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Montreux Jazz 2017 | Des Kills à Kasabian, entre charisme et désinvolture, Montreux a vibré le 10 juillet

Lundi 1o juillet était résolument placé sous le signe du rock. The Kills ont lancé les hostilités, Kasabian leur a emboîté le pas. Deux groupes, deux atmosphères, un point commun: le rock qui rugit la gueule grande ouverte. Et si les deux groupes balancent du rock à guitares rompues, les griffes à l’air, les deux formations ont pourtant leur monde et codes propres.

The Kills, le charisme désarmant

The Kills © 2017 FFJM – Lionel Fusin

Le duo américano-britannique emmené par Jamie Hince et Alison Mosshart est entré sur scène sur le coup des 20h. En toile de fond, une gravure rappelant l’exotisme réunionnais et japonais à la fois. Lui en perfecto noir, pantalons aux chevilles et mocassins blancs, un look dandy british propre à lui, elle fidèle à son style épuré, jeans et chemisier noir, les cheveux blonds peroxydés dégringolants qu’elle fait voler à travers la scène à coups de mouvements de tête. Tout ça fleure bon la bonne vieille ambiance rock qu’on chérit tant. À peine le set entamé, l’énergie est palpable et les deux compères ne s’économisent pas une minute pour donner un show digne des plus beaux à un public d’abord timide puis de plus en plus conquis. Doing It To Death, Future Starts Slow, Siberian Nights, Satellite, Baby Says… Les titres s’enchaînent à un rythme effréné et le duo ne marque aucun temps de pause. Une performance aussi épuisante pour eux que jouissive pour nous qui épate de virtuosité. Le sol vibrait de tout son long et on vibrait avec lui. Alison en sueur, au bord de l’épuisement parfois, à genoux pour reprendre son souffle. Car The Kills c’est surtout un charisme époustouflant et une alchimie sans équivoque que seuls les vrais binômes savent transmettre. Alison Mosshart et Jamie Hince font partie de ceux qui se comprennent et se ressemblent à force. Une complicité qui attendrit autant qu’elle fascine. Rien n’est chiqué, tout est juste et tout s’en ressent. Une classe habillée de cuir aux épais riffs ricochant dans les quatre coins du Stravinski. The Kills ont à nouveau prouvé leur valeur musicale et leur talent à se donner entièrement, sans concession, tels qu’ils sont. Ils ont brillé à n’en plus pouvoir alors que dehors la pluie se déchaînait.

Les showmen de Kasabian

Kasabian © 2017 FFJM – Lionel Fusin

Autre groupe, autre ambiance et c’est peu dire. Le public n’attendait qu’eux. Dès les premières notes, les mains levées, les cris. Pour leur deuxième passage en terres montreusiennes, les garçons de Counterthorpe jouissent d’une solide fanbase, ça ne fait aucun doute. De Bumblebeee à Fire en passant par Shoot The Runner et Eez-Eh, qui finit par piquer les notes de l’excellent Around The World de Daft Punk, les britanniques enflamment la salle déjà largement conquise avec tous les morceaux qui ont fait la renommée du groupe. Tom Meighan, vêtu d’une tunique blanche aux allures quasi chirurgicales, glisse quelques boutades ici et là. Son acolyte Sergio Pizzorno n’hésite pas à s’engouffrer dans le public, se frayant un chemin parmi la foule en chantant. Le public suisse, fidèle à lui-même, ne bronche pas, laisse la voie libre, donnant au chanteur et à son garde du corps, complètement inutile pour le coup, un boulevard au milieu du Strav’. Dites-moi où d’autre qu’en Suisse cela peut arriver? Chaque morceau fait monter la température d’un cran et rien ne semble ébranler la suprématie de Kasabian. Rock à volonté avec les quelques touches plus pop issues du dernier album, tous les morceaux s’entonnent tels des hymnes à l’image du fameux Empire que Tom Meighan dédicace à ses confrères avec son accent à couper au couteau: « The fuckin’ Kills »! Plus qu’un hymne, une confession de foi à en juger par les déchaînements de foule. Et les rois de Kasabian régnaient en maîtres malgré le côté un peu convenu du show. Il n’en reste pas moins que les garçons sont des showmen dans la plus pure tradition rock britannique.