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Montreux Jazz Festival 2017: le pays des merveilles existe

Si le pays des merveilles d’Alice existait alors, sans aucune hésitation, il se nommerait le Montreux Jazz Festival. Il a fallu se pincer lors de la très attendue conférence de presse du 30 mars pour être sûr de ne pas être sous acide. Avec Warhaus pour ambassadeur, l’équipe du Jazz savait qu’elle allait frapper fort avec une programmation démentielle… et c’est peu dire! De coups de maître en passant par des intemporels à des petites pépites de découvertes, le festival vaudois réaffirme plus que jamais son rôle de leader dans le monde très sélectif des festivals de haute voltige grâce à une cuvée exceptionnelle. Avec quelques nouveautés, comme l’expérience Out of the Box qui consiste en des concerts coups de coeur dans des lieux emblématiques de la région, les deux semaines de festivités s’annoncent incroyables pour tout amateur de musique, car oui, chacun y trouvera son compte. La programmation étant extrêmement dense, nous nous sommes risqués à une sélection parmi le torrent d’artistes qui viendront fouler le sol montreusien du 30 juin au 15 juillet 2017. Mais force est de constater que les programmateurs ne nous ont pas facilité la tâche en nous proposant autant de concerts prometteurs que de churros et kebabs au mètre carré un soir d’affluence sur les quais.

Le 30 juin

On fonce droit dans le tas avec la première soirée, le 30 juin. Ça commence fort puisque Max Richter et Nicolas Jaar partagent l’affiche du Stravinski. Le premier est compositeur classique et électronique et a composé pour bon nombre de films et séries telles que The Leftovers notamment. Le deuxième est compositeur et producteur de musique électro-house aux rythmes lents. Un combo certainement gagnant. Le même soir au Lab, c’est l’indie-rock alternatif de Alt-J qui retentira. Les natifs de Leeds présenteront leur dernier album dont l’excellent 3WW est extrait. À ne pas louper!

Nicolas Jaar – Photo copyright: Nicolas Jaar

Le 1er juillet

Fort de cinq albums dont le dernier, From Deewee, est sorti récemment, les belges de Soulwax vont briser la glace au Stravinski grâce à leur musique électro-rock caractéristique. Puis place aux français de Phoenix et leur son rock-pop-électro. Leur nombreux titres à succès tel que If I Ever Feel Better les ont propulsés dans les cieux des groupes internationaux avec qui il faut compter.

Le 2 juillet

Simon Green aka Bonobo prendra ses quartiers sur la scène du Lab pour un moment d’anthologie on l’espère. Pionnier de la musique dite downtempo, le britannique explore des sonorités trip-hop et électro avec brio. Signé sur le légendaire label Ninja Tune, son dernier album Migration est sorti en début d’année. On a hâte de le voir en action.

Le 4 juillet

Une soirée placée sous le signe de l’indie-folk américaine dans tout ce qu’elle fait de mieux. Kevin Morby et Fleet Foxes, les dignes représentants de ce genre musical nous raviront le temps d’une soirée au Lab. Encensé par la critique, l’album de Kevin Morby, Singing Saw, allie douceur folk et instants rock. Quant à Fleet foxes, il aura fallu 6 ans et des projets solo pour chacun d’eux pour les voir revenir tout revigorés avec un titre à l’énergie palpable, Third Of May/ Ōdaigahara.

Fleet Foxes – Photo copyright: Fleet Foxes, Fb

 

Le 5 juillet

Combinaison étonnante que Usher et The Roots sur une même scène, le Stravinski en l’occurence, et il n’en fallait pas plus pour piquer notre curiosité. Nul besoin de les présenter. Le premier: texan de son état, chanteur, danseur, acteur et « découvreur » de talents (la faute à lui pour avoir lancé Justin Bieber) a à son actif huit albums. The Roots est un groupe de hip-hop emblématique fondé dans les années 80. Onze albums et plus de 30 ans plus tard, ils restent la référence et on s’incline. Deux mastodontes de la musique américaine à voir!

