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Nicolas Winding Refn (re)lance des carrières et crée même des icônes

47 ans, Danois, réalisateur de films tels que Drive, la trilogie Pusher, Bronson ou encore The Neon Demon, Nicolas Winding Refn est un cinéaste qui divise, qui fascine avec son cinéma particulier, à la plastique inimitable et à la violence exacerbée. Un artiste avant d’être un cinéaste. Depuis The Neon Demon, Winding Refn s’est fait discret mais son nom résonne à nouveau depuis la parution du teaser de Too Old To Die Young, sa nouvelle série pour Amazon. Une esthétique qu’on lui connaît, du bleu, du rouge, des plans stylisés et travaillés. Pas de doute, Winding Refn n’a rien perdu de sa patte. L’attente est immense.

Photo copyright : Scott Garfield/Amazon Studios

Mais si nous nous intéressons de plus près à sa filmographie, il y a quelque chose de très intéressant dans les choix d’acteurs. Plusieurs comédiens lui doivent une fière chandelle. NWR a découvert et propulsé des comédiens sur le devant de la scène et façonné certains acteurs désormais iconiques. La preuve avec un petit rappel en plusieurs points.

Ryan Gosling, création d’une icône

Après avoir fait chavirer le coeur de bon nombre de femmes autour du globe, Ryan Gosling voit sa carrière prendre un chemin moins glorieux. On notera son excellente prestation dans Half Nelson, film qui a raflé plusieurs prix et dans La Faille, un rôle qui lui permet d’attirer les projecteurs sur sa carrière en devenir. Les observateurs le voient comme un futur grand. Mais c’est en 2011, sans compter ses prestations remarquées dans Blue Valentine et Crazy Stupid Love, que le Canadien accède (enfin) à une reconnaissance internationale grâce à son personnage presque mythique de chauffeur dans Drive.

Nicolas Winding Refn a le nez fin, très fin. En engageant Gosling, il réussit à faire sortir le charisme d’un acteur qu’on pourrait, à ce moment là, qualifier d’inexploité. Derrière le volant, l’acteur embrasse ce statut qui est le sien aujourd’hui : une icône. C’est bien Winding Refn qui est derrière le « second souffle » de Gosling. Et même si dans Only God Forgives le résultat est moins concluant, le cinéaste danois est bien le « créateur » d’une partie fondamentale de la carrière de Gosling.

Bronson a lancé Tom Hardy

Autre découverte, Tom Hardy. En 2009, l’acteur britannique n’est pas le comédien populaire d’aujourd’hui. Non, loin de là. Hormis quelques apparitions sous les ordres de Guy Ritchie (RocknRolla), Sofia Coppola (Marie-Antoinette) et Ridley Scott (La Chute Du Faucon Noir), le réel départ du britannique est avec Bronson. Performance survoltée et les louanges de la presse spécialisée suivent. Tom Hardy est dorénavant lancé à pleine vitesse. En prêtant ses traits au violent criminel Charles Bronson, Tom Hardy réussit enfin à percer. C’est encore Winding Refn qui déniche l’Anglais de 22 ans à ce moment-là. Un premier rôle référence qui a débouché sur une carrière internationale prolifique, celle qu’on lui connaît aujourd’hui.

Le premier a avoir donné sa chance à Mads Mikkelsen

Imaginez un monde sans Mads Mikkelsen. Impossible ! Acteur aussi talentueux que charismatique, inoubliable Hannibal Lecter, mémorable dans la peau du Chiffre, captivant dans La Chasse de Thomas Vinterberg. Alors inconnu, Nicolas Winding Refn lui donne son premier rôle dans la saga Pusher. Mikkelsen est la première découverte signée NWR. Ce bougre de Winding Refn, dénicheur de talents, l’embauche pour le premier (1996) et le second volet (2004) de Pusher. Aussi, en 1999, le Danois lui donne à nouveau le rôle principal dans Bleeder cette fois. Un gros succès au Danemark qui va permettre à Mikkelsen de s’exporter à l’international. Car en 2004, juste après le second Pusher, il tournera sous les ordres d’Antoine Fuqua dans Le Roi Arthur.

Jena Malone, la nouvelle valeur sûre de Winding Refn

Elle est, depuis The Neon Demon, devenue une actrice récurrente dans le cinéma du Danois. À l’image de Lars Von Trier et sa muse Charlotte Gainsbourg, Winding Refn semble avoir trouvé une valeur sûre en l’actrice originaire de Sparks dans le Nevada. Jena Malone mène une carrière honnête, sans coups d’éclat, mais avec une jolie brochette de films à son actif comme Donnie Darko, Sucker Punch, Into The Wild, Hunger Games ou encore Orgueil & Préjugés. En 2016, elle tient un petit rôle dans un film de Tom Ford, le splendide Nocturnal Animals.

Photo copyright : Scott Garfield/Amazon

Carrière discrète entrecoupée de petits films plutôt bien torchés – Lovesong, Angelica -, avec une apparition chez Paul Thomas Anderson, dans Inherent Vice. Mais c’est Nicolas Winding Refn qui file la chercher pour lui offrir un rôle secondaire dans The Neon Demon, au véritable impact. L’actrice semble être dans les petits papiers du metteur en scène puisqu’elle se retrouve à l’affiche de son nouveau projet télévisé Too Old To Die Young. Le renouveau de Jena Malone.

Saura-t-il redonner un coup de fouet à Miles Teller ?

L’Américain est un excellent acteur, assurément. Le hic : depuis son rôle enragé dans Whiplash et le fameux épisode de la perte du rôle principal dans La La Land, Miles Teller broie un peu du noir. Enfin, les films dans lesquels il est apparu n’ont pas rencontré le succès malgré les retours plutôt positifs – Thank You For Your Service, Only The Brave. Résultat ?  En 2017, Teller est passé inaperçu alors qu’on attendait à ce que son nom soit souvent cité. Que nenni.

Photo copyright : Scott Garfield/Amazon

Mais Winding Refn arrive à la rescousse et semble avoir jeté son dévolu sur l’acteur américain. Too Old To Die Young explore les bas fonds de Los Angeles à travers le quotidien d’un flic venant tout juste de perdre son coéquipier suite à un meurtre. Une série très, très prometteuse qui risque fort de relancer un Miles Teller légèrmenet à bout de souffle. Ce dernier va-t-il faire comme Gosling, acquérir un nouveau statut après être passé devant la caméra du maestro danois ? L’avenir nous le dira. Toujours est-il que Winding Refn se trompe rarement, malgré les réticences de certains. L’homme a le flair aiguisé…