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Paul Schrader explique pourquoi le cinéma des années 70 était si puissant

Paul Schrader est connu de tous grâce à Taxi Driver ou Raging Bull. Deux films sortis dans les années 70 et réputés comme une ère dorée pour le cinéma hollywoodien. Relayé par Deadline, Schrader a expliqué pourquoi le cinéma actuel est en perte de vitesse et pourquoi le cinéma dans les années 70 était si prolifique.

À l’occasion d’une entrevue au BAFTA à Londres, le scénariste et cinéaste qui présente Sur le Chemin de la Rédemption (First Reformed), a abordé la question du cinéma et de son état actuel. Ayant travaillé avec Sydney Pollack, Martin Scorsese ou encore Brian De Palma, Schrader raconte que le cinéma des années 70 a « produit un public ». D’après l’Américain, le public d’avant était bien meilleur que celui d’aujourd’hui.

« Plus de cinéastes talentueux aujourd’hui »

« Des gens parlent d’un plus grand talent à mon époque. Il y a probablement plus de réalisateurs talentueux aujourd’hui que dans les années 70. Ce qu’il manque de nos jours, c’est un meilleur public », assure Schrader. « Une grande partie de ce qui se passait dans le monde évoquait la consternation : droits des femmes, droits des homosexuels, libération sexuelle, drogue, lutte contre la guerre », poursuit-il. « Toutes ces choses, en 70, se superposaient et la population se tournait vers les arts, et tout particulièrement les films, pour comprendre quel point de vue nous devions adopter. Avant, chaque semaine un film sortait et traitait des préoccupations des gens. Quand les gens prennent un film au sérieux, il est très facile de faire un film sérieux. Quand ils ne le prennent pas au sérieux, c’est très, très difficile. À présent, le public ne prend plus les films au sérieux. Ce n’est pas les cinéastes qui déçoivent, mais le public qui nous déçoit. »

Et Schrader de rebondir : « si le public est réceptif au cinéma de qualité, croyez-moi, il aura du cinéma de qualité à l’affiche. » Le cinéaste prêche pour sa paroisse, puisqu’il vient de remporter deux prix au Gotham Awards, événement qui récompense les productions indépendantes américaines, avec sa dernière oeuvre. Bref, espérons voir ce fameux public reprendre du poil de la bête et s’intéresser à un cinéma de qualité… en accord avec Paul Schrader.