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Montreux Jazz 2017 | La folk était omniprésente ce 4 juillet

Le 4 juillet était peut-être l’une des meilleures soirées prévues au Lab. Les programmateurs montreusiens nous ont gâtés entre Hamilton Leithauser, Kevin Morby et Fleet Foxes. Une affiche qui respire la folk de toutes parts.

C’est à 20h pile et pas une minute de plus qu’apparaît Hamilton Leithauser. Pas le temps de niaiser, l’américain démarre sa prestation sans plus attendre. La maigre assistance est indigne de l’envie et du mordant dont l’artiste fait preuve. Une salle du Lab clairsemée, et disons-le : les absents ont toujours tort. Car Hamilton Leithauser a cette voix qui porte, ce charisme qui décalque et ce répertoire maîtrisé et entraînant. L’ex des Walkmen, proche de la quarantaine et natif de Washington mais désormais expatrié à New York, empoigne sa guitare et nous convainc grâce à sa sincérité et sa maitrise scénique. On se délecte, on se laisse envoûter par In a Black Out, morceau devenu populaire grâce à une pub Apple, des accords très simplistes mais rondement menés. On goûte à A 1000 Times, dont il parle comme son hit. On se laisse surprendre malgré nos attentes. Avec cette folk enlevée, l’homme a marqué cette édition montreusienne 2017 de son empreinte.

© 2017 FFJM – Daniel Balmat

Kevin Morby, c’est du costaud

I Have Been To The Mountain, Dorothy. Rien que ces deux morceaux sont une raison suffisante d’aller voir le musicien de Kansas City. 29 printemps sous la toise, de longs cheveux bouclés et une combinaison de mécano, Kevin Morby est stylé comme l’ouvrier du coin… Avec une guitare en plus et un talent hors pair. Dorénavant new yorkais et ex-bassiste de Woods, Morby rappelle Kurt Vile. Comme ce dermier l’an dernier et sur la même scène, on découvre un artiste sobre, très appliqué et diablement efficace. Le texan prouve que son talent n’est plus à discuter, qu’il met tout le monde d’accord avec des ballades folk et des coups d’accélérateur pour passer à un registre beaucoup plus rock. Une sorte de fusée à deux étages qui prend son envol plus le concert avance. Une performance aboutie, parfois tonitruante, et le tour est joué. Solide le bougre.

Fleet Foxes comme un bouquet final quelque peu fané

© 2017 FFJM – Lionel Fusin

Pour clôturer cette soirée sous le signe de la folk que nous chérissons tant, Fleet Foxes se profilait comme la tête d’affiche d’une soirée déjà amplement réussie. En 2013, le groupe était aux abonnés absents, Robin Pecknold avait même repris ses études universitaires. Mais en 2016, Fleet Foxes retourne dans les studios d’enregistrement pour mettre en boîte Crack-Up, album sorti en 2017. Le groupe de Seattle distille une douce folk, calibrée et fonctionnant proprement. On apprécie sans vraiment se faire happer complètement par la prestation. Rien ne dépasse, c’est précis mais le concert perd de son intensité rapidement. Parfois lancinant, le talent indéniable de la « bande de renards » sauve quelque peu les meubles. Mykonos retentit, tout le monde crie de joie. L’immersion ne s’est pas faite totalement même si le moment était agréable. On en ressort un tantinet déçu.