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Requiem : sur les traces d’une enfance volée

Netflix s’associe à la BBC pour produire Requiem, série créée par Kris Mrksa. Un drame mystérieux qui nous emmène de Londres à une petite ville du Pays de Galles, où, malgré ses allures de petite bourgade paisible, des événements étranges vieux de 23 ans ne cessent de hanter encore les lieux.

Matilda Gray (Lydia Wilson) est une violoncelliste de renommée mondiale. Alors qu’elle est une véritable star dans son domaine, elle vit un affreux cauchemar : elle est témoin du suicide de sa propre mère. Cette dernière se tranche la gorge dans un parking lugubre. Débute un requiem, celui de Matilda qui décide de mener elle-même l’enquête, de comprendre pourquoi une telle chose a pu arriver à sa mère. Les questions demeurent. Elle se décide à explorer toutes les pistes et arrive à une photo qui la propulsera dans un petit patelin gallois.

Souffle étrange, chuchotements qui glacent le sang

Dans un premier épisode où les choses s’enveniment très rapidement, les coïncidences et les raisons poussent Matilda à rapidement chercher. Son arrivée imminente à l’autre bout du Pays de Galles, accompagnée de Hal (Joel Fry), son partenaire de représentation, aura pour conséquence de donner un gros coup de pied dans la fourmilière. Elle découvre une femme, Rose Morgan (Claire Rushbrook), qui aurait un lien avec sa défunte mère. Sa venue est mal accueillie et le village s’en mêle, la voit comme une pestiférée et une menteuse. Il y a de quoi puisqu’elle prétend être Carys, la petite fille disparue il y a près de 23 ans.

Photo copyright : Netfl

Personne ne la croit, tout le monde l’évite, la repousse. C’est Nick Dean (James Frecheville) qui sera le premier à lui ouvrir sa porte. Lui qui vient d’hériter d’un manoir familial après la mort de son oncle. Il propose de les héberger dans son humble demeure. Un manoir que Matilda connaît, qu’elle reconnaît sur une photo que sa ma mère possédait. Les pièces du puzzle s’alignent et son enquête la mène sur les traces de son enfance. Le souffle étrange qui lui caresse le dos, les chuchotements incessants et glaçants lui indiquent des pièces qu’elle-même ne connaissait pas, sauf son subconscient. Des visions, des flashbacks, des chemins caillouteux, une grotte sombre. Les entrailles du mal s’offrent à Matilda, mais son instinct le pousse à continuer à foncer tête baissée pour faire la lumière sur son passé.

Secrets enfouis dans une musique grinçante

Les violoncelles grincent, amènent une touche encore plus mélancolique et incertaine à Requiem. C’est bien là, dans ce climat d’incertitude que Requiem parvient à trier son épingle du jeu. La mise en scène très tenue, un scénario détaillé avec une (grosse) brochette de personnages qui se croisent et se mélangent ont tendance à vous perdre à force d’en fourrer là où il en faut. Petit bémol alors que les deux premiers épisodes sont d’excellente qualité, le troisième et le quatrième perdent en intensité. Les raccourcis pris par Kris Mrksa apparaissent comme une issue facile. C’est sans compter avec une fin en apothéose. Un dénouement incertain et surprenant, qu’on pourrait même qualifier de brillant.

Requiem évoque des séries comme Broadchurch ou (légèrement) True Detective. Son traitement très propre, tant scénaristique que photographique, propose une délicieuse immersion inquiétante. La musique grinçante de Dominik Scherrer et Natasha Khan ajoute une autre dimension au récit, à la moindre parole ou autre souvenir morbide. Le spectre de la mère de Matilda rôde, la suit et la guide. Un défilé de personnages et de visages pour enfin découvrir pourquoi Matilda s’aperçoit petite fille dans une grotte mystérieuse. Est-elle Carys ou non ? Le requiem a sonné !

Casting : Lydia Wilson, Joel Fry, Tara Fitzgerald, Joanna Scanlan, Claire Rushbrook, Richard Harrington, Brendan Coyle, Clare Calbraith, James Frecheville

Fiche technique : Créée par : Kris Mrksa / Date de sortie : 23 mars 2018 / Chaîne : Netflix, BBC / Format : 6 épisodes – 52 min / Pays : Grande-Bretagne