qui vont apparaître dans 1 voire 2 ans. On a trouvé essentiel de ne pas rester fixé sur un groupe, mais plutôt de voir ailleurs et de développer nos idées. Ce serait trop difficile de rester cantonné à un seul groupe parce qu’on a des envies musicales et on a pas mal d’amis motivés et compétents. On a une grosse faim de musique et de toucher à plusieurs univers, plusieurs états d’esprit différents. Plus on a de groupes, plus on peut jouer.

Mais vous n’avez pas cette peur de vous perdre artistiquement avec ces nombreux projets ?

On s’y perd quelques fois. De plus, on se retrouve confronté à des problèmes d’organisation. Mais c’est hyper important de varier les plaisirs et les styles. Et cet aspect « mafia » il est important parce que tu trouves des personnes qui ont les mêmes envies que toi et de fil en aiguille tu multiplies les projets avec des personnes avec qui tu as un bon feeling. On est une bonne bande de potes avec la même vision de la musique.

Et que se passe-t-il à Kerwax pour que vous vous y rendiez souvent pour enregistrer ? (ndlr : studio situé à Loguivy-Plougras, en Bretagne)

C’est un concours de circonstance. En fait, l’un de nos potes, un ingénieur son qui est là depuis le début, avait déjà travaillé là-bas. Il avait une porte d’entrée là-bas et on avait cette envie d’enregistrer sur bande plutôt que sur ordinateur, même si c’est cool de le faire, mais sur bande il y a ce côté organique. Kerwax s’y prêtait parfaitement et dans le timing c’était parfait. Un choix qu’on ne regrette pas du tout.

C’était pas cette envie de partir à l’étranger pour se déconnecter et rester loin de ses amis et de la Suisse ?

Hormis Alex qui a enregistré avec Cold Bath (ndlr : Alex est le chanteur de Cold Bath) dans des studios à Genève, on est toujours parti pour enregistrer à l’étranger. Du reste, le départ à l’étranger est bénéfique parce que tu ne penses qu’à ton disque et rien d’autre. Faire un disque, être autarcique, rester les 5 pour produire un disque, c’est la meilleure des manières pour rester complètement immergé dans un processus de création. Tu te réveilles à 8 heures… enfin non, à 9 heures (rires) et tu te plonges corps et âme dans le truc qui te plaît le plus au monde. Cet album est le fruit d’un travail entre 5 membres d’un groupe. On pourrait qualifier ça de « vacances de travail ».

Dernière question, pourquoi Zico, le transfert de Neymar au PSG et ces nombreux clins d’oeil au ballon rond ?

(rire) On a du plaisir à jouer au foot durant nos temps morts après les soundcheck ou les concerts. Il y a un véritable plaisir de jouer au foot et c’est vrai que c’est un sport qui est universel. T’es perdu au milieu de nulle part dans les montagnes himalayennes et d’un coup, tu aperçois un terrain de foot au milieu de la brume. Tu vas dans les bas-fonds de Lima, tu y trouves un terrain de foot. Il y a une telle diversité et universalité dans le foot, même si on critique vertement les dérives financières des clubs, on aime jouer au foot comme on aime jouer de la musique. On le fait avec le coeur !