Le 6 juillet

Quand on disait coup de maître, en voilà le parfait exemple. S’il est bien une artiste qu’on n’attendait plus c’est bien Lauryn Hill. Disparue après deux albums solo en 1998 et 2002, on se souvient surtout d’elle en tant que membre de The Fugees, groupe de rap iconique des années 90, aux mille et un titres à succès. Après six enfants et moult déboires avec la justice américaine pour fraude fiscale, nous sommes heureux de revoir Madame Hill dont le talent n’a d’égal que son tempérament déchaîné. Ce concert est le seul prévu en Europe pour Lauryn Hill pour le moment…

Lauryn Hill – Photo copyright: J.-Y. Desfoux

le 10 juillet

Nul doute que cette soirée placée sous le signe du rock sera sold out rapidement. D’un côté The Kills, duo de rock-garage formé par l’américaine Alison Mosshart et le britannique Jamie Hince. Leurs titres Doing It To Death ou encore Future Starts Slow ne sont qu’un infime échantillon des innombrables tubes dont ils sont les auteurs. De l’autre, Kasabian, emmené par son chanteur Tom Meighan. Les britanniques n’ont rien à envier à leur collègues de The Kills. On se rappelle encore de la mélodie entêtante d’Empire, titre extrait de l’album du même nom ou de Fire, tiré de leur troisième album West Ryder Pauper Lunatic Asylum. Une bonne soirée en perspective.

 

Le 11 juillet

Changement de registre avec un line-up soul et on commence avec Sampha. Après avoir travaillé pour des artistes comme Drake, Kanye West ou Beyoncé, Sampha a sorti Process, un album aux sonorités soul et électro. Une voix à tomber qui ne peut laisser indifférent. Écoutez plutôt Plastic 100°, un de ses somptueux titres qui finira sûrement de vous convaincre. La suite de la soirée se poursuit avec Solange, soeur de Beyoncé. Son dernier album A Seat At The Table a reçu un excellent accueil. Une soul pop emprunte de R’n’B et une voix claire. Voilà ce qui caractérise la chanteuse américaine. On finit en beauté avec Erykah Badu, prêtresse de la soul-hip-hop-jazz américaine. You Got Me, fruit de sa collaboration avec The Roots est encore gravé dans les mémoires tout comme son clip Window Seat où l’on voit la chanteuse se déshabiller pour finir complètement nue dans les rues de Dallas. Un trio de premier choix pour les amoureux de musique soul américaine.

Le 12 juillet

The Cinematic Orchestra, c’est l’envolée sauvage dans toute sa splendeur. Des pianos et cordes qui vous emmènent dans un tourbillon d’émotions sans pareil. Des mélodies pures qui vous percent au plus profond et vous arrachent des larmes. Un savant mélange de downtempo, jazz et electronica. Emmenée par son fondateur Jason Swinscoe, la formation revient au Montreux Jazz 16 ans après pour un show à ne pas louper. London Grammar prendra ensuite le relai. Vous n’avez certainement pas pu passer à côté du tube qui a fait connaître le trio anglais. Wasting My Young Years est une ballade mélancolique guidée par la magnifique voix tantôt grave tantôt aigüe d’Hannah Reid. Leur son pop teinté d’electronica et de trip-hop embrase et on s’y abandonne avec une facilité déconcertante. Quatre ans après la sortie de leur premier album If You Wait, le groupe a annoncé son retour le 31 décembre 2016 avec un nouveau titre Rooting For You.

London Grammar – Photo copyright: London Grammar, fb.

Le 12 juillet est décidément une soirée à marquer d’une croix rouge avec la venue de Aldous Harding (dont nous parlons plus en détails ici), chanteuse néo-zélandaise et de RY X, artiste australien dont les compositions mélancoliques et épurées fascinent. Les deux artistes auront tout le loisir de vous envoûter dans le bel écrin du Fairmont au Montreux Palace.

Le 14 juillet

On finit avec une figure incontournable du folk-rock américain: The Lumineers. Le nom ne vous dit peut-être rien mais leurs chansons, elles, sont connues de tous. À commencer par Ho Hey, morceau qu’on choisirait bien pour un rassemblement de paix dans le monde où chacun se donnerait la main, sarouels et couronnes de fleurs dans les cheveux. Viennent s’ajouter à la liste de succès, Ophelia ou encore Stubborn Love. Vous l’aurez compris, The Lumineers ne sont pas avares en tubes. Nous, on les aime surtout pour cette atmosphère très « americana » qu’ils insufflent à leur musique, haute en couleurs et enjouée, menée par la voix reconnaissable entre toutes de Wesley Shultz. Une performance à noter dans son agenda.

Si la liste n’est pas exhaustive tant chaque artiste présent dans la programmation mérite d’être mentionné, les grandes lignes sont néanmoins posées. Une qualité de programmation qui nous réjouit et que nous saluons. On se donne rendez-vous à partir du 30 juin sur la Riviera qui, durant 15 jours, deviendra la capitale incontestée de la musique dans tout ce qu’elle fait de mieux.

 

Montreux Jazz Festival