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Pond: « On n’est jamais en panne d’idées pour écrire de nouveaux morceaux »

Hyperactifs ou, dans tous les cas, super-productifs, c’est le moins que l’on puisse dire de Nick Allbrook, Jay Watson, Joe Ryan et Jamie Terry, qui forment le groupe Pond. Leur nouvel opus « The Weather », attendu pour le 5 mai, est le 7ème album studio de la bande, dont le très entraînant titre, tout de synthé vêtu, « Sweep Me Off My Feet », avait déjà retenu notre attention. Tout comme leur précédent album « Man, It Feels Like Space Again », « The Weather » a été produit par Kevin Parker (membre de Tame Impala). Contrairement à son prédécesseur, cet opus semble moins brut, plus sophistiqué dans un sens, coloré aussi. Un voyage psyché dans l’univers décalé des natifs de Perth.

Photo copyright: © Pond

Mais Pond c’est avant tout un mix d’anciens et de membres actuels de Tame Impala qui, en 2008, décident de fonder un projet musical collaboratif. Le rock psychédélique en marge des quatre australiens se fait entendre dans les plus grands festivals à travers le monde. De Coachella en passant par le Primavera Sound, ils sont partout et, pour notre plus grand plaisir, s’arrêteront en Suisse le 31 mai 2017 aux Docks de Lausanne et le 5 juin 2017 au Mascotte de Zürich. Tout trépignants d’impatience, nous avons posé quelques questions, parfois intimes, au chanteur Nick Allbrook, histoire de faire plus ample connaissance.

 

Si on se penche sur votre discographie, vous êtes super-productifs. « The Weather » est votre 7ème album studio. Comment gérez-vous cela, en plus de tous les autres projets dans lesquels vous êtes impliqués chacun de votre côté? Trouvez-vous encore assez d’inspiration et de temps pour profiter?

N. A. : Non ce n’est pas difficile. Nous écrivons tous de la musique tout le temps. On n’est jamais en panne d’idées pour créer des nouveaux morceaux. On aime être tous ensemble et faire de la musique, donc il n’y a aucun stress. Il fait juste bien gérer son propre stress pour que le boulot soit fait.

Pond, dans son mode opératoire, est un groupe dit « collaboratif ». Mais plus concrètement, comment fonctionnez-vous? Est-ce-que chacun d’entre vous amène son propre travail sur la table? Comment choisissez-vous les chansons qui figurent sur vos albums?

N. A. : C’est exactement ça. On se montre nos idées. Certaines parlent à tous, d’autres pas. Si ça ne nous convainc pas alors, on prend notre voix de Rudi Van DiSarzio (ndlr: personnage d’une série appelée The Mighty Boosh) et on se dit: « P’têtre que tu devrais garder celle-là pour ton projet solo! ».

Pond est souvent considéré comme un groupe dérivé de Tame Impala, en plus psychédélique. Pond est-il plus décalé que Tame Impala?

N. A. : Décalé, oui. Psychédélique, non.

Une collaboration entre Pond et Empire Of The Sun serait drôle! Qu’en pensez-vous?

N. A. : C’est clair, ça nous dirait bien!

Avez-vous eu un coup de coeur pour un artiste récemment?

N. A. : Tommy Genesis.

Qu’est-ce-que votre maman est la seule à savoir?

N. A. : Comment j’étais en tant que foetus.

La dernière fois que vous avez pleuré (de tristesse ou joie)?

N. A. : Lorsque j’ai repensé à des personnes que j’aime et que je vois très peu, les nuits durant lesquelles je n’arrive pas à dormir.

En parlant d’émotions, d’une façon générale, pensez-vous que le bonheur est un terrain plus fertile à la créativité ou, au contraire, que cette dernière trouve plus d’écho dans les moments douloureux, lorsque l’on doit faire face à des épreuves difficiles et que la vie nous donne du fil à retordre?

N. A. : La seconde option. Greil Marcus (ndlr: spécialiste de la pop-culture américaine) a beaucoup écrit à propos des mécanismes de réactions dans les mouvements artistiques les plus notoires et révolutionnaires. En ce qui me concerne, je me sens plus enclin à exprimer des choses difficiles par le biais de la création. Peut-être parce que ces choses sont dures à exprimer de façon directe. Les moments heureux peuvent, eux, être partagés et appréciés, mais la douleur, elle, a souvent besoin d’une autre échappatoire. Surtout dans une société patriarcale occidentale aux valeurs chrétiennes.

Une chose que vous rêveriez d’accomplir dans la vie (si ce n’est pas déjà fait)?

N. A. : C’est un peu dur à expliquer… Quelque chose en lien avec un jardin, un chien et un piano et une personne et un profond sentiment de satisfaction. Mais ça, c’est pour plus tard.

Selon vous, mourir est le début ou la fin?

N. A. : La fin.

Victor Hugo a écrit un jour: « Toutes les passions s’éloignent avec l’âge ». À propos des passions, d’une façon générale, êtes-vous d’accord avec cette citation?

N. A. : Je suis partagé. La vie semble s’adoucir avec le temps, mais pas d’une manière complètement ennuyeuse ou frigide. Je dirais plus réfléchie, profonde et personnelle. Ça peut sembler ennuyeux vu de l’extérieur, surtout pour les jeunes, mais j’ai le sentiment qu’on dépasse ce besoin de juste faire une chanson pour danser. Mais ce ne sont que des hypothèses. Mon boulot c’est de faire des chansons et danser.

Vous passez beaucoup de temps tous ensemble, en studio ou en tournée. Qu’est-ce-qui vous agace le plus chez les autres membres?

N. A. : Toutes les choses agaçantes sont finalement devenues marrantes. Un peu comme des personnages dans une série complètement déjantée.

Nous sommes un média suisse. À part les vaches, le chocolat, les banques et les montagnes, quelle est la première chose qui vous vient à l’esprit en pensant à la Suisse? (Surprenez-nous! Mais si c’est les vaches, on s’en remettra…:-))

N. A. : Alberto Giacometti

pondband.net