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Sex Education : en-dessous de la ceinture, oui mais…

Photo copyright : Jon Hall/Netflix

Comment ne pas consacrer quelques lignes au petit phénomène Netflix du moment ? En toute honnêteté, il semble qu’il n’y ait pas une sortie sur Netflix qui ne se transforme en évènement et ne déclenche l’hystérie de hordes de fans. Des acteurs méconnus se retrouvent soudainement catapultés comme stars du petit écran et Sex Education et ses interprètes ne font pas exception. La série, sortie le 11 janvier, fait un carton auprès d’un large public et il semblerait qu’une deuxième saison soit en préparation si l’on en croit les dires de sa créatrice, Laurie Nunn. En même temps, on s’en serait un peu douté au vu du dernier épisode de cette première saison.

Otis (Asa Butterfield) vit avec sa mère, thérapeute, sexologue et écrivaine (Gillian Anderson). Adolescent réservé, lui et son meilleur pote Eric (Ncuti Gatwa) ne sont pas ce que l’on pourrait appeler les « cool kids » du lycée. Malgré les grandes connaissances théoriques d’Otis en matière de sexe – avoir une mère sexologue ça aide – il ne parvient pas à surmonter ses phobies sexuelles, paralysé par un mystérieux blocage. Un jour, Maeve (Emma Mackey), la rebelle du lycée, lui propose de faire équipe pour un projet des plus étonnants : organiser des séances payantes de thérapie/conseils d’éducation sexuelle au sein de leur école afin de venir en aide aux élèves désemparés, en quête de réponses à leurs ennuis libidinaux. Et ils sont nombreux ! Otis se lance dans l’aventure, quelque peu charmé par la jolie Maeve. Mais où toute cette histoire le mènera-t-il ?

Des tabous et de l’humour

Un série pour ado ? Pas vraiment. Si elle prend place dans un lycée et s’intéresse aux relations intimes de ses occupants, qu’on se le dise, ça vise plutôt un public un poil plus averti, rien qu’un poil. Dès la première scène, on est mis dans le bain : ça va parler cul tout du long. On vous l’accorde, avec un titre comme ça, on aurait difficilement imaginé parler poterie sur glaise. Oui mais voilà, ce qui aurait pu être au mieux d’un ennui affligeant et d’une banalité niaiseuse, au pire d’un mauvais goût certain, se révèle être une réussite sur toute la ligne. Pourquoi ? Et c’est la force de la série : elle parvient à traiter de la sexualité avec humour, empruntant un ton direct certes, mais neuf et décalé, balayant d’un revers de la main tous les clichés contemporains. Grâce à des personnages touchants et drôles à souhait, les histoires de coucheries des uns et des autres, abordées frontalement, brisent les codes et les tabous encore existants. Dans ce lycée, tout le monde s’envoie en l’air ou, tout du moins, tout le monde ne pense qu’à ça. Entre homosexualité refoulée, homophobie, travestissement, phobies sexuelles, quête identitaire et mal-être social, tout y passe. Sex Education ou l’art de traiter de thématiques sérieuses avec une légèreté des plus intelligentes. Le mot est lâché : la série est intelligente, tant dans son traitement que dans son écriture.

Photo copyright : Sam Taylor/Netflix

Un univers décalé pour des personnages subtilement écrits

Et quand on pense à une écriture intelligente, on pense surtout aux personnages. Accoutrés comme dans les années 80′, si bien que l’on se demande parfois dans quelle époque on se situe. À mi-chemin entre un Marty McFly et les sombres heures fashion de Madonna, jupons et cheveux permanentés obligent, les élèves brandissent leurs smartphones à chaque occasion. Et cette ambiguïté temporelle justement ajoute une dose d’humour, une note décalée qui rendent la série et ses personnages encore plus uniques. À commencer par Otis, joué par Asa Butterfield, aperçu notamment aux côtés d’Eva Green dans Miss Peregrine et les Enfants Particuliers de Tim Burton en 2016. Avec ses éternels pantalons en velours côtelés, entre sagesse et immaturité, il vole d’un extrême à l’autre. L’acteur au regard bleu magnétique rend son personnage très attachant, mi-ado, mi-adulte, peu aidé par une mère (Gillian Anderson) très, trop occupée à vouloir toujours tout verbaliser. L’inoubliable agent Scully endosse un rôle à l’opposé dans Sex Education. Sexologue, elle aide les autres à se reconnecter avec eux-mêmes et avec leur conjoint/e mais a, elle-même, besoin de faire la paix avec certaines choses également. En vérité, il n’y a pas pas un seul personnage dans Sex Education qui ne soit pas drôle et attachant. De l’interprétation tout en nuance d’Emma Mackey à la prestation touchante de Ncuti Gatwa, deux acteurs peu connus jusqu’alors, aucun protagoniste n’est un faire-valoir. Ainsi, le jeu des acteurs, l’écriture intelligente ainsi que le rythme du récit ne faiblissant à aucun moment font de Sex Education une série à consommer au plus vite si ce n’est pas déjà fait. Vous savez ce qu’il vous reste à faire ce soir…

Casting : Gillian Anderson, Asa Butterfield, Emma Mackey, Ncuti Gatwa, Connor Swindells, Kedar Williams-Stirling, Alistair Petrie, Aimee Lou Wood

Fiche technique : Créée par : Laurie Nunn / Réalisée par : Kate Herron, Ben Taylor / Chaîne : Netflix / Diffusion : 11 janvier 2019 / Format : 8 épisodes – 50 min