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Paléo 2018 | La prestation de MGMT déçoit, le show de The Killers euphorise

Ce mercredi 18 juillet aura réservé quelques surprises, des déceptions et des moments d’euphorie aussi. Alors que les festivaliers s’efforcent de garder le sang froid sous des températures tropicales, les concerts, eux, battent leur plein et s’enchaînent à vitesse grand V.

Photo copyright : MGMT – © Paléo – Laurine Mottet

À peine le temps de goinfrer son hot-dog tout de cheddar et oignons frits garni que les Américains de MGMT déboulent sur la scène des Arches sur le coup des 22h15. Le show s’annonce haut en couleur, colonnes grecques et plantes vertes trônent sur la scène. On ne cache pas notre excitation rien que de penser aux tubes qui ont fait la renommée du groupe de Brooklyn. Mais l’excitation retombe vite… Dès le morceau initial c’est la douche froide. D’un coup, il fait tout de suite moins chaud ! Il faut attendre le troisième titre pour enfin entendre un semblant de musique. Mais aussitôt le titre fini, le carnage reprend de plus belle. Le problème ? Tout. Si le show en lui-même aurait pu être drôle car décalé comme on aime avec un Andrew VanWyngarden chevauchant son vélo de fitness, un énorme bonhomme gonflable sur le côté de la scène et des sortes de danseurs façon Chewbacca psychédélique projetés sur les écrans, la voix d’Andrew, elle, est inaudible. Elle ne tient aucune note, sonne faux par moments, peine à décoller et se noie dans les superpositions de sons. Le tout est à la limite de l’indigeste. À peine perceptible certaines fois, la petite voix espiègle du leader qui a fait les grandes heures du groupe, ne parvient pas à s’imposer dans cette marre instrumentale. On en oublierait presque ce qui nous plaît tant chez MGMT. Même les morceaux phares tels que « Time To Pretend » ou « Weekend Wars » peinent à convaincre. Le fabuleux « Electric Feel » issu de l’inoubliable premier album des New-Yorkais, « Oracular Spectacular, s’en sort mieux mais ce n’est toujours pas la panacée. Puis, vient le moment tant attendu par la foule qui commençait à déserter la pelouse. Les 11 premières notes désormais célèbres de « Kids » retentissent. Des milliers de bras s’élèvent et l’énergie qui aurait dû émaner depuis le début se fait enfin sentir… le temps du morceau. Le show reste mou et ne parvient à aucun moment à monter en puissance. Espoirs déçus, MGMT n’a pas répondu présent sur ce coup-là.

Le groupe de rock alternatif The Killers se produisait directement après leurs compatriotes de MGMT. Sur la Grande Scène, les natifs de Las Vegas n’ont pas ménagé leurs efforts. Dès le premier morceau « The Man », on se ramasse une explosion de confettis qui met le public dans tous ses états. Rien de nouveau, mais ça fait toujours son petit effet et l’ambiance se gonfle d’un claquement de doigts. Sur fond de Vegas Vic, la bande du Nevada balance ses titres phares, « Somebody Told Me », « Human », « When We Were Young » ou, pour notre plus grand plaisir, « Shot At The Night ». Cette retrospective musicale nous rappelle à quel point ces morceaux font partie du folklore depuis 15 ans. Ils n’ont pas pris une ride. Guidée par le charismatique et souriant Brandon Flowers qui a sorti sa veste à paillettes et ses bottes à talons pour l’occasion, Elvis aurait approuvé, la performance ne perd jamais en intensité. Bourré d’entrain, Flowers fait chanter la foule pour introduire « Read My Mind » et ne fatigue à aucun moment durant les 1h30 de concert. Un show joliment kitsch, à la mécanique certes bien huilée mais énergique et diablement efficace malgré tout. La sauce prend, ça danse et ça chante, le soufflé ne retombe pas. Effets pyrotechniques et rebelotte, une deuxième explosion de serpentins-confettis sur les dernières notes de « All The Things That I’ve Done ». Le show se finit en apothéose avec le plus gros tube du groupe, « Mr. Brightside ». Une track list bien étudiée qui garde le public vaudois en haleine. Ce soir-là, ils n’auront invité aucun nyonnais sur scène pour jouer de la batterie comme ils ont eu coutume de le faire dans quelques festivals européens cet été mais, une chose est sûre, The Killers ont illuminé cette soirée de juillet.