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Paléo 2018 | Algiers à la conjonction des genres et l’addiction Superorganism

La chaleur écrasante et le soleil omniprésent ont laissé éclore deux performances de choix sur la Plaine de l’Asse. L’une au Détour, l’autre au Club Tent. Les heures n’étaient pas les mêmes, mais la qualité se valait. D’un côté, Algiers, une bande d’Atlanta basée à Londres, au son expérimental et hantée par la voix singulière de Franklin James Fisher. Et de l’autre, Superorganism, groupe difficilement classable, au répertoire décalé et à la pop colorée et jouissive.

Fallait cocher Algiers dans son programme, pas Kaleo

La Grande Scène vibrait au son très convenu de Kaleo. Les Islandais démontraient leur maîtrise, sans nous impressionner toutefois. Simplement vide de folie. Un ou deux morceaux écoutés, vite, direction la petite scène du Détour pour découvrir Algiers, les Américains, excellents de décontraction et d’énergie. La voix furieuse de Franklin James Fisher, qui rappelle celle de Kelle Okereke de Bloc Party – précisons que le batteur, Matt Tong est un ancien membre de Bloc Party -, synthétise à merveille l’énergie et l’identité du groupe. Diverses sonorités, un son rock, voire gospel, en passant par un blues psychédélique-industriel, Algiers détonne sur la petite scène nyonnaise grâce à un son atypique, ensorcelé par les différents genres, par un répertoire euphorisant et parfaitement maîtrisé en live. Il y a le goût du risque et ça paie. Il fallait bien choisir son concert et se passer d’un hymne islandais pas vraiment folichon.

Photo copyright : © Paléo – Laurine Mottet

Dimension parallèle pour Superorganism

Depeche Mode clôturait laborieusement son pensum. Les mythiques anglais ont pris un sacré coup de vieux sur la Plaine de l’Asse. Rien d’extraordinaire, tout juste acceptable pour une formation de cet acabit. Exit Dave Gahan, malgré tout le respect qu’on lui doit, place à la folie de la jeunesse. Vers 23h45, une équipe venue des 4 coins du monde apparaît derrière la frêle silhouette d’Orono Noguchi. Une gamine de 17 ans, à l’allure d’une écolière, qui donne l’impression de ne jamais sortir de chez elle, mais sublimée par un groupe aussi décalé que leur musique. Japon, Angleterre, Australie, Nouvelle-Zélande, un collectif multiculturel de 8 musiciens au son électrisant et à l’historique peu conventionnel. Une bande de jeunes déglingués aux chorégraphies délirantes, à l’originalité débordante. Des rockstars d’un nouveau genre, cultivant une nonchalance et une désinvolture sur scène – ils se filment en live pour compléter leurs stories Instagram. Superorganism délivre l’une des meilleures et des plus rafraîchissantes performances de ce Paléo, à coup sûr. Something For Your M.I.N.D. continue encore à résonner dans le Club Tent.