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Never heard of #3 : Quarry

Troisième volet de notre désormais célèbre rubrique « j’connais pas cette série, moi j’regarde Gossip Girls… ou Game of Thrones » c’est selon. Parmi la multitude de TV shows que nous proposent les chaînes à chaque rentrée, difficile de s’y retrouver et de ne pas finir malade mental rien qu’à l’idée de devoir choisir un nouveau programme à regarder. Le stress planant: quelle série vais-je regarder? Des suggestions histoire que je ne perde pas les prochaines 392013 heures à parcourir les sites de streaming, lire les avis et les 3 millions de commentaires après avoir sondé mes potes sur Facebook? Le choix de la facilité voudrait que l’on suive le troupeau et que l’on regarde les séries les plus médiatisées et ayant pour budget le PIB du Ghana. Pas que ces séries soient mauvaises, au contraire, certaines sont excellentes. Mais nous préférons parler des programmes moins mis en avant et, à notre avis, tout aussi méritants.

Penchons-nous sur une série originale de la chaîne payante Cinemax, petite cousine de HBO, puisque ces dernières font partie du même groupe. La série qui a attiré notre attention se nomme Quarry. Diffusée pour la première fois aux USA le 9 septembre 2016, la première saison compte 8 épisodes.

Memphis, 1972, Mac Conway (Logan Marshall-Green), tireur d’élite de la Marine, rentre chez lui après avoir passé une année en mission au Vietnam. L’accueil de sa famille et de la population n’est pas des plus chaleureux. Trempé dans une affaire d’assassinat d’un village de pêcheurs durant la guerre, il se rend compte que la réintégration ne va pas être facile. En proie à des cauchemars dus à un stress post-traumatique sévère, il tente de reprendre sa vie là où il l’avait laissée aidé par sa femme Joni (Jodi Balfour). Il peine à trouver du travail et finit par être recruté malgré lui par un réseau de tueurs à gage ayant pour leader Broker (Peter Mullan) et se donnant pour objectif d’éliminer toute la pourriture vivant sur les rives du Mississippi. Un service rendu à l’humanité disent-ils.

Photo copyright: CInemax

Photo copyright: CInemax

Un contexte historique au service du récit

Quarry, c’est avant tout un retour sur les évènements qui ont marqué les années 70. Rappelez-vous: 1972 c’était, avec en toile de fond la guerre du Vietnam, l’élection de Richard Nixon. 4 ans plus tôt, à Memphis même, Martin Luther King se faisait assassiner. Quant à l’Europe, les Jeux Olympiques de Munich allaient prendre une tournure dramatique avec la prise d’otage puis l’assassinat de l’équipe olympique israélienne par un groupe de terroristes palestiniens. Autant d’évènements ayant façonné l’histoire et qui ponctuent la trame de la série pour lui donner une dimension des plus dramatiques où l’espoir semble faiblir à mesure que l’on avance dans le récit. Dans un pays gangrené par les disparités raciales et l’homophobie, il fait encore moins bon vivre dans le sud, où les mentalités peinent tant à évoluer. Memphis ne fait pas exception.

Une relation complexe

Si le premier épisode pause les jalons et assied les personnages avec peut-être quelques longueurs, les épisodes suivants vont clairement prendre un autre tournant. La relation qu’entretient Mac avec sa femme va être le centre des préoccupations. Tant de zones d’ombre, de questions en suspens, d’interrogations qui finiront par ronger le couple de l’intérieur. Ils apprendront les vérités de chacun à leur dépens. Leur union pourra-t-elle supporter autant d’épreuves? Bercée par une bande-son à couper le souffle, de Van Morrison à Otis Redding, l’histoire évolue et les personnages avec. Jodi se révèlera être une dure à cuire. Mac, quant à lui, pris au piège dans un système qui le dépasse et trop fragile psychologiquement, se laissera guider de façon inconsciente par Broker, paradoxalement une sorte de figure paternelle de substitution.

Photo copyright: CInemax

Photo copyright: CInemax

Quarry s’articule autour du contexte historique pesant de l’époque ainsi que sur les performances d’acteurs admirables. Très peu connus encore, Logan Marshall-Green (que l’on a pu voir notamment dans As I Lay Dying ou plus récemment dans Snowden) et Jodi Balfour (présente surtout à la télévision dans des shows comme la série canadienne Bomb Girls) jouent à armes égales. Aussi convaincants l’un que l’autre, ils portent leur personnage respectif à bras le corps sans jamais tomber dans la caricature. Bien que les années 70 et son florilège de pattes d’eph et autres moustaches et coiffures douteuses ne soient pas des plus faciles à endosser, les 2 comédiens arrivent à nous faire oublier ces détails esthétiques grâce à un charisme certain. À saluer aussi la performance de Damon Herrimann. Ce tueur homosexuel travaillant dans le réseau est en quelque sorte le confident de Mac. Personnage complexe et torturé, il excelle entre autres dans le premier épisode, lors de la scène de chant dans un motel. Quant à Peter Mullan, aussi vu dans Top of the Lake, on ne s’en lasse pas. Bien que son personnage incarne ce qui se fait de pire, on s’attacherait presque à lui au fil de l’histoire…

Si vous ne voulez pas perdre du temps et de l’énergie à trouver la prochaine série à regarder, ne cherchez plus. En prime, de multiples orgasmes auditifs. Ne nous remerciez pas!

 

Casting: Logan Marshall-Green, Jodi Balfour, Peter Mullan, Nikki Amuka-Bird, Edoardo Ballerini, Damon Herrimann

Fiche technique: Réalisé par: Greg Yaitanes / Date de sortie: 9 septembre 2016 / Durée: 52 min par épisode / Genre: Drame / Pays: USA / Créateurs: Graham Gordy, Michael D. Fuller / Chaîne: Cinemax