Nous finirons ensemble : des retrouvailles mitigées

Les 60 ans de Max (François Cluzet), dans la mauvaise humeur et seul, dans sa maison du Cap Ferret. La joie d’antan n’y est plus. Les potes n’ont plus donné signe de vie depuis 3 ans. Tout part à vau-l’eau, tout est morne pour le soixantenaire. Alors quand sa bande d’amis arrive sans prévenir pour fêter son anniversaire, les souvenirs remontent à la surface, tout comme les colères et les douleurs. L’ambiance est glaciale. Succès énorme en 2010, avec plus de 5,4 millions d’entrées, Les Petits mouchoirs en avait ému beaucoup . Le nouveau chapitre intitulé Nous finirons ensemble est l’écho d’une amitié qui semble éternelle, mais fracturée plus les années avancent, ternie par la mort de Ludo. Le spectre de la mort, alors que les enfants ont grandi, que la bonne humeur traîne toujours dans un coin. Max est au bord du gouffre, prêt à vendre la villa, la maison qu’il a construite. Un crève-coeur pour lui.

Mieux que son prédécesseur

Marie (Marion Cotillard) débarque telle une furie, avec son tempérament bien trempé, et accessoirement son fils, Nino (Ilan Debrabant). Des accès de colère, le lever de coude plutôt habile pour tromper le chagrin. Ludo rôde, Ludo plane comme une ombre. Un murmure du passé qui devient lourd, le mal-être de Max devient pesant. Nous finirons ensemble est un trompe l’oeil pour des amis écorchés. Ils se retrouvent, rient de bon coeur, un rayon de soleil parmi l’obscurité. Guillaume Canet articule un récit qui aspire à la bonhomie, mais c’est avant tout la négativité qui flotte dans ce petit coin de paradis situé au bord de l’Atlantique. La mer adoucit les moeurs, l’horizon reste incertain.
Photo copyright : Agora Films
Max se vautre dans le chagrin. Personne ne peut l’en sortir, pas même sa femme (Clémentine Baert). De l’autre côté, Vincent (Benoît Magimel) semble vivre la parfaite idylle, mais quelque chose cloche. Eric (Gilles Lellouche) souffre de sa mésentente avec Max, avant d’enterrer la hache de guerre. Antoine, assistant d’Eric, est comme berné par son patron, sans s’en apercevoir.  Sa naïveté en fait un personnage très attachant, joliment interprété par Lafitte. Nous finirons ensemble est assurément d’un meilleur calibre que le premier film – très faible soit dit en passant.

Une première partie convaincante avant que la seconde ne s’étiole

Les langues se délient, les règlements entre amis sont légion avant que tout le monde ne se tombe dans les bras. Mais le chagrin est ce bloc crevassé qui entrave les remous, les aveux. Max chancelle, Max baisse pavillon, bas les masques. L’amitié comme bouée de sauvetage, des amis présents quand il faut. Canet réussit à nous embarquer dans un premier temps à travers des retrouvailles sans sombrer dans le pathos, gardant une intériorité émotionnelle surprenante. D’abord surpris, puis déçu. Ça se gâte dans la dernière partie, perdant en intensité. L’ensemble se désunit en cherchant à consoler tout le monde, perdant irrémédiablement le fil conducteur dans son dernier tiers. Un reflet du passé pour fermer la parenthèse, nous abandonnant au bord de la route, accompagné d’un sentiment mi-figue, mi-raisin. Casting : François Cluzet, Marion Cotillard, Benoît Magimel, Gilles Lellouche, Laurent Lafitte, Clémentine Baert, Valérie Bonneton, Pascale Arbillot, José Garcia Fiche technique : Réalisé par : Guillaume Canet / Date de sortie : 1 mai 2019 / Durée : 135 min / Scénario : Guillaume Canet, Rodolphe Lauga / Distributeur suisse : Agora