Search for content, post, videos

Quicksand : que vaut la première série suédoise made in Netflix ?

Netflix continue encore et toujours son expansion internationale. Première création originale suédoise du mastodonte du streaming, la série Quicksand se base sur le best-seller de Malin Persson Giolito intitulé « Rien de plus grand », (titre original : « Störst av Allt »).

Photo copyright : Johan Paulin / Netflix

À Danderyd, la banlieue la plus huppée de Stockholm, vit une flopée de beaux et jeunes gens, chanceux d’avoir des parents richissimes. Entre sorties en yacht dans le sud et soirées gargantuesques dans les demeures familiales, les ados vivent une existence de rêve. Au milieu de ces petits veinards, Maja Norberg, ses amis et surtout son petit copain Sebastian. Riches et cool, les 2 tourteraux forment le couple parfait que tout le monde envie. Si en surface tout est lisse et magnifique, sous les couches de pognon et d’hypocrisie, la vie de Sebastian n’est pas vraiment folichonne. Une mère partie on ne sait où, un père peu aimant, absent la plupart du temps et préférant raconter les exploits du grand frère à Harvard, le jeune Sebastian brûle la chandelle par les deux bouts en fêtant plus que de raison. Après quelques mois de relation, Maja découvre les travers de son petit ami, remettant leur histoire en question. Elle finit par tomber dans une spirale sentimentale dont l’issue sera dramatique : une fusillade dans le lycée, tuant élèves et professeurs. Le cauchemar commence alors pour l’adolescente, accusée de complicité de meurtre et incitation à tuer. Emprisonnée en isolement, dans l’attente de son procès sur-médiatisé, elle passe plusieurs mois seule entre les 4 murs de sa cellule, sans télévision, livres, radio ou journaux et sans possibilité de recevoir des visites, si ce n’est celles de son avocat. Mais la question demeure : a-t-elle réellement commis les faits qu’on lui reproche ?

Et ça fait plouf !

Tiré du roman à succès « Störst av Allt » de l’ex-avocate Malin Persson Giolito, Quicksand promettait, dans son trailer, une série haletante, bourrée de tension et de suspens. On vous arrête tout de suite, il n’en est rien. L’histoire se déroule en réalité quelques mois après la fusillade, alors que Maja est incarcérée. Du fond de sa cellule, l’adolescente se remémore les balbutiements de sa relation avec Sebastian, sa chute, ses relations parfois tendues avec ses amis Amanda et Samir, avec ses parents ainsi qu’avec le père de Sebastian. Des bribes de souvenirs qui s’emboîtent et reconstruisent petit à petit le puzzle d’un drame à venir, démêlant le vrai du faux pour conduire à la vérité.

Photo copyright : Johan Paulin / Netflix

Des séries d’ado, il y en a à la pelle ces derniers temps, alors mieux vaut se lever tôt pour tirer son épingle du jeu. Quicksand n’y parvient pas. Le problème majeur ? Dès le début, tout est joué d’avance. Les ficelles de l’intrigue, aussi voyantes qu’un short de bain sur une plage nudiste, passent difficilement le test, l’échouent en réalité. Ce qui auraient dû être une histoire basée sur les doutes et les interrogations se révèle être d’une prévisibilité affligeante. Les questions centrales : Maja est-elle coupable et si oui, quel est son mobile ? Le téléspectateur peut y répondre lui-même. Les 6 épisodes traînent en longueur, tout ça pour finalement nous dire ce que l’on sait déjà. Le twist de fin tant attendu, celui qui aurait pu faire basculer l’histoire d’ado plutôt standard du côté sournois et sombre, réellement morbide, ce twist-là, ne viendra jamais, à notre grand regret.

On notera la prestation d’Hanna Ardéhn qui interprète le rôle principal. La jeune suédoise de 23 ans réalise une performance tout à fait convaincante dans la peau de Maja, naviguant entre impuissance, incompréhension et culpabilité. À ses côtés, Felix Sandman qui campe Sebastian, gosse de riche et tête à claques, rongé par le malheur et ses excès en tous genres. Un duo de jeunes acteurs qui, malgré tout, ne parvient pas à se sauver d’un récit plat et redondant, manquant cruellement de tension. Circulez, y a rien à voir.

Casting : Hanna Ardéhn, Felix Sandman, David Dencik, Ella Rappich, William Spetz, Reuben Sallmander, Shanti Roney, Arvid Sand

Fiche technique : Scénario : Camilla Ahlgren / Chaîne : Netflix / Diffusion : 5 avril 2019 / Format : 6 épisodes – 45 min / Pays : Suède