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Spider-Man : New Generation : passage de flambeau épileptique

Dans le monde de l’animation, on a vu les studios Pixar prendre l’ascendant, ou les studios Laika se tailler une belle part du gâteau. Pour ce volet spécial de Spider-Man, le comic animé prend une toute autre allure dans le cinéma d’animation. Un peu de sang frais, où la relève de l’homme araignée est assurée.

Miles Morales est un étudiant sans histoire originaire de Brooklyn. Son contact avec une araignée radioactive, alors qu’il peignait avec son oncle Aaron (Mahershala Ali) un mur d’une allée condamnée du métro new-yorkais, le propulse dans une autre dimension. L’ado est dorénavant un défenseur de la ville. À cela se greffent différents Spider-Men pour dresser un multivers. Peter Parker n’est plus le seul à New York, il y a un Spider-verse.

Faille spatio-temporelle

Chassé par Wilson Fisk (Liev Schreiber), alias Kingpin, Miles est l’héritier après la mort prématurée de Peter Parker. Mais si tout le monde pleure le héros local, Kingpin s’est emmêlé les pinceaux et a laissé une faille interdimensionnelle. Débarque un Peter B. Parker (Jake Johnson) plus gras, déprimé et même très maladroit. Héritier de la sécurité de New York, le jeune Miles va se confectionner un costume de Spider-Man en phase avec son temps, très « street » et prendre conscience de son nouveau don. S’ensuit de nouveaux personnages : Gwen Stacy (Hailee Steinfeld), Spider-Ham (John Mulaney), Spider-Man dark genre Sin City (Nicolas Cage) et Peni Parker (Kimiko Glenn).

Photo copyright : Sony Pictures

Bob Persichetti, Peter Ramsey et Rodney Rothman s’amusent comme des petits fous avec un format comic animé, avec des bulles qui défilent à toute vitesse. Le travail titanesque en matière d’animation démontre un amour certain pour les origines de l’homme-araignée. Il suffit d’attendre la fin du générique pour s’apercevoir que l’équipe de réalisateurs, et également ici en matière de producteurs Phil Lord et Christopher Miller, avancent avec le souhait de rendre un hommage appuyé et humoristique. Le virage comique plutôt bien amorcé, avec quelques blagues furtives, puise dans une recette efficace que Marvel use jusqu’à la corde. Comme pour Thor, Spider-Man : New Generation s’en sort.

Divertissement à la hauteur

Là où le bât blesse, c’est avant tout ce montage épileptique, kaléidoscopique, irritant pour l’oeil et indigeste pour le cerveau. L’entrée en matière dérape dans cette insupportabilité, calibrée pour captiver un public ado habitué à s’envoyer 150 images à la seconde. Une fois les yeux habitués, la première partie se déroule sur un rythme effréné, absolument nerveux, où tout s’imbrique de manière ingénieuse. Les choses se compliquent au moment où les personnages s’entrechoquent dans une même dimension. Le récit perd de son mordant, même si le contexte bande-dessinée et la texture de l’animation parviennent à nous garder dans le jeu.

Si ce n’est pas le feu d’artifice escompté, difficile de bouder son plaisir en visionnant le travail produit. Un boulot méticuleux, une patte qui change de l’animation « pixarienne » devenue (presque) légion. Un travail graphique moderne pour un tout nouveau Spider-Man à l’énergie folle, où le hip-hop et le R’n’B font rage.

Casting (voix) : Shameik Moore, Jake Johnson, Mahershala Ali, Hailee Steinfeld, John Mulaney, Liev Schreiber, Kimiko Glenn, Nicolas Cage

Fiche technique : Réalisé par : Bob Persichetti, Peter Ramsey, Rodney Rothman / Date de sortie : 12 décembre 2018 / Durée : 120 min / Scénario : Phil Lord, Rodney Rothman / Musique : Daniel Pemberton / Distributeur suisse : Sony