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Sabrina Spellman à l’ennuyeuse cour des sorciers

Rappelez-vous de vos après-midis sur France 2 à regarder les aventures de Sabrina, l’apprentie sorcière. C’était en 1997, et Melissa Joan Hart était devenue l’idole des jeunes (même si on exagère légèrement) avec son chat bavard répondant au nom de Salem, devenu depuis l’objet de nombreux gif. Cette fois-ci, Sabrina Spellman, sous pavillon Netflix, explore de plus sombres sentiers, loin de la sitcom rigolote des années 90. Le Bien et le Mal, sensualité et hémoglobine, c’est une autre paire de manche pour la version 2018.

À la place de Melissa Joan Hart, on retrouve Kiernan Shipka (Mad Men, February) dans la peau de Sabrina Spellman, une jeune lycéenne de 16 ans à l’aube d’un changement radical dans son existence : choisir son camp. Fruit de l’union entre un sorcier et une mortelle, elle doit choisir le clan qu’elle va rejoindre au cours d’une messe sombre. C’est d’ailleurs son côté « métissé » qui lui est reproché par la communauté des sorciers. Son père aurait conclu un pacte avec le diable pour pouvoir épouser une mortelle. Un règle sacrée bafouée selon les sorciers.

Riverdale au lycée des sorciers

Orchestrée par le showrunner de Riverdale, Roberto Aguirre-Sacasa, Les Nouvelles Aventures de Sabrina ressemblent à l’univers du show produit par CW. Vous retrouverez également quelques clins d’oeil à des classiques du cinéma tels que Rosemary’s Baby. La ville de Greendale, où l’histoire se déroule, pourrait sortir tout droit de l’imagination de Tim Burton. Un petit penchant gothique et terrifiant. Aussi, il est difficile de ne pas entrevoir un petit clin d’oeil à Harry Potter. « Votre réputation vous précède, Sabrina Spellman », entend-on à son arrivée à la faculté des Arts Invisibles. La rockstar Spellman est connue comme le loup blanc, mais elle, n’a pas de cicatrice en forme d’éclair. C’est elle la foudre, une jeune fille dotée d’un caractère trempé.

Photo copyright : Netflix

À la recherche de son identité, un passage de l’adolescence à l’âge adulte, une adolescente qui devient femme. Cette première saison des aventures de Sabrina est propice à n’importe quelle réflexion sur son rite de passage obligé entre son costume de sorcière ou de lycéenne. Sorts maléfiques et chuchotements étranges, le remake millésime 2018 se veut horrifique, avec des démons et des petits sursauts (la séquences dans le labyrinthe de paille est assez réussie), loin des standard comiques de 97. Noirceur, satanisme et même sensualité, Aguirre-Sacasa ose changer la donne et tend vers une histoire plus mature et adulte. Malgré les bonnes intentions et un premier épisode efficace, Les aventures de Sabrina Spellman tournent vite en rond. Schéma narratif très convenu et répétitif, la mécanique se dérègle et sombre dans le cliché. Autre aspect irritant, série américaine oblige, les quotas méticuleusement respectés : cousin homosexuel, amie afro-américaine, féministe et caricaturale. Oui, ça devient irritant à force de recycler ces rôles « obligatoires ».

Shipka passe l’examen avec mention

Débarrassée des clichés caricaturaux de l’organisation féministe, Kiernan Shipka réussit joliment son baptême du feu dans le rôle de Sabrina Spellman. Très appliquée, elle parvient à transmettre une vraie intensité et donne du relief à son personnage. Son regard, très franc, la rend un peu plus mystérieuse et même maléfique. Loin d’être le cas de son petit copain, Harvey (Ross Lynch), un personnage qui n’amène pas grand chose à l’histoire. Par contre, les deux tantes, jouées Lucy Davis et Miranda Otto, amènent une touche réjouissante à l’histoire. Deux catalyseurs, deux mamans de substitution au caractère opposé, avec leur lot de petites vannes. Dès que les deux premiers épisodes sont avalés, la suite est un enchevêtrement d’événements qui a pour but premier de nous amener à la fameuse messe noire, avant de projeter Sabrina dans un nouveau milieu suite à son épopée au lycée des mortels. Mais rien de tout ça ne nous entraîne dans le tourbillon de sorcelleries espéré. Le sort ne marche pas. Une série qui se veut plus sombre en faisant table rase du passé, mais à trop vouloir être dans l’air du temps, les personnages frôlent la caricature.

 

Casting : Kiernan Shipka, Ross Lynch, Lucy Davis, Chance Perdomo, Michelle Gomez, Jaz Sinclair, Miranda Otto, Richard Coyle

Fiche technique : Créée par : Robert Aguirre-Sacasa / Date de diffusion : 24 octobre 2018 / Chaîne : Netflix / Format : 52 min – 10 épisodes