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Pourquoi le box-office estival cauchemardesque n’est pas si alarmant

Comme souvent évoqué dans les médias, le box-office mondial s’est effondré cette année. Si nous prenons les Etats-Unis – le plus gros marché avec la Chine -, les ventes s’élèvent à 3,606 milliards de dollars entre mai et août. Un ratio de 405 millions de billets vendus. En somme, la fréquentation la plus basse depuis l’été 1992, comme nous l’apprend Forbes. L’addition est si salée que cela faisait 25 ans que ce n’était plus arrivé.

La période des blockbusters estivaux, tels que Transformers, Pirates des Caraïbes, Alien Covenant ou encore la grosse déception Valerian et la cité des milles planètes n’ont pas réussi à engranger autant que prévu. Une année morose, certes, mais qui ne l’est pas autant que ça, toujours d’après le magazine américain.

Des films de meilleures qualités

Oui, les chiffres n’ont pas été bons, voire même très mauvais, mais l’analyse ne s’arrête pas là. Forbes s’attarde sur la qualité des films plutôt que les recettes. À commencer par Wonder Woman – nous, c’est pas notre tasse de thé -, Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 ou encore Spider-Man. Des films qui ont marché et sont d’une qualité tout à fait acceptable pour des blockbusters. Des récits de super-héros rentables, dont il faut ajouter Moi, Moche et Méchant 3 qui est le hit de l’été avec près d’un milliard de recette.

Après il y a les surprises. Des films dotés de budget bien moins conséquent que des Marvel, mais qui rapportent de très belles sommes sur leur exploitation en salles. En première position, The Big Sick, que la Suisse a pu découvrir sur la Piazza Grande de Locarno à l’occasion du festival tessinois. La comédie dramatique réalisée par Michael Showalter a fait sauter la banque avec d’excellents résultats. Il y a The Beguiled (Sofia Coppola) qui s’est bien défendu ou encore Girls Trip, non-distribué en Suisse et en France, dont les chiffres sont aussi excellents. Des critiques élogieuses et le fameux bouche à oreille sont toujours efficaces pour rameuter les gens dans les salles obscures.

The Big Sick – Copyright WHILE YOU WERE COMATOSE, LLC / Nicole Rivell

Atomic Blonde, Baby Driver et Dunkerque, les autres gagnants

Toujours du côté des gagnants, des films tels que Baby Driver (plus de 200 millions), Atomic Blonde (95 millions) et le mastodonte Dunkerque (plus 500 millions) ont su tirer leur épingle du jeu financièrement. Hormis le rendement, les avis sont très positifs pour les trois cités. Dunkerque est pressenti pour faire une razzia aux prochains oscars et les deux autres ont hérité d’une excellente critique globale.

Copyright 2017 Warner Bros. Entertainment Inc. All rights reserved / Melinda Sue Gordon

Plus intéressant : la variété des films. Toujours d’après Forbes, les retours des spectateurs sont positifs. Les cinéphiles ont loué la très bonne qualité des films présentés cet été, parlant aussi d’une variété qui manquait les années précédentes. Si Detroit ou encore Logan Lucky ont réussi des résultats moyens mais satisfaisants durant leur exploitation, faut-il rappeler que le cinéma d’animation, les blockbusters et les comédies n’ont pas atteint les scores espérés par les studios et spécialistes cette année. Un léger bémol à ce constat, le four (attendu) de Good Time. Avec Robert Pattinson en tête d’affiche, l’oeuvre des frères Safdie n’a pas réussi à attirer les foules malgré son excellente qualité artistique.

En somme, même si les chiffres sont en baisse cette année, il est intéressant de voir comment le cinéma évolue dans sa conception artistique avant tout. Et même si l’exercice estival 2017 fut très mauvais, le cinéma hollywoodien dit à gros budget tente de se « racheter une conduite » en produisant de meilleurs films. Le virage entrepris par les studios nous laisse penser que l’avenir s’annonce sous les meilleurs auspices.