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Sara McCoy en grande prêtresse du Cully Jazz 2019

Quand Blue Note Records signe un artiste, c’est nécessairement un sacré poisson dans les filets. Sarah McCoy est cette prise magistrale. Un coffre, une voix unique qui grandit et rugit. Touchée par la grâce de Dieu, la chanteuse souffle l’incertitude, mais elle apparaît comme cette boussole qui vous guide. La profondeur vocale rappelle Amy Winehouse, on se plonge dans une mélancolie semblable à Sol Seppy ou on flirte avec l’originalité de Zola Jesus. Mais le plus flagrant, c’est l’ombre de Janis Joplin couplée à celle de Nina Simone, survolant l’entièreté de « Blood Siren », le nouvel album de l’artiste américaine. On fonce tête baissée pour s’abreuver sans discontinuer du timbre grave de la native de Brooklyn.

La Nouvelle-Orléans comme point de chute

Sa vie a quelque chose d’assez fou, de très « Kerouacien ». Son père, policier à Brooklyn, meurt alors qu’elle est âgée de 15 ans. À 20 ans, elle prend la route à travers les États-Unis et s’arrête à la Nouvelle-Orléans, son point de chute artistique. Terre promise pour celle qui va dériver jusqu’en France, dans les studios de Ferber à Paris. C’est sous la houlette de Chilly Gonzales qu’elle va faire évoluer son répertoire et déballer les 13 morceaux de son premier opus. Un voile enchanteur et triste, comme ces grandes embardées sur les routes américaines. Un divin mélange qu’on sent avec « Someday » ou le très beau « Mamma’s Song », de magnifiques pistes à la fragilité délicieuse.

Sarah McCoy vit, retranscrit la musique dans son plus bel écrin. Intemporelle, elle respire l’atmosphère particulière de la Louisiane. Visualisez ce vieux piano crasseux et ce pianiste courbé jouant dans l’angle d’un bar lugubre, à la lumière crépusculaire, et vous tenez la retranscription de son répertoire. Le Cully Jazz ne s’est pas trompé en la programmant. Le vendredi 5 avril, McCoy soufflera un air ensorcelant au Temple.