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Mortal Engines : derrière la beauté visuelle, un trou béant

Les sagas littéraires sont le dada de Peter Jackson. Cette fois, il adapte le bouquin de Philip Reeve, Mortal Engines, un blockbuster d’anticipation avec cette particularité: la ville de Londres se déplace. La mégalopole se retrouve perchée sur un support mécanique qui écrase tout sur son passage. Menée par Thaddeus Valentine (Hugo Weaving), la cité londonienne vogue sur une terre ravagée par un événement apocalyptique. Une guerre plus bas, dans les sous-sols de la grande machine, Tom Natsworthy (Robert Sheehan) tombe sur une étrange passagère : Hester Shaw (Hera Hilmar), habitante d’une petite ville bavaroise avalée par l’immense rouleau compresseur anglais.

Photo copyright : Universal Pictures

Deux individus rejetés par l’immense machine sur chenilles, projetés au beau milieu d’immenses étendues où tout est désolation. Un genre de pâle Mad Max futuriste, sans le désert, co-écrit par Peter Jackson, Philippa Boyens et Frank Walsh, la triplette derrière Le Seigneur des Anneaux. Nous retrouvons Christian Rivers derrière la caméra. Et nos 3 scénaristes n’ont pas lésiné sur le travail esthétique pour nous propulser dans un univers foisonnant, sublime d’effets visuels. Visuellement vertigineux, Mortal Engines virevolte entre la ville perchée de Londres, les différents niveaux de ce monde apocalyptique et même une bouffée d’air frais dans le ciel. Mais passé le travail visuel, il y a un hic : un bel emballage pour un contenu vide. Les faiblesses sont évidentes et rédhibitoires.

Lent et barbant

Dans sa forme plastique et narrative, Mortal Engines jette plusieurs clins d’oeil. Outre Mad Max, on pense à Star Wars ou encore à Divergente. Aussi, Jackson et son équipe proposent une version « revisitée » d’une Union européenne 2000 ans plus tard. Le Brexit (ou anti-Brexit, c’est selon) plane comme une ombre au-dessus de nos têtes, tout comme des hommages à notre ère dorénavant révolue. On se plait même à comparer Londres comme les nouveaux nazis du troisième millénaire. Mais le propos politique embourbé dans une écriture très (trop) simpliste, se perd dans un déluge d’effets spéciaux soignés, ne faisant que noyer le poisson dans le but de combler la mécanique chancelante. Le tout sonne creux. Le rythme en prend un sacré coup après 45 minutes. La magie de la surprise perd de sa superbe et, même si le méchant et peu exploité Shriker vont donner un léger coup de fouet à l’histoire, la course à la vérité et les différents personnages sont mal utilisés.

Mortal Engines est un plaisir furtif de 20 minutes, avant de sombrer dans les limbes d’une pseudo course à travers l’apocalypse. Le vaste univers et ses personnages qui le peuplent sont bien malheureusement empêtrés dans une lente agonie, suffoquant à la manière des Animaux Fantastiques quelques semaines auparavant. On se consolera avec de maigres séquences étourdissantes.

Casting : Hera Hilmar, Robert Sheehan, Hugo Weaving, Jihae, Ronan Raftery, Leila George

Fiche technique : Réalisé par : Christian Rivers / Date de sortie : 12 décembre 2018 / Durée : 130 min / Scénario : Peter Jackson, Philippa Boyens, Frank Walsh / Musique : Junkie XL / Photographie : Simon Raby / Distributeur suisse : Universal Pictures